Met Renand Hedouville, pwotekte sitwayen nan peyi Dayiti nan tèt yon delegasyon te siyin yon pwotokòl akò ak yon gwoup pwofesyonel ayisyen ki fe pati Forever Young yon sant ki la pou pran swen grandèt ak moun ki andikape nan zòn Boston. Plis detay ak Mèt Hedouville.
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Chanm Bas Kongrè a Ap Vote sou Miz an Akizasyon Prezidan Trump Jodi Mèkredi a
Chanm Bas Kongrè a Ap Vote sou Miz an Akizasyon Prezidan Donald Trump Jodi Mèkredi a. Plis detay ak Lyonel Desmarattes.
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Etazini Politik: Majorite Demokrat la nan Chanm Bas la ap Pare Chemen an pou Jiman Prezidan Trump
Donald Trump, 45èm prezidan Lèzetazini, byen kapab tounen 3èm lidè ameriken ki tonbe anba yon jijman pou vyolasyon konstitisyon an nan 243 zan istwa peyi a.
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L’Organisation du Peuple en Lutte est en deuil
Le Secrétaire Exécutif National de l’OPL, Edy Sanon est décédé cet après-midi dans un centre hospitalier de la place à la suite d’un cancer du Poumon. La nouvelle a été confirmée par le coordonnateur à la Jeunesse et à l’Université de l’OPL, Gélorme Juste.
Edy Sanon a été élu au poste de Sécretaire Exécutif de l’OPL en avril 2018 lors du dernier congrès national de cette structure politique dans la commune de Marigot .
Âgé de 58 ans , maitre en économie politique , marié et père de deux enfants , il a travaillé pendant plus de 35 ans dans l’administration publique haïtienne et dans plusieurs organisations internationales dont les Nations-Unies.
« C’est une grande perte pour le pays en général et pour l’OPL en particulier » . La nation a perdu l’un de ses fils qui a participé à la lutte pour le changement réel et éffectif du pays, lâche larmes aux yeux Gélorme Juste. -

Des signataires des Accords de Marriott et de Kinam et d’autres partis de l’opposition ont discuté autour de la crise haïtienne
Une réunion a lieu ce mardi 17 décembre à la Nonciature apostolique sur la situation politique du pays sous les auspices de deux émissaires de l’OEA et de l’ONU. PHTK et alliés initiateurs de l’accord Kinam, deux signataires de l’accord de Marriott et des partis modérés de l’pposition, entre autres, y ont pris part en vue de chercher une solution pacifique et concertée à la crise qui bouleverse le pays, a appris Juno7.
Les participants à la rencontre sont des dirigeants de partis et regroupements de partis politiques, des représentants d’organisation de la société civile, des collectivités territoriales et de la Présidence. Parmi ces personnalités figurent le Sénateur Joseph Lambert du parti KONA, Louis Gonzague Edner Day de Patrayil, Liné S. Balthazar du PHTK, Victor Benoît du Bloc Démocratique, Éric Jean-Baptiste du RDNP, Paul Denis de Inifos, Rosemond Pradel de Mache Kontre, Charles Tardieu du Groupe d’Initiave de la Passerelle, Renald Lubérice de la Présidence, entre autres.
Les discussions se sont déroulées dans une atmosphère conviviale autour d’une compréhension de la crise et la construction d’un agenda de travail, selon un communiqué publié après la rencontre. Les acteurs, selon ce communiqué, ont donné rendez-vous ce 18 décembre afin de poursuivre les discussions.
Signalons que l’opposition composée de l’Alternative Consensuelle, l’opposition institutionnelle, le Secteur Démocratique et populaire, Forum Papay, sont les grands absents de cette réunion. Dans une correspondance datée du 17 décembre 2019, ces partis ont réaffirmé leur position face à Jovenel Moïse avec qui ils ne veulent ni discuter ni cohabiter.
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Pakistan : l’ex-président pakistanais Musharraf condamné à mort par contumace
L’ex-président pakistanais Pervez Musharraf, en exil à Dubaï, a été condamné à mort par contumace ce mardi 17 décembre pour « haute trahison », a annoncé la radio publique. Une première dans un pays où l’armée est souvent considérée comme à l’abri des poursuites.
La condamnation de ce personnage central de l’histoire récente du Pakistan a trait « à la décision qu’il a prise le 3 novembre 2007 », soit l’imposition de l’état d’urgence dans le pays, selon son avocat, Akhtar Shah. L’ex-président « n’a rien fait de mal », a-t-il souligné.
Le général Musharraf était arrivé au pouvoir à l’aide d’un coup d’État sans effusion de sang en octobre 1999. Par la suite, il s’était autoproclamé président en juin 2001, avant de remporter en avril 2002 un référendum controversé.
Sous son règne, le Pakistan avait vu sa croissance économique décoller, sa classe moyenne se développer, les médias se libéraliser et l’armée jouer la carte de l’apaisement face à l’Inde rivale. Mais ses opposants dénonçaient continuellement sa mainmise « dictatoriale » sur le pouvoir. Il a dû partir en exil en 2008.
Source : RFI
La Rédaction
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Taiwan augmente l’aide alimentaire et offre plus de 20,000 tonnes de riz à Haïti
La république de Chine (Taiwan) a augmenté de 100% l’aide alimentaire offert à Haïti, en accordant plus de 20,000 tonnes de riz au pays pour l’année 2020, a annoncé son ambassade à Port-au-Prince dans un communiqué.
L’annonce de cette aide fait suite à l’appel lancé par le gouvernement à la communauté internationale pour faire face à la crise alimentaire en Haïti.
« Le gouvernement de la République de Chine (Taïwan) accordera un don de 20,200 tonnes de riz taïwanais à la République d’Haïti en 2020, dont 13,000 tonnes seront destinées au Fonds d’Assistance Economique et Sociale (FAES) pour l’exécution de ses programmes d’urgences sociales, et 7,200 tonnes seront distribués par l’ONG Food For the Poor Haïti (FFP Haïti) », précise l’ambassade.
En 2019, les dons de riz taïwanais en Haïti ont atteint 9,200 tonnes, dont 3,000 tonnes au profit du Gouvernement haïtien et 6,200 tonnes distribués à travers les ONGs tels que FFP Haïti et Tzu-Chi Foundation.
L’Ambassade souligne également qu’à coté de l’aide humanitaire ponctuelle susmentionnée qui agit sur le court terme, « le Gouvernement taïwanais appui la production nationale de riz en Haïti, avec la mise en oeuvre du Projet de Renforcement de la Production Nationale de Semences de Riz afin d’aider Haïti à atteindre l’autosuffisance alimentaire sur le long terme ».
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Une délégation de la FAO réalise une mission technique dans la Grand'Anse
Le nouveau Représentant de l’Organisation, accompagné d’une délégation de la Division des urgences du Siège de la FAO à Rome, a réalisé, le 7 décembre 2019, une visite d’observation dans le Département de la Grand’Anse.
Au cours de cette visite, M. Fernández a eu l’occasion de prendre connaissance des activités réalisées par la FAO dans le cadre des Projets « Action Contre la Désertification » et « Protection, réhabilitation et diversification des moyens d’existence des populations affectées par l’ouragan Matthew en Haïti », financés respectivement par l’Union Européenne et la Coopération Belge au Développement, en appui aux Ministères de l’Environnement (MdE) et de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR). La délégation s’est entretenue avec les représentants de six Organisations Communautaires de Base (OCB) qui s’apprêtent à exploiter et gérer l’Unité de transformation de produits agricoles, installée par la FAO, à Jérémie, dans le cadre de son assistance technique au Ministère de l’Agriculture (MARNDR). Le Coordonnateur du Comité de gestion de ladite Unité, M. Yussuf Cherubin, a salué l’initiative du MARNDR et de la FAO d’implanter cette micro-entreprise qui va aider les transformateurs et transformatrices à valoriser leurs produits agricoles. « Exploiter une entreprise agricole en nom collectif représente une grande première dans le Département de la Grand’Anse », a signalé M. Cherubin, qui dit compter sur l’accompagnement technique de la Direction Départementale Agricole de la Grand’Anse (DDAGA) et de la FAO pour réussir cette expérience pilote qui servira de modèle non seulement pour les six OCB bénéficiaires, mais aussi pour celles désireuses de se constituer en entreprise collective.
Yasmine Saint-Louis, Coordonnatrice ajointe du Comité de gestion, a également mentionné les retombées significatives que cette Unité de transformation va avoir dans la région. « Son exploitation permettra la diversification et l’augmentation des sources de revenus des transformateurs et transformatrices, et favorisera dans le même temps l’émancipation sociale des femmes productrices agricoles de la Grand’Anse », a-t-elle fait savoir.
M. Fernández a pour sa part renouvelé l’engagement de la FAO à appuyer les transformateurs et transformatrices de la Grand’Anse en vue d’un fonctionnement optimal de cette entreprise de valorisation de produits agricoles.
La délégation s’est par la suite rendue dans la Commune de Roseaux pour rencontrer l’Association des Pêcheurs de Roseaux (APERO), appuyée par la FAO en matériels et équipements de pêche dans le cadre du projet d’assistance et de réhabilitation post Mathew. Le Directeur de la Plate-forme Alternative pour un Développement Intégré (PADI), Monsieur Alex LAMARRE, l’ONG partenaire qui a assuré la mise en œuvre du volet appui aux pêcheurs bénéficiaires dudit projet, a rappelé, lors de la rencontre, l’importance de l’assistance du Ministère de l’Agriculture et de la FAO à 1.255 pêcheurs de neuf communes côtières du Département de la Grand’Anse dont les matériels et équipements ont été détruits ou perdus lors de l’ouragan Mathew en octobre 2016.
Fremont DEVIC, Président de APERO, a souligné la manière dont la FAO a permis aux pêcheurs de la Commune de Roseaux de se réhabiliter après le passage de l’ouragan. « La FAO a été la première institution à voler au secours des pêcheurs après le passage de l’ouragan Matthew. Avec son appui, nous avons réussi à tripler nos revenus grâce aux matériels et équipements de pêche que nous avions reçus, a-t-il indiqué.
Dans le cadre de cette mission technique d’observation, le Représentant de la FAO a également rencontré le point focal de la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA) dans la Grand’Anse afin de s’enquérir de la situation de la sécurité alimentaire dans le Département.
EJ/Radio Métropole Haïti
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L’audition de Judith Exavier par l’ULCC prévue le 17 décembre 2019
La chef de poste du consulat général d’Haiti en république Dominicaine, Judith Exavier, devrait être auditionnée par l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) le mardi 17 décembre 2019 pour son implication dans l’incident survenu le samedi 7 décembre dernier, à Jimani, en république Dominicaine.
Le directeur général de l’Unité de Lutte Contre la Corruption, Me Claudy Gassant, demande à son homologue au Ministere des affaires etrangeres et des cultes, Dorléan Fortuné de mettre à la disposition de l’ULCC, la cheffe de poste du consulat général d’Haiti à Santiago, Judith Exavier, dans une correspondance adressée au DG du MAEC dont la rédaction de Vant Bèf Info a obtenu copie.
Après avoir raté une séance d’audition le 12 décembre dernier, l’ULCC invite une nouvelle fois Judith Exavier, le mardi 17 décembre 2019, à 12 heures PM, au local de l’institution, à Pacot.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre de l’enquête ouverte par l’ULCC suite à l’incident survenu le 7 décembre dernier, à Jimani (en république Dominicaine) impliquant Madame Exavier, précise la correspondance.
La diplomate a été retenue durant quelques heures par les autorités dominicaines. Le vehicule dans lequel elle voyagait faisait l’oject d’une enquête par les autorités dominicaine et haitienne.
Il est Important de rappeler que le service d’investigation de l’Unité de Lutte Contre la Corruption avait auditionné, le mercredi 11 décembre dernier, le Directeur Général du Ministère des Affaires Étrangères et des Cultes Dorléan dans le cadre de ce dossier. La séance d’audition était déroulée en présence du Nouveau patron de l’ULCC, Me Claudy Gassant.
Vant Bèf Info VBI
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Haïti-Bilan 2019 : une catastrophe politique et économique
Fort heureusement, la saison cyclonique 2019, close le 30 novembre, a été douce et clémente envers Haïti. Aucun cyclone ni ouragan majeur n’a frappé le pays. Bien que les traces du tremblement de terre du 12 janvier 2010 et celles du cyclone Matthew (2016) demeurent encore visibles. Mais, fort malheureusement, la catastrophe politique ne l’a pas épargné. Il s’en est suivi une catastrophe économique qui continue de mordre chaque citoyen haïtien jusque dans l’os.
Un éloquent indicateur traduit à lui tout seul cette catastrophe économique : le taux de croissance négatif de -1,2 % selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) ou compris entre – 0,6 et 0,0 % selon les projections de la Banque de la République d’Haïti (BRH). L’Institut haïtien de statistique et d’informatique (IHSI), qui devrait publier les estimations officielles à la fin du mois de décembre 2019, est dysfonctionnel depuis le déclenchement de la grève des employés contre la nomination du nouveau directeur général. Il faudra attendre beaucoup plus que d’ordinaire pour avoir ces statistiques.
Il faut remonter à 2010, l’année du séisme meurtrier du 12 janvier, pour retrouver un taux de croissance économique négatif de -5,5 %. Ce n’est donc pas exagéré de parler de catastrophe politique en Haïti en 2019 et de ses affreuses conséquences sur l’économie haïtienne.
La population haïtienne ne comprend pas encore l’ampleur des conséquences économiques de la crise politique actuelle. En fait, le blocage systématique (peyi lòk) a débuté à la fin du mois de septembre qui coïncide avec la fin de l’exercice fiscal. Donc, le très probable taux de croissance négatif de l’année fiscale écoulée n’est que la pointe de l’iceberg. Il faudra attendre les résultats de l’année fiscale 2019-2020 pour ressentir les vraies conséquences économiques de la catastrophe politique de l’exercice 2018-2019 qui risque de continuer l’année prochaine.
Les deux premiers mois de l’année fiscale en cours (2019-2020) sont des pertes sèches. Très peu de recettes pour le Trésor public, très peu d’activités économiques pour le secteur privé, très peu d’opportunités pour les travailleurs. Les entreprises ont licencié dans des proportions inquiétantes, ce qui augmente le taux de chômage. Les groupes musicaux peinent à annoncer leur programmation pour les fêtes de fin d’année. L’insécurité grandissante gardera la diaspora loin de sa terre natale pour le jour de l’An.
Toutes ces contre-performances se feront remarquer dans le taux de croissance économique 2019-2020 qui risque de se rapprocher de celui de l’année fiscale du séisme. Comme pour dire que les catastrophes naturelles et politiques ont à peu près les mêmes conséquences économiques. Celles-ci risquent d’être encore plus graves pour une catastrophe politique. La raison est simple : le séisme avait provoqué une grande sympathie de la part du reste du monde. On voulait aider Haïti à s’en sortir.
En 2019, c’est tout le contraire. La communauté internationale commence à s’ennuyer de l’inconsistance, de l’insouciance, de l’inconscience, de l’incompétence et des mauvais choix des dirigeants haïtiens. Au bout du compte, les conséquences économiques des catastrophes naturelles et politiques sont similaires, mais les réactions des principaux acteurs sont différentes. Ces derniers, y compris les bailleurs de fonds internationaux, voient plutôt la crise actuelle comme une catastrophe provoquée par les Haïtiens eux-mêmes.
Au cours de la dernière décennie fiscale (2009-2010 à 2019-2020), le pays a vacillé entre catastrophes naturelles et catastrophes politiques tout en surfant durant l’intervalle sur d’autres crises politiques, ouragans et tempêtes d’intensité plus faible. La décennie a commencé par une catastrophe naturelle majeure pour la terminer par une catastrophe politique. Un tel scénario laisse très peu de chance à la planification du développement national qui requiert une stabilité politique éprouvée et un taux de croissance économique supérieur à 10 % pendant une période d’au moins 20 ans.
Une régression dans les classements internationaux
Il est difficile de trouver des réalisations économiques importantes en Haïti en 2019. Le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) en témoigne clairement. Si un taux de croissance du PIB réel positif mesure le niveau de richesse globale créé à l’intérieur d’un pays au cours d’une période déterminée (2018-2019 par exemple), un taux de croissance économique négatif signifie que l’on a plutôt détruit la richesse. La destruction de la richesse est traduite par le nombre d’entreprises incendiées, anéanties ou fermées, la proportion d’employés licenciés, sans compter le nombre de morts violentes. C’est exactement le même type de décompte que l’on effectue après les désastres naturels.
Pour ne rien arranger, le taux d’inflation a clôturé l’année fiscale écoulée autour de 20 %. En général, les économistes redoutent des situations de stagflation, c’est-à-dire quand une économie souffre simultanément d’une croissance économique faible ou nulle et d’une forte inflation. C’était déjà le cas l’année dernière. Plus inquiétante encore, cette situation s’accompagne d’un niveau de chômage très élevé. En 2019, on s’enfonce encore un peu plus dans l’abîme avec un taux de croissance économique négatif et une forte inflation.
En plus du « peyi lòk », la crise politique se manifeste par l’absence, depuis mars 2019, d’un gouvernement ratifié par le Parlement. Cela a empêché la conclusion d’un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un programme au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC). L’absence de cet accord avait entraîné la suspension des supports budgétaires extérieurs. Or, la chambre basse sera caduque à partir du lundi 13 janvier 2020. Le mandat des maires et de certains sénateurs arrivera également à terme. Aucune date n’est encore fixée pour des élections municipales et législatives. Il n’y a toujours pas de nouveau budget national.
Ce n’est donc sans surprise qu’en 2019, Haïti continue de traîner dans les différents rapports et classements internationaux. Dans le « Doing Business 2020 » concernant le climat des affaires, avec un score de 40,7 sur 100, elle occupait le 179e rang mondial sur 190 pays alors qu’elle était classée à la dernière place au niveau de la Caraïbe. Haïti partageait la queue du classement avec le Venezuela, les deux pays du continent américain à se retrouver parmi les 15 pays offrant le pire environnement des affaires.
Concernant la lutte contre la corruption, l’administration Jovenel Moïse a régressé dans le classement mondial paru au début de l’année 2019. L’Indice de perception de la corruption (IPC) 2018 publié par Transparency International s’élève à 20/100 contre 22/100 en 2017. Haïti se retrouvait à la 161e place sur 180 pays avec toute la mauvaise presse que cela charrie au niveau international.
Le major David Basile, ex-directeur de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), a avoué que des dizaines de rapports d’enquêtes sur des cas avérés de corruption envoyés par l’ULCC aux autorités judiciaires n’ont fait l’objet d’aucune poursuite. Aucun jugement ni condamnation n’a été prononcé.
Parmi les 141 pays, Haïti se trouvait en 2019 à la 138e place aux côtés de la République démocratique du Congo, du Yémen et du Tchad. Selon les rapports, les troubles politiques, les mauvaises conditions de santé, l’instabilité macroéconomique, le problème financier et puis l’incapacité d’innovation sont parmi les facteurs qui expliquent ce mauvais classement.
L’année 2018 était déjà marquée par une crise politique aiguë. Les émeutes des 6 et 7 juillet en représentaient des signaux très clairs. De même que les deux grandes manifestations des 17 octobre et 18 novembre 2018 en constituaient deux autres symboles importants. Cette crise s’est sévèrement aggravée en 2019. Les répercussions se font gravement sentir sur les finances publiques. Les recettes fiscales cumulées du 1er octobre 2018 au 30 septembre 2019, selon la BRH, ont atteint 76,2 milliards de gourdes contre 79,6 milliards en 2017-2018, soit une baisse de 4,3 % par rapport à l’exercice précédent. Dans le budget 2017-2018 reconduit, les prévisions de recettes s’élevaient à 99,2 milliards de gourdes.
Parallèlement, les dépenses totales ont atteint un montant de 131,3 milliards de gourdes, soit un déficit budgétaire de 55,1 milliards de gourdes qui a conduit à un financement monétaire important. Le bilan économique de l’année fiscale 2018-2019 montre que le pays s’enlise de plus en plus dans une instabilité macroéconomique avec un taux d’inflation d’environ 20 % et un taux de change d’environ 93 gourdes pour un dollar. Il était de 69,46 gourdes pour un dollar américain en septembre 2018 et 62,85 gourdes en octobre 2017.
Le sous-développement humain
L’ensemble de ces indicateurs a conduit Haïti à un classement peu enviable en termes de développement humain en 2019 : 169e sur 189 pays. Haïti a reculé d’une place dans le classement de 2019 avec un indice de développement humain (IDH) de 0,503 alors que l’IDH moyen s’élève à 0,759 au niveau de la Région Amérique latine et Caraïbes. De son côté, la République dominicaine a gagné 5 places par rapport à son classement de l’an dernier (89e) avec un IDH de 0,745, la Jamaïque a progressé d’une place pour se retrouver au 96e rang avec un IDH de 0,726 tandis que Cuba est classé 72e avec un IDH de 0,778.
Plus alarmant encore, l’année fiscale 2019-2020 ne s’annonce pas mieux. Si la crise politique préoccupe davantage les citoyens haïtiens et les étrangers, la crise économique demeure beaucoup plus dramatique. Elle prendra des années à être jugulée si les mesures appropriées sont prises immédiatement. Ces mesures devraient viser le renforcement de la stabilité politique à travers un processus de création et de renforcement institutionnels.
Les résultats économiques catastrophiques obtenus aujourd’hui sont la résultante de l’instabilité politique persistante et néfaste pour la croissance et le développement économiques. Cette instabilité politique résulte en grande partie de la faiblesse des institutions haïtiennes.
Au bout du compte, les deux crises (politique et économique) s’autoentretiennent et s’aggravent mutuellement au jour le jour. L’instabilité politique chronique plombe la croissance économique et l’absence de création de richesses, liée à cette instabilité politique, limite les possibilités de création d’emplois.
Le taux de chômage des jeunes s’avère très élevé, renforçant ainsi leur précarité financière et sociale. Celle-ci constitue un terreau fertile à la manipulation politique et à l’instabilité politique qui tue la croissance économique. Cette faible croissance économique (ou encore le taux de croissance économique négatif en 2019) représente une menace permanente pour la stabilité politique en Haïti.
Les perspectives pour l’année 2020 ne sont guère reluisantes. Les projections à moyen terme du FMI ne prévoient pas de grandes réformes, mais espèrent une très faible reprise de la croissance autour de 0,9 % à l’horizon 2021. Dans le contexte actuel, prévient le FMI, il serait difficile d’envisager un taux d’inflation très en-deçà de 20 % par an pour les deux prochaines années. De même, la croissance potentielle est estimée à 1,5 % par an à plus long terme par le gendarme des finances publiques mondiales.
La décennie 2020-2030 s’annonce donc très mal. Comme c’était le cas pour 2010-2020 avec le tremblement de terre. Et pourtant, le régime « Tèt kale » propageait sans modération le slogan : « Haïti, pays émergent à l’horizon 2030 ». Avec la tendance actuelle, ce ne sera pas le cas même en 2130.
Thomas Lalime
