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  • Incendie de centres d’isolement: Des mandats émis contre des présumés auteurs

    Incendie de centres d’isolement: Des mandats émis contre des présumés auteurs

    Pierre Moise, wandy, Quydo, Junior, Ti michel et ti Peter, ainsi connus, sont dans le viseur du parquet près le tribunal civil de Jacmel.

    Ils sont accusés de crime d’incendie et d’association de malfaiteurs au préjudicie de l’Etat haïtien.

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  • Scandale d’abus sexuels: Yves Jean Bart dépose une plainte contre Romain Molina

    Scandale d’abus sexuels: Yves Jean Bart dépose une plainte contre Romain Molina

    «Romain Molina a publié le 30 avril 2020 un article dont il est coauteur sur le site de l’édition internationale du quotidien britannique The Guardian intitulé : le président de la FA en Haïti accusé d’avoir abusé sexuellement des jeunes footballeuses. Dans cet article, Romain Molina impute à Monsieur Yves Jean Bart la commission de viols par personne ayant autorité sur des footballeuses mineures. Ces accusations sont reprises dans deux vidéos diffusées sur YouTube. Les allégations susvisées ne reposent sur aucune enquête sérieuse, hormis quelques ragots rapportés par des opposants à Monsieur Jean Bart qui est en Haïti comme dans le monde du football une personnalité publique de premier plan», lit-on dans le document de plainte. 

    Les avocats de Yves Jean Bart ont dénoncé Romain Molina qui aurait tenté de fabriquer de fausses victimes de viol au rang des joueuses de football haïtiennes.

    Depuis l’éclatement du scandale d’abus sexuels impliquant le président de la FHF, Yves Jean Bart, n’a cessé de nier toutes les accusations en bloc en dénonçant un coup monté visant à ternir son image.

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  • Propos explosifs de Jouthe : Mandat d’amener décerné contre l’auteur présumé de l’enregistrement

    Propos explosifs de Jouthe : Mandat d’amener décerné contre l’auteur présumé de l’enregistrement

    Un mandat d’amener, y-a-t-il un cas de flagrance ? Joute a-t-il présenté ses excuses au peuple haitien ?

    L’administration Moise-Jouthe utilise la justice pour se venger de la diffusion des tirades indécentes et apatrides du Premier-ministre de facto.

    Mardi 19 mai 2020 ((rezonodwes.com))–Le premier-ministre de facto, encore en place, malgré ses propos indécents et irrévérencieux envers le peuple haitien, a lâché la justice à la trousse d’un enseignant que ses services « ont identifié comme l’auteur » présumé d’une publication où il déblatérait tout en exaltant ses prouesses d’avoir brigué 5 postes en moins d’un an dans le régime Tèt Kalé.

    Rezo Nòdwès a appris qu’un mandat d’amener a été décerné le 15 mai à l’encontre du citoyen Socrate Simon. Celui-ci, un enseignant très réputé dans le Plateau Central, aurait enregistré la conversation de Joseph Jouthe et par la suite, l’aurait rendue public.

    Le Parquet de Hinche, pour tenter de redorer le blason de Joseph Jouthe ayant gardé un profil bas, depuis ses dernières déclarations apatrides et haineuses, a instruit la police d’amener le citoyen Socrate Simon par devant le substitut du Commissaire du gouvernement. Les deux chefs d’accusation retenus contre Simon sont : délit de presse et diffamation au préjudice de Joseph Jouthe.

    Cependant, l’action du Parquet de Hinche va à l’encontre du droit à l’information que garantit la Constitution haïtienne. Cet enregistrement audionumérique a permis au public de découvrir l’état d’âme de nos dirigeants attachés à leurs privilèges et prenant le peuple pour des « salopris » tout en essayant coûte que coûte de barrer la route à leurs opposants pour garder un pouvoir inefficace et inefficient indexé de corruption par des instances internationales. Un pouvoir dont le siège se trouve dan une capitale la plus sale au monde.

  • Haïti fait état mardi soir de 63 nouvelles infections et d’un (1) nouveau décès dûs à la Covid-19

    Haïti fait état mardi soir de 63 nouvelles infections et d’un (1) nouveau décès dûs à la Covid-19

    La pandémie poursuit sa progression en Haïti avec 63 nouveaux cas communiqués mardi soir par le ministère de la Santé publique.

    Haïti approche les 600 cas de covid-19

    Mardi 19 mai 2020 ((rezonodwes.com))–Le monde entier aurait-il raison de s’inquiéter autant pour Haïti qui vit encore sous les séquelles du tremblement de terre du 12 janvier 2010 et qui, aujourd’hui, affronte une crise sanitaire très complexe ?

    Les chiffres ont grimpé à chaque publication du MSPP, avons-nous constaté, et mardi soir encore, les nouveaux chiffres font peur et annoncent les couleurs. Selon les autorités sanitaires, 63 nouveaux cas de coronavirus ont été diagnostiqués lundi portant maintenant à 596 le nombre de personnes testés positives dont 553 cas actifs et 22 décès au total.

    Au cours de la journée du lundi, il y a eu 1 seul décès attribuable à Covid-19, et 21 personnes sont guéries de la maladie, a ajouté la note du MSPP.

    Soulignons que parmi les nouveaux cas diagnostiqués, au moins deux nouvelles figures sont identifiées. Il s’agit d’un parlementaire et d’un directeur de station de télé-radiodiffusion haitiens.

  • Le nombre de décès dûs à la covid-19 s’élève à 441 en Rép. Dominicaine

    Le nombre de décès dûs à la covid-19 s’élève à 441 en Rép. Dominicaine

    Mardi 19 mai 2020 ((rezonodwes.com))–Le nombre de décès dus à des cas confirmés de Covid-19 en République dominicaine est passé mardi à 441, parallèlement les cas d’infections ont augmenté pour atteindre 13 223.

    Selon le ministre de la santé publique Rafael Sanchez, parmi les personnes infectées, 2 035 sont en isolement hospitalier et 3,962 à domicile.

    En outre, 45 134 personnes ont été exclues après avoir été testées négatives.

    Sur le nombre total de cas confirmés, 54,5 % sont des hommes et l’âge moyen est de 41 ans, indique le communiqué

  • Les autorités de New York City envisagent d' »ouvrir l’économie » à la mi-juin

    Les autorités de New York City envisagent d' »ouvrir l’économie » à la mi-juin

    Queens-NYC, mardi 19 mai 2020 ((rezonodwes.com))–Mardi, les États-Unis ont dépassé les 91 000 décès dus à la coronavirus et 1,115, 870 de personnes infectées, alors que la pandémie progresse au moment de l’ouverture de leur secteur économique.

    A New York City, les autorités de la ville ont continué d’analyser la possibilité de commencer « cette ouverture à la mi-juin, pour autant que le nombre d’infections se stabilise« .

    Par ailleurs, soulignons que le processus de réouverture de l’économie américaine va entrer dans une nouvelle phase à l’approche du week-end du Memorial Day. D’ici mercredi, les 50 États auront commencé à lever les restrictions mises en place pour lutter contre l’épidémie de coronavirus.

  • Flash-back – Détournement de fonds : Le nom de Martine Moïse cité dans le dossier Dermalog (Rezo Nòdwès 8 déc. 2018)

    Flash-back – Détournement de fonds : Le nom de Martine Moïse cité dans le dossier Dermalog (Rezo Nòdwès 8 déc. 2018)

    cliquer ICI pour lire le texte original du 8 décembre 2018

    8.2 millions de dollars américains ont été déjà décaissés pour payer la compagnie Dermalog dans le cadre d’un contrat de 27 millions signé d’une manière obscure, a révélé le patron de la commission sénatoriale anti-corruption, Youri Latortue, qui s’interroge sur le rôle de la première dame, Martine Joseph Moise dans cette affaire.

    les institutions ucref et ulcc vont-elles se saisir du dossier ?

    Samedi 8 décembre 2018 ((rezonodwes.com))– Le président de la commission anti-corruption du Sénat haïtien, Youri Latortue, a condamné l’immixtion de la première dame, Martine Joseph Moïse dans l’attribution d’un contrat à une firme étrangère, Dermalog, par l’Office national d’identification (ONI), pour la production des cartes d’identification nationale.

    En effet, le sénateur Latortue a révélé que le directeur de l’ONI, Jacques Élibert, avait déclaré lors d’une rencontre au parlement qu’il s’était rendu en France en compagnie de la première dame Martine Moise pour rechercher et signer un contrat avec la compagnie Dermalog. 

    Une rencontre à laquelle avaient aussi participé les ministres Ronald Décembre et Jean Roudy Aly et le directeur de la BMPAD (Bureau de monétisation des programmes d’aide au développement ), Fils-Aimé Ignace Saint-Fleur.

    La première dame « n’a ni mandat ni qualité » pour prendre des décisions à la place des fonctionnaires de l’État, a fait savoir l’élu de AAA (Ayiti An Aksyon) dans l’Artibonite, qui a parlé de détournement de fonds et a dit relever dans la passation de ce contrat signé sans l’avis de la Cour supérieure des compte et du contentieux administratif (CSC/CA) plusieurs irrégularités graves.

    Le sénateur a également rapporté que l’État a, malgré tout décaissé 30% du montant, soit 8.2 millions des 27 millions de dollars américains, alors qu’une autre firme avait proposé 2,8 millions pour les mêmes travaux.

    Notons qu’en Haïti depuis la nuit des temps, les « Premières Dames » de Simone Ovide Duvalier et Michèle Bennet Duvalier à Martine Moise, en passant par Mildred Aristide et la veuve Préval et Sophia Martelly, n’ayant aucun statut constitutionnel, autre que celui d’être simplement l’épouse du chef de l’Etat, s’engagent à fond dans de nombreuses décisions administratives déterminant le devenir de la nation.

  • La Bibliothèque nationale d’Haiti commémore le 217e anniversaire du drapeau

    La Bibliothèque nationale d’Haiti commémore le 217e anniversaire du drapeau

    La Bibliothèque nationale d’Haiti commémore le 217e anniversaire de la création du drapeau à travers une visio conférence et une série d’exposition

    Pour commémorer  le  217ème anniversaire du bicolore haïtien, la bibliothèque nationale d’Haïti a organisé, ce lundi 18 mai 2020, une visio-conférence autour des enjeux de cette célébration, prononcée par l’historien Pierre Buteau et modérée par le Directeur général de la bibliothèque nationale d’Haïti (BNH), Dangelo Néard. Par la même occasion, une exposition d’ouvrages, de kakémonos, de drapeaux, de journaux, a aussi été réalisée. Cette activité a eu le support  de la direction nationale du livre, BANJ, Safety Promo et la Télé Caraïbes.

    “Le drapeau haïtien est un élément de notre histoire, de notre patrimoine qui a une charge symbolique et représentative très forte, on ne peut ne pas célébrer le drapeau. Il est une pièce allégorique qui représente la nation, donc quelque soit le contexte, quelque soit les difficultés, c’est de la plus forte des manières,  la manière la plus éloquente que le drapeau doit être célébré”: a indiqué le directeur général de la BNH, Dangélo Neard avant de remercier les employés de la BNH qui ont contribué à la réalisation de cette initiative.

    La crise sanitaire oblige, cette célébration extraordinaire a eu lieu sur les pages Facebook de la bibliothèque nationale d’Haïti (BNH) , DNL, BANJ et safety promo. Les internautes ont eu la possibilité d’explorer une partie des archives de la bibliothèque nationale d’Haïti (BNH) portanr sur le drapeau haïtien tels que des anciens journaux de la République comme Le Nouvelliste, le Matin, l’Union, Haïti libérée, le Nouveau Monde, Haïti-Journal, Panorama, La Phalange, etc.

    Des articles montrant la place du drapeau  dans la poésie haïtienne, le rapport existant entre le couple drapeau-université ainsi que le rôle que pourrait jouer l’université dans le renforcement des symboles nationaux ont été aussi exposés. Il y a eu également des textes qui mettent en relief le message d’union et de rassemblement porté par le drapeau.

    Les internautes ont pu voyager à travers l’histoire et cerner toute la portée symbolique du drapeau grâce à l’exposé de L’historien Pierre Buteau. Cette activité fut aussi une occasion pour les internautes d’admirer des gravures de Dubroca, de Kaiser, sur le père fondateur de la nation, Jean-Jean Dessalines. Les différents drapeaux qu’a eu le pays, furent exposés. Des extraits de différentes constitutions ont été exposés. Des poèmes de nombreux auteurs, tels que Louis Joseph Janvier, Marcel Dauphin, Luc Grimard, etc, ont été accrochés comme des tableaux où le drapeau haïtien est dignement choyé et chanté.

    A lire aussi: Célébration du drapeau : Rosemila Petit-Frère livre sa vision pour Haïti

  • Mandat d’amener contre le citoyen qui a enregistré la conversation du PM Jouthe

    Mandat d’amener contre le citoyen qui a enregistré la conversation du PM Jouthe

    Le parquet de Hinche décerne un mandat d’amener contre le nommé Socrate Simon qui a enregistré la conversation du PM Jouthe Joseph.

    Nouveau rebondissement dans le dossier relatif à l’extrait audio du Premier ministre Joseph Jouthe qui a provoqué un tollé. Après enquête, le parquet de la juridiction de Hinche a décerné un mandat d’amener contre le présumé auteur de l’enregistrement.

    L’auteur s’appelle Socrate Simon. Il est un enseignant très connu de la zone travaillant pour le compte du Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle. Il semble avoir été présent lorsque le chef du gouvernement tenait les propos qui l’ont contraint de présenter des excuses publiques à tout son gouvernement notamment au ministre de l’économie et des finances Michel Patrick Boisvert.

    Selon le mandat d’amener dont la rédaction de Juno7 dispose d’une copie, Socrate Simon doit être amené au parquet du Tribunal de Première Instance de Hinche pour les chefs d’accusation suivants: délit de presse et diffamation au préjudice de Joseph Jouthe. Le mandat en question a été émis contre l’accusé en date du 15 mai 2020.

    L’incident est survenu il y a moins de deux semaines lors d’une rencontre tenue entre le chef du gouvernement et le personnel du Complexe Administratif de Hinche à l’hotel Maguana la suite d’un mouvement de protestation de plusieurs employés pour exiger le paiement de leurs arriérés de salaire, leur lettre de nomination entre autres.

    A lire aussi: Si Jouthe Joseph avait raison?

  • Si Jouthe Joseph avait raison?

    Si Jouthe Joseph avait raison?

    “L’État n’existe ni sur papier ni dans le réel”.

    En écrivant ces lignes sur les propos du premier ministre haïtien, Jouthe Joseph, je voudrais tout simplement apporter une contribution intellectuelle dans l’éclairage de la population que beaucoup de personnes avisées ont déjà fait avant moi. En fait, je ne suis ni un donneur de leçon ni un partisan du régime, mais je voulais aller à contre-courant des réactions de certains leaders politiques et leaders d’opinion sur ce dossier. Je ne sais pas si Monsieur Jouthe avait fait cette déclaration par connaissance de cause ou par pure fantaisiste. Un fait est certain, une partie de cette déclaration a un peu de fondement. De ce fait, nous allons l’analyser de manière scientifique.

    “L’État n’existe ni sur papier ni dans le réel”.

    Voilà comment le deuxième chef exécutif haïtien du pouvoir PHTK, Jouthe Joseph a qualifié l’État dont il a la charge de diriger. A-t-il raison ou non? Nous ne savons pas, tout simplement, nous allons voir ce qu’on entend par l’État de papier et l’État réel (Pierre Bourdieu, 1991).

     

    Dans la partie “pour commencer “, 3e paragraphe.
    La phrase doit être ainsi :” dans le cadre de cet article, nous nous intéressons à la définition politique ”

    Pour commencer, il est important de définir l’État. En réalité, l’État n’a pas une définition fixe. Il existe plusieurs définitions : politique, juridique, économique, etc. Dans le cadre de cet article, la définition qui nous nous intéressons à la définition politique. Marx Weber dans le Savant et le politique définit l’État comme « une communauté humaine qui revendique le monopole de l’usage légitime de la force physique sur un territoire donné », (Weber, 1919). Selon cette conception, peut-on parler actuellement en Haïti de l’État de papier ou l’État réel? À notre avis, l’État réel n’existe pas en Haïti, ce que nous avons actuellement, est un État de papier. L’État réel est un État qui est en mesure de remplir ses fonctions essentielles : sécurité, santé, éducation, etc. D’après Bourdieu l’État réel n’existe pas sans la nation. Dans un tel État, « les droits de l’homme suivent les droits des citoyens » pour répéter Karl Marx, et « il faut faire entrer le peuple dans le jeu politique » ( Bourdieu, 1991, p. 564). Alors que l’État de papier ou l’État de juriste, selon lui, c’est un État qui existe, mais qui ne remplit pas ses fonctions sociales.

    Les théoriciens de la science politique pour différencier l’État de papier de l’État réel, nous parlent d’État failli (failed state), qui est synonyme d’État faible (weak states), fragile (fragile states), effondré (collapsed states) ou déliquescent (Bouchard, Dénis, 2011, p. 10). Pour l’ONU, l’État failli désigne généralement « un dysfonctionnement des institutions étatiques se traduisant par une incapacité à remplir les tâches normalement dévolues aux États modernes » (L’ONU, Opération de Paix). C’est en effet un État qui ne peut pas assumer ses fonctions régaliennes. Charles Philippe David dans la guerre et la paix, pour citer Fund For Peace décèle au moins 12 indicateurs justifiant la faillite d’un État. C’est en effet le nombre de réfugiés et déplacés; le sous-développement; l’absence des services publics; les violations des droits de la personne; le fractionnement des élites, l’insécurité, la corruption, etc. (David, 2013, p. 114).

    Haïti est-elle dans cette situation? Certes, ce n’est pas pour la première fois qu’elle se trouve dans cette « zone grise » (Philippe Boulanger, 2015, p. 147). L’État d’Haïti a effondré plusieurs fois durant son existence. Mais, cette situation que nous sommes en train de vivre actuellement commence en 2010-2011 avec deux événements majeurs : le tremblement de terre du 12 janvier 2010 et l’avènement de Michel Martelly au pouvoir. Ce sont ces deux situations qui surplombent l’État à ce stade-ci. Un coup d’œil rétrospectif sur l’histoire d’Haïti nous permet de mieux comprendre cette situation.

    En fait, le premier effondrement de l’État a eu lieu avant même l’indépendance, le 1er janvier 1804. C’était l’époque où la colonie avait échappé au contrôle des autorités françaises, après 1789. C’était une situation de chaos. D’un côté, les colons planteurs avec l’Assemblée de Saint-Marc voulaient l’autonomie de Saint-Domingue. De l’autre côté, les affranchis avec Vincent Ogé, Jean-Baptiste Chavanne et autres réclamaient leurs droits politiques. Et les esclaves de leur côté avec Jeannot, Biassou, Jean François, etc., optaient pour la liberté générale. Cette situation chaotique a forcé la métropole française à faire certaines concessions administratives et politiques à Saint-Domingue. De 1789 à 1792, deux commissions civiles composées des commissaires de toute tendance idéologique se succédaient à Saint-Domingue dans le but de trouver un accord politique entre les différents acteurs. Toutes sont échouées, et cette situation a perduré jusqu’à l’affranchissement général des esclaves, le 29 août 1793 (David Rigoulet-Roze, 2011, p. 84). À partir de cette période, un nouveau leader surgit, il s’agit de Toussaint Louverture qui a pris en main cette situation, jusqu’à son arrestation le 7 juin 1802 (Dorsainvil, 1934, p. 139). Toutefois, en octobre 1802, avec le déclenchement de la guerre de l’indépendance la colonie s’effondrait à nouveau jusqu’à la proclamation d’un nouvel État, le 1er janvier 1804.

    Deux ans après, soit le 17 octobre 1806, avec l’assassinat de Jean Jacques Dessalines, le père fondateur de la patrie, un nouvel effondrement a eu lieu. Cette situation perdure jusqu’à l’avènement de Jean Pierre Boyer au pouvoir, en mars 1818 à la mort de Pétion (Ibid., 1934, p. 218). Toutefois, il faut préciser, si dans le Nord, Christophe a réussi à restaurer l’autorité l’État, après son échec pour contrôler toute l’île ; dans l’Ouest et le Sud, l’État restait faible, puisque Jean Baptiste Goman, André Rigaud, Borgela, Gérin, etc., ont déstabilisé la république instaurée par Pétion jusqu’à sa mort. C’est ce que nous appelons le deuxième effondrement.

    Le troisième a eu lieu après le départ de Boyer en 1843 et dure jusqu’à l’occupation américaine en 1915. Même si nous reconnaissons qu’il y a eu quelques progrès économiques sur Geffrard et Salomon, mais l’instabilité demeure. C’était une période de grandes turbulences politiques marquée par toute une série de gouvernements autoritaires et de doublures qui n’avaient pas projets pour démarrer l’économie du pays. Ils arrivèrent au pouvoir soit par les armes soit parce qu’ils participèrent à la guerre de l’indépendance. Vous vous souvenez de la fameuse déclaration de Faustin Soulouque qui disait « Si je suis nommé Président, je saurai me conduire en chef » (Ibid., 1934, p. 252). C’est pendant cette même période d’instabilité, surgissent les premiers partis politiques haïtiens, à savoir le Parti libéral et le Parti national. Aussi paradoxal que cela puisse paraitre, ces partis au lieu de structurer l’espace politique, se livrent dans une véritable guerre frontale jusqu’à la débâcle des libéraux à Miragoane en 1883 (Ibid., 1934, p. 315). De ce fait, on pourrait affirmer que les partis politiques haïtiens ont hérité d’une faiblesse structurelle dérivée d’une opposition farouche entre les élites dirigeantes depuis leur avènement au milieu du 19e jusqu’à aujourd’hui. Sauveur Pierre Étienne dans son ouvrage Haïti, la République dominicaine et Cuba, rapporte que, « de 1084 à 1845, on enregistre 29 insurrections dans le pays; en 1915, à la veuille de l’occupation américaine, on en comptera près d’une centaine » (Étienne, 2011, p. 147). Même pendant le centenaire de l’indépendance, en 1904, la guerre des élites faisait ravage dans le pays. L’économie était en lambeau. À telle enseigne que le vieux président avait déclaré : « Il n’y aurait pas une gourde dans la caisse publique, je vendrais ma chemise pour avoir de l’argent. Il n’y aurait pas de charbon pour faire marcher les navires de l’État, je m’embarquerais dans un canot. Et je serais à mon lit de mort, je me ferais porter sur un brancard. Mais j’irai aux Gonaïves le 1er janvier 1904 pour glorifier les Ancêtres » (Vernet Larose, 2012).

    En fait, l’année 1956 était marquée par de grandes turbulences politiques. Cinq gouvernements provisoires se sont succédé dans l’espace d’un an (Ibid., 2011). Mais, il n’y a pas lieu de parler de l’effondrement, puisque les pouvoirs de l’État et les institutions de la République résistaient jusqu’à la prise du pouvoir par François Duvalier en1957. Pendant ces 29 ans du régime, il y a eu des insurrections, mais toutes étaient matées dans le sang. C’était une forme « d’État sultaniste » (Sauveur, Pierre Étienne, 2007), il n’y a pas eu d’effondrement. Toutefois, la décomposition de l’État a eu lieu en 1986 avec la chute du régime, et par la suite, des coups d’État en sursaut des militaires, malgré l’adoption d’une nouvelle constitution. Cette période d’effondrement demeure jusqu’à l’avènement de René Préval au pouvoir en 1996. C’était une période de crises chroniques dans notre histoire de peuple qui est marquée par le renvoi de l’armée, l’institution malgré ses erreurs, qui a fondé l’État d’Haïti. Elle est aussi marquée par une deuxième intervention militaire sur notre sol en moins que 100 ans. C’est pendant cette même période, soit en octobre 1994, que le parlement haïtien a octroyé l’amnistie à ceux et celles qui ont porté atteinte à l’État pendant les régimes militaires (Ibid., 2007). C’est ainsi l’époque où le Conseil de sécurité de l’ONU par la résolution 917 (S/RES/917/ 1994) a imposé un embargo économique total sur Haïti. Tous ces évènements n’avaient d’autres fonctions que de démembrer l’État.

    Malgré la présence de l’ONU à travers cette mission de paix, les victimes du coup d’État n’ont pas trouvé justice et réparations. C’était une période d’impunité, pour ne pas parler de déni de justice. Tous les escadrons de la mort et les criminels de ce forfait ont trouvé refuge dans les pays voisins, spécialement aux États-Unis d’Amérique et en République dominicaine. En1994, un arrêté présidentiel (17 décembre 1994) créa la Commission nationale de vérité et de justice (CNVJ) pour enquêter sur des crimes commis pendant les trois ans du régime militaire. Après deux ans d’enquête, cette commission « a recueilli près de 5 500 témoignages, identifié 8 867 victimes qui ont souffert de plus de 18 000 violations des droits de l’Homme » (OIF, 2014, p. 42). Jusqu’à présent, à part le procès de Raboteau, aucune autre action n’a encore entrepris pour avoir d’autres procès. Cette justice transitionnelle serait une occasion pour le peuple haïtien de connaitre la vérité sur le coup d’état et de panser des plaies qui méritent d’être pansées.

    En fait, le cinquième effondrement de l’État a eu lieu en 2004. Ces évènements ont fait voler en éclat l’autorité de l’État sur le territoire national. Le paternalisme instauré au lendemain des élections de 2000 avait vitement renforcé par un clientélisme politique (les OP). Avec la prise de pouvoir de Fanmi Lavalas, toutes les institutions du pays étaient réduites à la volonté de M. Aristide (papa Titid ou Ti pè a). Le parlement était à 99% lavalas, le système judiciaire, la police nationale et même le rectorat de l’Université d’État d’Haïti étaient sous la mainmise du président. Comme Aristide symbolisait les institutions, à son départ le 29 février 2004, l’État a complètement effondré. Le chaos régnait à Port-au-Prince et dans certaines villes du pays, avec les Rats qui ne cessaient pas d’imposer leurs lois. Le secrétaire général des Nations Unies d’alors, pour justifier l’envoi d’une deuxième force de maintien de la paix dans ce pays, a écrit ceci : « Lors des troubles récents, la PNH s’est totalement effondrée. Aujourd’hui avec un effectif ne dépassant pas 2 500 fonctionnaires, elle présente un taux de 1 policier pour 3 300 citoyens » (Rapport secrétaire général, 16 avril 2004).

    Comme déjà mentionnés en haut, les deux autres évènements majeurs qui réduisent l’État à néant pendant cette décennie sont le tremblement de terre du 12 janvier 2010 et l’avènement de PHTK au pouvoir avec Michel Martelly et Jovenel Moise. Le premier a quasiment détruit toutes les institutions physiques représentant symboliquement les pouvoirs de l’État (palais national, palais législatif, palais de justice, etc.). Il est considéré par les spécialistes comme le plus meurtrier des derniers siècles et l’un des plus terribles de l’histoire de l’humanité (Robin Lacassin et al., 2013). Il a fait plus que 316 000 morts, 350 000 blessés et 1,5 million de sans-abri (Lucie Guimier, 2011, p. 184). Selon le FMI, la perte enregistrée par ce tremblement de terre est équivalente à 120 % du PIB (Agence France-Presse, 6/08/1/2010). Les conséquences sont désastreuses et les séquelles psychologiques sont gravées encore dans notre conscient. La reconstruction est un échec patent. Jusqu’à présent, certains bâtiments considérés comme patrimoines historiques ne sont pas toujours reconstruits. Ceux qu’on a essayé de reconstruire ne répondent pas la grandeur de notre fierté de peuple.

    En second lieu, l’avènement de Michel Martelly au pouvoir explique la décomposition de l’État et la déchéance morale de notre société. Comme preuve, le PHTK a réduit l’État à sa plus simple expression. Les mythes de solennité, de protocole, de bienséance, de respect, etc., que doivent obéir les fonctionnaires de l’État sont volés en éclat sur ce régime. L’État devient au cœur de tous les scandales et ses agents y sont impliqués jusqu’au coup. La « tissimonie », l’ignorance, l’arrogance, la corruption, les massacres d’État, la chute de la gourde face au dollar US, la faim, le gaspillage des ressources financières, etc., sont des grands maux que souffre le régime. Les rapports de « Petrocaribe » et la « Caravane changement » sont deux éléments qui peuvent justifier nos propos. L’avènement de Jovenel Moise (Nonm Bannann nan) témoigne l’inexistence même de l’État dont Jouthe Joseph avait parlé. Sans diplôme, sans expérience politique et administrative, l’homme de banane arrive à la plus haute magistrature de l’État. Après six mois de gouvernance, ce qui restait de l’économie avait disparu comme une lettre à la poste. L’État n’arrive même pas à honorer ses engagements envers ses créanciers voire de payer ses fonctionnaires régulièrement. Les gangs armés font la loi et contrôlent presque tout territoire de la République. La Commission nationale de désarmement réactivée en 2018 a décelé plus de 76 gangs armés sur tout l’espace national (Nouvelliste, 2/11/2019).

    En somme, nous d’accord sur un point avec le premier ministre, Jouthe Joseph, lorsqu’il affirme que « l’État n’existe pas dans la réel ». Par contre, nous sommes en désaccord avec lui, en affirmant que « l’État n’existe pas sur papier ». Au contraire, ce que nous avons actuellement en Haïti, c’est l’État de papier. Celui-ci existe dans la lettre et dans la forme, puisqu’il y a une constitution définit ses grandes lignes. Même le principe de la séparation des pouvoirs n’est pas respecté. Le président de la République actuel est tout. Il est l’exécutif, le parlement et dans certaines circonstances le judiciaire, puisqu’il peut prendre des décrets. Dans un État réel, ce sont les institutions qui commandent, ce n’est pas la volonté d’un individu. Dans les États de papiers (États faillis), le monopole de la force armée échappe au contrôle des institutions légitimes pour tomber aux mains groupes armés. C’est ce que nous avons actuellement en Haïti. La libre circulation des personnes est réduite et se trouvent à la volonté des bandits. Dans une telle situation, il est impossible de parler de l’État réel, autre que l’État de papier. Sur ce point, Jouthe a raison.

    Mais qu’est-ce qu’il fait pour remédier à la situation comme Grand argentier de l’État? Personne ne sait, sauf lui qui peut répondre. Le premier ministre a-t-il la moralité nécessaire pour dire une telle chose? Oui, si cela entre dans un projet de refondation de l’État qui doit se faire avec la participation de toutes les couches de la société. Ce projet doit avoir comme objectif de faire passer l’État de papier à l’État réel dans un délai défini. Non, si cela entre dans cette logique de propagande pour montrer à l’opinion que rien n’était fait depuis 1804, et que ce sont eux qui vont changer les choses. Il se pourrait bien que cette déclaration fasse partie de cette même logique de propagande, puisque le premier ministre a déclaré dans ce même discours qu’il a déjà terminé avec la réforme de l’État. De quelle réforme parle-t-il? Ce même monsieur quand il avait la commande du ministère de l’Économie et des Finances avait déclaré qu’il allait chercher l’argent de « Petrocaribe », même dans les mains de Jovenel Moïse. À date, combien d’argents a-t-il déjà récupérés? On ne sait pas. Monsieur le Premier ministre quelles mesures avez-vous prises contre le déboisement du pays et le changement climatique quand vous étiez au ministère de l’Environnement? Quelles mesures avez-vous prises dans l’économie pour stopper la déchéance de la gourde face au dollar? Aujourd’hui, vous êtes le premier ministre de cet État de papier, qu’allez-vous faire pour passer de l’État de papier à l’État réel ?

    Si Jouthe Joseph avait raison?

    Maximot Saintima
    Maîtrise en droit international et politique internationale
    À l’Université du Québec à Montréal
    Diplômé en science politique avec une spécialisation en relation internationale toujours à l’uqam

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