2e exercice fiscal consécutif, sans budget approuvé

Haïti a ouvert son nouvel l’exercice 2019-2020 (1er octobre) sans que la loi de finances ne soit ratifiée en violation flagrante de la loi sur l’élaboration et l’exécution du projet de loi de finances.
Puisqu’aucun projet de loi de finances n’a été ratifié, c’est le budget courant qui est reconduit, en l’occurence il s’agit du budget de 2017-2018, déjà reconduit pour l’exercice fiscal 2018-2019 faute également de projet de loi de finance ratifiée…
Les économistes, les membres de la société civile et les observateurs, sont unanimes à reconnaître qu’il s’agit d’un nouveau pas dans le sous-développement et la mauvaise gouvernance…
L’économiste Enomy Germain rappelle « […] Le budget 2017-2018 était d’environ 145 milliards de Gourdes. Quand il est reconduit, c’est la valeur nominale qui est reconduite, pas la valeur réelle qui est rongée par l’inflation […] » ce qui réduit le budget reconduit du montant de l’inflation annuelle sans oublier les effets de la dépréciation de 30% de la valeur la Gourdes sur les achats de certains biens et services par le Gouvernement…
L’économiste Etzer Emile estime qu’avec ou sans budget ratifié, la situation est la même expliquant que dans tous les cas « […] les choix budgétaires ne sont pas au service de la croissance et du développement […] »
De son côté l’économiste Kesner Pharel estime que l’abense d’un projet de loi de finance ratifié, est le résultat du dysfonctionnement de l’État et qu’il s’agit d’un mauvais départ pour ce nouvel exercice fiscal qui « renforce l’incertitude dans l’économie et devrait hypothéquer les perspectives de croissance économique pour 2020 […] » rappelant que depuis 5 ans, Haïti n’a pas réussi a atteindre le seuil de 2% de PIB nécessaire pour créer des emplois et réduire la pauvreté…
Notez que sans un nouveau budget il n’y pas de planification économique possible ni d’objectifs adaptés aux circonstances et aux besoins réels, ce qui laisse présager un autre bilan économique catastrophique…