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  • Accord de Montana: des maires signent une résolution fixant la durée de leur mandat

    Accord de Montana: des maires signent une résolution fixant la durée de leur mandat

    Les maires des 144 communes du pays persistent et signent qu’ils ne partiront pas avant le mois de juillet. «Nous ne perdront pas une minute dans la durée de notre mandat», a martelé la présidente de l’association des maires du nord, Rebecca Ziky Decelmon.

    Cette dernière a même fait remarquer que le remplacement d’un élu par un agent intérimaire peut fragiliser la paix sociale arguant que seul un élu peut prendre la place d’un élu. Le président de la fédération des maires d’Haïti, Jude Édouard Pierre informe que cette résolution sera transférée dès ce lundi 30 novembre au président de la République, Jovenel Moïse.

    Selon le maire de la commune de Carrefour, le président Moïse n’a aucune intention de remplacer les maires par des agents intérimaires avant la fin de leur mandat. Pour lui, ce sont des parlementaires, des militants et anciens maires intérimaires qui veulent que le mandat des maires élus prenne fin le deuxième lundi du mois de janvier.

    Il assimile a de la tractation politique cette manœuvre. Par ailleurs, Jude Édouard Pierre annonce qu’il entend rencontrer le président Jovenel Moïse afin de défendre la position des maires à ce sujet.

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  • iciHaïti – AVIS : Clinique Mobile au local du Centre Ambulancier National

    iciHaïti – AVIS : Clinique Mobile au local du Centre Ambulancier National

    iciHaïti - AVIS : Clinique Mobile au local du Centre Ambulancier National
    Dans le cadre des différentes activités prévues par le Ministère de la Santé Publique, une clinique mobile sera organisée ce samedi 28 décembre 2019 de 7h00 a.m à 5h00 p.m….
  • L’économie haïtienne en 2019, une catastrophe

    L’économie haïtienne en 2019, une catastrophe

    La situation de l’économie haïtienne est d’autant plus alarmante qu’aucune richesse n’a été créée en 2019, ce que déplore l’économiste Kesner Pharel soulignant ainsi le taux de croissance négatif de -1,2% que le pays a connu cette année.
    De plus, des milliers d’Haïtiens ont vu leur pouvoir d’achat s’effondrer à cause, en très grande partie, de l’instabilité politique qui pèse de tout son poids sur le pays.

    ‘’Aujourd’hui, on ne peut plus parler d’extrême pauvreté en Haïti. Il s’agit tout carrément d’une situation de misère’’, affirme le PDG du Group Croissance, expliquant que ceux qui étaient vulnérables sont devenus pauvres, les pauvres sont tombés dans l’extrême pauvreté, et cette catégorie fait face aujourd’hui à la misère.

    Ce qui aggrave encore plus la situation, c’est que l’argent n’entre pas dans les caisses de l’Etat, alors que ce dernier, paradoxalement, vit au-dessus de ses moyens. Et quand la Banque de la République d’Haïti (BRH) finance le déficit budgétaire engendré par le comportement de ‘’grand dépensier’’ des autorités étatiques, l’inflation se pointe. Sans compter le déficit de la balance commerciale qui a de fortes répercussions sur le taux de change.

    Par ailleurs, malgré les efforts consentis par la Banque centrale pour contenir les dépenses de l’Etat à travers le pacte de gouvernance, les arriérés de paiement constituent encore une échappatoire, selon M. Pharel.

    ‘’Les arriérés de paiement représentent un vrai problème. Prenons le cas de la PNH. Quand les policiers ne touchent pas leur salaire à temps, cela crée chez eux la non-motivation qui favorise, conséquemment, l’insécurité’’, démontre l’économiste.

    En dernier ressort, le PDG du Groupe Croissance prévoit une année 2020 on ne peut plus difficile pour l’économie hattienne qui risque de s’effondrer si rien n’est fait pour résorber la crise sociopolitique qui sévit dans le pays.

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  • Seuls des élus doivent remplacer d’autres élus, clame la Fédération
nationale des maires haïtiens

    Seuls des élus doivent remplacer d’autres élus, clame la Fédération nationale des maires haïtiens

    La Fédération nationale des maires haïtiens (FENAMH) a organisé une assemblée générale extraordinaire ce 27 décembre à l’hôtel Montana. À cette occasion, cette structure qui fédère les municipalités du pays a dressé un bilan de l’année 2019 et analysé les perspectives pour l’année 2020. Une résolution a été adoptée à la fin des discussions. Selon cette résolution, la crise économique, sociale et politique peut se poursuivre et atteindre un point de non-retour si les acteurs politiques ne s’entendent pas sur la meilleure manière de diriger le pays dans l’intérêt de la collectivité.

    Alors que leur mandat doit arriver à terme en 2020, les maires de la FENAMH rappellent que la Constitution fait obligation au pouvoir exécutif d’organiser des élections afin qu’il y ait toujours des élus qui dirigent les collectivités territoriales. « Malheureusement, les élus des collectivités constatent que les pouvoirs étatiques ont failli à cette mission fondamentale alors que leur mandat arrive à terme en juin et en juillet, en considérant la date où ils étaient entrés en fonction. (…) Le projet de remplacer les élus par des agents intérimaires nuira à la paix sociale et à la stabilité dans les institutions municipales. La nomination des agents intérimaires transformera les institutions républicaines municipales en bureau politique du parti au pouvoir », estiment les membres de FENAMH. 

    « Forts de toutes ces considérations, les maires élus en 2016 rappellent au peuple haïtien, aux forces sociales, économiques et politiques et aux pays amis d’Haïti que la Constitution fixe l’organisation et le fonctionnement de l’État. Ensuite viennent les lois et les arrêtés. Les maires ont pris les résolutions suivantes : ils vont continuer de travailler avec les autres forces sociales afin de protéger et renforcer les acquis démocratiques, notamment les exigences sur la participation, la transparence et la justice sociale dans la décentralisation de l’État à travers des collectivités territoriales fortes et des acteurs de la société civile solides; adopter et diffuser le manifeste de la décentralisation comme un outil politique et la plaidoirie des acteurs locaux pour la décentralisation, la démocratie et le développement local; encourager et supporter les dispositions visant à créer les conditions politiques acceptables dans le dialogue entre les forces politiques, économiques, sociales et morales du pays, de concert avec les pays amis d’Haïti, pour la réalisation des élections en octobre 2020; discuter, négocier et faire pression afin que le gouvernement permette aux municipalités qui ne l’ont pas encore reçu de recevoir les fonds communaux de l’exercice 2017-2018 et de faire de même pour toutes les communes en ce qui concerne les fonds communaux de l’exercice 2018-2019; discuter, négocier et faire pression afin que le gouvernement réaffecte une partie dans le budget de la Chambre des députés dans l’investissement dans les services et infrastructures de base des sections communales, notamment l’eau potable, les routes agricoles, les centres de santé, la protection de l’environnement … », peut-on lire dans la résolution dont une copie a été acheminée à la rédaction.

    Jean Daniel Senat source Le Nouvelliste

  • Où est passé le gouvernement légitime promis par Jovenel Moïse avant la
fin de l’année ?

    Où est passé le gouvernement légitime promis par Jovenel Moïse avant la fin de l’année ?

    Dans trois jours, ce sera la fin de l’année 2019 et aussi la fin du délai que s’était fixé le président de la République pour doter le pays d’un gouvernement légitime. À l’instar des autres promesses et annonces faites par Jovenel Moïse, celle de la formation d’un gouvernement de consensus avant la fin de l’année risque de ne pas voir le jour. Où en est le chef de l’État dans ses démarches ?

    «Le président travaille pour arriver à la formation du gouvernement. Hier (NDLR : jeudi 26 décembre 2019), il a rencontré au Palais national les responsables des organisations politiques RDNP, KONA, les membres de l’accord de Kinam…Il n’a pas lâché prise », a fait savoir vendredi  au Nouvelliste Guichard Doré, conseiller spécial du président de la République.

    À trois jours de la fin de l’année, Guichard Doré tente de mettre un bémol sur la promesse de Jovenel Moïse de former un gouvernement légitime avant la fin 2019. « Former un gouvernement c’est l’objectif, mais cela ne dépend pas seulement de la bonne volonté du président… », a-t-il reconnu. « L’important c’est de lancer le processus ; il déploie des efforts en ce sens, on attend… », a-t-il avancé.

    Pour aider Jovenel Moïse à respecter cette promesse, Guichard Doré avance un peu la date de la formation du gouvernement. « Je crois que la volonté aujourd’hui c’est de former un gouvernement avant la fin du mandat des députés », a-t-il annoncé. Il faut souligner que le deuxième lundi du mois de janvier 2020 marquera la fin de la 50e législature et le pays se retrouvera avec un Parlement totalement non fonctionnel.

    En ce qui concerne les démarches consistant à convaincre l’opposition radicale à intégrer un gouvernement avec Jovenel Moïse à la tête du pays, Guichard Doré estime que « faire partie d’un gouvernement est avant tout une question de volonté. On ne peut forcer personne », a-t-il souligné.

    Depuis ce mois de décembre, Jovenel Moïse a déjà rencontré au Palais national une délégation de la Passerelle qui lui avait remis officiellement l’accord de Marriott qui exige sa démission, les signataires de l’accord de Kinam, conclu essentiellement par des organisations politiques et organisations proches du pouvoir, le secrétaire général du RDNP, Éric Jean-Baptiste, le coordonnateur du KONA, Joseph Lambert.

    Les signataires de l’accord de Marriott qui constituent l’aile dure de l’opposition ont déjà rejeté en moins d’une semaine deux invitations du président de la République sur la crise qui secoue le pays depuis plusieurs mois.

    Toutefois, à distance et avant tout début de dialogue, Jovenel Moïse leur a fait savoir clairement que «  le pouvoir vient de Dieu… » Ceux qui ne sont pas d’accord avec lui, le locataire du Palais national, sur un ton pour le moins autoritaire, leur demande d’attendre le 7 février 2022, la fin de son mandat, pour lui poser des questions.

    « Si vous voulez faire quelque chose pour le pays, il y a des gens que vous devez mettre de côté », avait déclaré le dimanche 22 décembre le président de la République lors du lancement du programme «Dialogue communautaire» au Palais national. « Ceux qui ne veulent pas se mettre de côté, j’ai pris la décision de les forcer à le faire », avait menacé le chef de l’État, soulignant qu’il y aura des accidents si on se met en travers de sa route.

    Robenson Geffrard Source Le Nouvelliste

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  • Conatel : Message du Nouvel An

    Conatel : Message du Nouvel An

    A l’occasion de la Noël et du nouvel An, le Conseil National des Télécommunications (CONATEL), attaché à sa mission de régulateur’’ du secteur des télécommunications, souhaite un Joyeux Noël 2019 et une bonne et fructueuse Année 2020 aux utilisateurs, aux opérateurs et aux institutions partenaires ainsi qu’à toute la population haïtienne.

    Que cette nouvelle année offre à tous de nouvelles opportunités d’exploitation du secteur au bénéfice de tout le pays !

     

                       Joyeux Noël 2019 et Bonne et Heureuse Année 2020 !!

     

     

    Unité de Communication et des Relations Publiques

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  • Les Maires ne partiront pas en janvier 2020, prévient la FENAMH

    Les Maires ne partiront pas en janvier 2020, prévient la FENAMH

    Alors que les tractations sur le remplacement des cartels municipaux par des agents intérimaires vont bon train, la Fédération Nationale des Magistrats Haïtiens (FENAMH) annonce que ces élus ne quitteront pas leur poste en janvier 2020, mais plutôt en juillet 2020. Les 144 cartels de maires ont adopté en ce sens une résolution ce vendredi intitulée « Accord de Montana ».

    Le président de la FENAMH, Jude Édouard Pierre, dénonce des tractations politiques qui, selon lui, sont fomentées par des parlementaires, d’anciens agents intérimaires et des militants politiques voulant mettre un terme aux mandats des maires à partir de janvier 2020.

    Le maire de Carrefour informe toutefois que le président Jovenel Moïse n’a aucun problème à ce que le mandat de ces élus prenne fin en juillet 2020.

    La résolution adoptée par les maires sera acheminée sous peu au Président Jovenel Moïse, informe le maire de Carrefour.

    Une assemblée générale extraordinaire a été en effet organisée ce 27 décembre à l’hôtel Montana durant laquelle les membres de la FENAMH ont fait le point sur le bilan de l’année 2019 ainsi que les perspectives pour l’année 2020.

    Considérant la crise actuelle, les velléités de remplacer les élus par des agents intérimaires, la non réalisation d’élections, entre autres, la FENAMH a présenté plusieurs recommandations, à travers la résolution.

    Ainsi, la FENAMH recommande entre autres que des dispositions soient prises pour créer un climat propice à la tenue des élections en octobre 2020.

    La FENAMH demande que les fonds communaux 2017-2018 et 2018-2019 soient transférés sur les comptes des collectivités.

  • Le président Jovenel Moïse a rencontré Joseph Lambert et Eric
Jean-Baptiste

    Le président Jovenel Moïse a rencontré Joseph Lambert et Eric Jean-Baptiste

    Le président Jovenel Moïse a rencontré, jeudi au palais national, le sénateur Joseph Lambert du parti Konbit Nasyonal (KONA), l’homme d’affaires Eric Jean-Baptiste, secrétaire général du Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes (RDNP), tous deux signataires de la déclaration commune de la Nonciature Apostolique ainsi qu’une délégation du groupe de Kinam, conduite par l’ex-sénateur Déjean Bélizaire autour de la crise politique.

    Comme annoncé, le president Jovenel Moïse s’est entretenu le jeudi 26 décembre 2019 au palais national, avec des responsables politiques autour de la crise à laquelle le pays est confronté.

    Selon un communiqué du palais national, ces  échanges qui font suite aux pourparlers initiés à la Nonciature Apostolique, visent à trouver une issue pacifique et négociée à la crise. 

    Il s’agissait d’une rencontre teintée de fermeté et de cordialité, qui a été l’occasion pour ces interlocuteurs de plaider en faveur de la conclusion d’un accord politique durable, rapporte le communiqué de la présidence.

    En ce sens, ils ont convenu de conjuguer leurs efforts et de se rencontrer à nouveau autour de la question, informe le document. 

    Le président Moïse, qui a eu des échanges sincères avec ses invités, continue à croire qu’une solution concertée et inclusive doit être rapidement trouvée dans le dialogue afin de mettre fin à cette impasse au bénéfice de la population, conclu le communiqué.

    D’autres acteurs politiques dont Paul Denis, avaient décliné l’invitation de la présidence estimant entre autres que le palais national n’aurait pas dû être choisi comme siège des discussions qui, ajoutaient-ils, doivent être sincères.

    Vant Bef Info (VBI)

  • Frantz Aby Larco interpellé pour trafic d’armes et de munitions

    Frantz Aby Larco interpellé pour trafic d’armes et de munitions

    Jean Rebel Dorcéna, membre de la Commission nationale de démantèlement et de réinsertion (CNDDR), a confirmé que la police nationale a interpellé mardi 24 décembre Frantz Aby Larco en sa résidence à Puits-Blain. Sur Magik9 ce jeudi, ce dernier a indiqué que des armes à feu, une importante quantité de munitions de tout calibre, des grenades, des gilets pare-balles ont entre autres été saisis au cours de l’opération. Des agents de plusieurs unités de la police nationale, notamment le SWAT, la BRI, ainsi que le commissaire du gouvernement a.i. Jacques Lafontant étaient présents au moment des faits.

    Dorcéna a également indiqué qu’un autre trafiquant a été arrêté à Malpasse (zone frontalière) il y a quelques jours.  « Je salue le travail de la police et de son directeur général. Cette opération prouve que la PNH peut obetnir des résultats quand la population augmente la pression », se réjouit-il, enjoignant les autorités de mettre plus de moyens à la disposition de la police pour plus de résultats. Jean Rebel Dorcéna n’a pas voulu préciser le nombre de trafiquants d’armes et de munitions qui ont déjà été interpellés pour ne pas nuire au déroulement de l’enquête. 

    Plusieurs documents laissent penser que Frantz Aby Larco était un armurier et travaillait pour des institutions publiques. En effet, dans une note publiée le 8 juin 2012 par Pierre Léon St-Rémy Junior, coordonnateur de la sécurité présidentielle, il est souligné que Frantz Aby Larco est le réparateur d’arme de l’Unité de sécurité présidentielle (USP). Le 27 avril 2015, Godson Orélus, directeur général de la PNH, a autorisé Frantz Aby Larco en tant que réparateur des armes à feu. « Cette direction attire toutefois l’attention de l’intéressé sur le fait qu’il ne peut détenir plus de 10 armes à feu à la fois », a écrit Godson Orélus. Un autre document atteste que Larco travaillait également pour le compte de l’Autorité portuaire nationale (APN) à titre d’armurier. La police nationale ainsi que le commissaire du gouvernement Me Jacques Lafontant n’ont pas encore répondu aux sollicitations du journal dans le cadre de cette affaire.

    Jean Daniel Senat source Le nouvelliste

  • Haïti : Le bogue de l’an 2020

    Haïti : Le bogue de l’an 2020

    Il y a 20 ans, décembre 1999, directeur exécutif du Group Croissance, j’écrivais un article dans notre hebdomadaire, La Lettre de Conjoncture, «Haïti: le bogue de l’an 2000 ». L’équipe de la foire technologique INFOTEL du Group Croissance qui sillonnait le pays dans le cadre de la campagne «Alphanétisation» alertait les organismes publics et entreprises privées disposant d’un système informatique de leur risque d’obsolescence.

    En effet, lors du passage informatique à l’an 2000, on craignait de nombreux dysfonctionnements, car certains ordinateurs n’étaient pas programmés pour passer à l’an 2000, car ils risquaient d’afficher 1900 à la place de la nouvelle année. Dans certains cas,  certains programmes et équipements étaient trop anciens pour pouvoir être réparés et la solution passait par leur remplacement par des progiciels compatibles avec l’an 2000.

    Cette fois, une nouvelle décennie démarre sur fond d’un profond malaise sociétal,  un bogue de l’an 2020, résultant d’une double incompatibilité, celle des rêves d’une génération en opposition avec la société traditionnelle et celle d’un pays incapable de participer au progrès de l’économie mondiale qui a redessiné la carte géopolitique. En réalité, il ne fait aucun doute que l’organisation sociale actuelle est déphasée par rapport aux aspirations des jeunes et est coupée  des défis planétaires économiques, technologiques, environnementaux qui constituent l’agenda majoritaire des pays.

    Plusieurs questions se posent aujourd’hui en Haïti : Les intérêts des plus riches sont-ils compatibles avec les intérêts des plus pauvres ? La couverture des soins de santé, les services publics d’éducation et de formation des plus pauvres sont-ils des priorités dans le budget du pays ? Le pouvoir d’achat de la classe moyenne permet-il à cette classe de survivre ? Où sont les opportunités économiques pour cette population jeune, de plus en plus urbanisée et branchée sur le Net ? L’accès à une conscience historique et une culture citoyenne est-il uniquement réservé à  certains intellectuels ?  En attendant les réponses,  l’offre de solutions disponibles est trop en décalage avec les enjeux de la décennie pour subir de simples retouches cosmétiques. Le tissu social est trop abîmé pour être recousu, car déchiré  par des clivages générationnels, politiques et sociaux. La déferlante contagieuse du « printemps des peuples » exige de nouveaux matériaux et surtout une autre grille de lecture au-delà des réductions simplistes gauche, droite, duvaliéristes, lavalas, tèk kale. Facebook, Twitter, Instagram, WhatsApp bouleversent la donne et rendent aujourd’hui insupportables les inégalités sociales, la corruption et l’absence de services publics de base minimaux, peu importe le gouvernement.

    Si pour le bogue de l’an 2000, il suffisait de changer quelques logiciels, le bogue de l’an 2020 nécessite une profonde transformation des rapports sociaux qui n’est possible que par une conscience historique et culturelle, donc une nouvelle éducation (voir le curriculum du nouveau secondaire). Mais, à court terme, il requiert au démarrage des professionnels capables, sans improvisation, de concevoir et mettre en place ces nouveaux « logiciels sociétaux », pour bousculer cette société traditionnelle qui campe sur ses privilèges, armée jusqu’aux dents. Sinon, cette poudrière qui couve toute les récentes contestations sociales finira par exploser.

    Entre-temps, cette nouvelle « génération WhatsApp » qui se forme autrement, se mobilise autrement est en train de se faire sa propre idée des solutions d’avenir pour Haïti, loin de la bataille partisane et de la grande cacophonie de certains  médias traditionnels. Face à l’impuissance collective de la classe politique et économique actuelle, qui sait si la solution durable au bogue sociétal de l’an 2020 ne viendra pas de cette nouvelle conscience politique, éthique qui émerge.

    Je conclus comme il y a 20 ans dans la Lettre de Conjoncture du Group Croissance: «Si Haïti ne prend pas le train de la modernité pour «alphanétiser» sa jeunesse, réformer son économie pour plus de croissance et de solidarité, la bombe du chômage des jeunes explosera et le pays entier deviendra un vaste musée du Moyen-Ậge où la loi de la horde remplacera l’ordre social et l’État.»

    26 décembre 2019.

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