Sunday, November 17, 2019
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«Jovenel a agi en dehors de la loi»

Une série d’organisations de défense de droits humains, la Solidarité haïtienne de Défense des droits humains (SOHDDH), le Collectif des…

By televizyonlakayeditor , in ACTUALITÉS LOCALES POLITIQUES , at September 2, 2019

Une série d’organisations de défense de droits humains, la Solidarité haïtienne de Défense des droits humains (SOHDDH), le Collectif des organisations pour la défense des droits des migrants et rapatries (CODDEMIIR), le Groupement des universitaires pour le développement en milieu rural (GUDESMIR), l’Organisation Espoir Haïti (OEH), le Groupement des citoyens pour le développement socioculturel des jeunes (GCDSJ), Òganizasyon Zanmi Timoun Fwontyè (OZTF), le Réseau frontalier contre la torture des enfants vulnerables (REFCOTEV), l’Association des femmes rural de Ganthier (AFERUG)…, ont prit position sur le départ de Michel-Ange Gédéon et la nomination de Normil Rameau à la tête de la Police nationale d’Haïti.

« La bonne marche des institutions dans les sociétés humaines requiert la présence et l’action des hommes et des femmes de courage. Michel-Ange Gédéon, durant son mandat à la tête de la Police nationale, a fait sa preuve. Il a montré qu’il avait une colonne vertébrale, ce qui manque à beaucoup de dirigeants haïtiens de nos jours. Si la marge de progression de l’institution reste très perfectible, ce n’est pas à cause d’un manque de leadership. Mais de préférence, à cause de la mauvaise foi de politiciens non-consciencieux et d’hommes d’affaires malhonnêtes, priorisant l’appât du gain personnel sur le bien-être collectif, » écrivent les organisations susmentionnées.

Ces organisations prennent acte du départ de Michel-Ange Gédéon à la tête de la Police nationale d’Haïti. Nous saluons également ses trois années de dur labeur à ce poste. Comme il l’avait précisé dans son discours d’adieu le 27 août dernier, « boucler ce mandat de trois ans était un vrai défi, diriger l’institution jusqu’à ce jour a été une rude épreuve ». Le travail qu’il a effectué restera gravé dans l’histoire. Mettre hors d’état de nuire des bandits de grands chemins tels que Arnel Joseph, Ti Je , entre autres, ériger la discipline et l’ordre au sein de la police nationale, même quand cela a été difficile, méritent d’être applaudis, ajoutant « Si l’institution policière a connu des soubresauts, c’est dû au fait qu’elle a été laissée pour compte. Au lieu d’améliorer les conditions de travail des policiers, d’augmenter le budget alloué à l’institution, les grands commis de l’État, pour la plupart, du Palais national au Parlement, préfèrent armer et financer des gangs. Ces bandits, comme on le constate, terrorisent la population impunément. Car de mèche avec des politiciens et hommes d’affaires mal intentionnés. Sinon, comment expliquer que personne ne soit encore condamné pour les massacres de La Saline et de Carrefour-Feuilles ? De nombreux journalistes et policiers ont péri sous les balles assassines de ces malfrats. La police fait tant bien que mal son travail sauf que le système judiciaire est trop faible pour faire sa part.

Nous prenons également acte de la nomination de M. Rameau Normil à la tête de la Police nationale. Nous considérons que le président Jovenel Moïse a agi en dehors de la loi. Ce qui n’est pas nouveau. S’il est vrai que cette décision, de par la forme, est le fruit d’une violation de la constitution, nous estimons toutefois que cela peut servir à la bonne cause. Il faudra pour cela que le nouveau DG protège l’institution de la politisation ou de la polarisation. L’expérience de M. Normil au sein des forces de l’ordre peut être un facteur important, en ce sens.

Nous dénonçons le fait qu’une telle nomination se fasse en violation de la Constitution. Cela prouve que le président Jovenel Moïse ne se soucie guère de la loi. Depuis son arrivée au pouvoir, il n’a cessé de nager dans l’illégalité. Et son nom se retrouve associé à divers scandales de corruption. Le pire c’est qu’il trouve des soutiens au sein de la communauté internationale. Depuis plus de cinq mois, le pays ne fonctionne plus, des innocents meurent, et il n’y a aucun gouvernement pour voler au secours d’une population aux abois. »

Pour finir ces organisations réitére leur cri d’alarme. « Que la police nationale d’Haïti prenne ses responsabilités et qu’elle devienne pour de vrai une institution républicaine qui protège et sert les citoyens et citoyennes. »