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  • L’assainissement de Port-au-Prince à l’agenda du Ministre de l’intérieur

    L’assainissement de Port-au-Prince à l’agenda du Ministre de l’intérieur

    Mercredi Pierre Josué Agénor Cadet le Ministre a.i. de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales (MICT), accompagné notamment de son Directeur de Cabinet, du Directeur Général Amos Zéphirin ainsi que du Directeur des Collectivités Territoriales, s’est entretenu avec Ralph Youri Chevry, le Maire de Port-au-Prince qui était accompagné de sa Directrice Générale.
    Dans le cadre de cette réunion de travail, les conditions de fonctionnement de la Mairie ainsi que les dispositions à adopter pour adresser la question de l’insalubrité constatée dans la capitale ont au centre des discussions.
    Dans la perspective d’assainir l’aire métropolitaine et contribuer au renforcement des capacités de la Mairie différentes actions sont envisagées. Pour répondre à une requête du maire Chevry, l’État à travers le Ministère, remettra, sans délai, 3 camions supplémentaires, qui viendront s’ajouter à la flotte des compressifs, bascules et loaders dont dispose déjà cette municipalité. 
    Par ailleurs, un appui plus substantiel de l’État sera également accordé à la Mairie à travers le MICT, sur la base de la présentation des besoins les plus urgents et nécessaires pour atteindre les objectifs fixés.
    Au terme de cette séance le Ministre a.i. Cadet et le Maire Chevry se sont réjouis de la qualité des échanges qui se sont révélés fructueux et cordiaux. Cadet a également promis sa collaboration et celle de toute son équipe en vue de garantir l’efficacité des mesures adoptées pour assainir au plus vite la région métropolitaine.
    Une nouvelle réunion de travail a été programmée afin d’harmoniser les actions et l’apport logistique des institutions de sécurité et du Service National de Gestion des Résidus Solides (SNGRS), notamment, en appui au travail de la Mairie.
    HL/ HaïtiLibre 

  • L’État haïtien suspend ses contrats avec E-Power, Sogener et Haytrac

    L’État haïtien suspend ses contrats avec E-Power, Sogener et Haytrac

    Le Ministère de l’Economie et des Finances a été instruit de suspendre les paiements de toutes valeurs en rapport avec l’exécution de ces contrats.

    Les cordes ne s’accordent pas entre le gouvernement démissionnaire et les compagnies énergétiques, à savoir E-Power S.A, Sogener et Haytrac. En effet, lors d’un conseil des ministres tenu en date du 23 octobre 2019, le gouvernement démissionnaire s’est résolu à suspendre l’exécution des contrats signés avec ces entreprises dont l’objet est porté sur la fourniture d’électricité. Le Ministère de l’Economie Finances, par la suite, a été instruit de suspendre les paiements de toutes valeurs en rapport avec l’exécution de ces contrats, selon une note de la Secrétairerie d’Etat à la Communication.

    Une disposition qui suscité pas mal de grognes. Le gouvernement démissionnaire qui, semble en être conscient a, dans la même résolution, demandé au MEF de régler les éventuels différents avec les compagnies. Les contrats entre l’Etat haïtien et la E-Power S.A, la Sogener et la Haytrac étant caducs, le ministère des travaux publics, transports et communication est chargé de transférer à l’Electricité d’Haïti toutes les centrales électriques appartenant à l’Etat haïtien.

    Intervenant ce jeudi soir sur les ondes de radio Vision 2000, le directeur général de la E-Power, Carl-Auguste Boisson a refusé de commenter la décision parce qu’il n’est pas encore formellement touché par cette résolution. « Nous attendons que cette mesure nous soit formellement communiquée afin de déceler ce que le gouvernement entend faire de la E-Power. Pour l’instant, on se garde de réagir à la suite de cette décision prise dans un cadre général », indique-t-il.

    Boisson estime, toutefois, que la démarche est juste puisque que les derniers contrats entre sa compagnie et l’Etat haïtien, sont jusque-là conformes aux lois y relatives. « La E-Power a présenté les meilleures offres en matière d’électricité dans le pays », s’est-il vanté, précisant que sa compagnie s’est efforcée de fournir à l’Etat haïtien une quantité de mégawatts supérieure à sa capacité de production.

    D’un autre côté, il se dit étonner des déclarations tenues par le directeur de la banque inter-américaine de développement (BID) dans lesquelles il a remis en question la capacité de production des compagnies d’électricité haïtiennes. Boisson rappelle que la BID a été la première entité internationale à exprimer sa volonté à financer la E-Power. « En 2008, la BID nous a tournés le dos. Cependant, nous avions continué à fonctionner. En 2011, lors d’une visite à la compagnie, la BID a, elle-même affirmé, avoir eu des regrets d’avoir abandonné le navire », révèle Pierre Marie Boisson.

    Les chiffres d’affaires de la E-power se situent entre 30 et 35 millions de dollars américains par an, explique le DG de la E-Power, avant de souligner que 80% de ce montant est utilisé pour l’achat de Mazout.

    Au cours de ce même conseil des ministres, le gouvernement démissionnaire a, dans une autre résolution, éliminé toutes les franchises douanières. Selon le ministre a.i de l’économie et des finances Joseph Jouthe qui intervenait, lui aussi, sur Vision 2000, a expliqué qu’il s’agit d’une décision visant à structurer ce secteur qui représente des milliards de gourdes en termes de manque à gagner chaque année à l’Etat haïtien.

    « L’octroi de franchises douanières à des institutions et de particuliers, ces derniers temps, a occasionné un vaste désordre. Les bénéficiaires directs en jouissent au détriment de la population car les objectifs visés par l’Etat à travers l’accord des franchises n’ont jamais été atteints. Et, pour corriger cette situation et rendre l’octroi des franchises bénéficiaires au plus démunis, l’exécutif a décidé de réviser toutes les franchises douanières », indique le ministre a. i des finances.

  • Haïti-Météo : des averses localement orageuses prévues pour ce soir

    Haïti-Météo : des averses localement orageuses prévues pour ce soir

    L’arrivée d’une onde tropicale sur l’île d’Haïti crée la possibilité de recevoir des averses localement orageuses sur le pays ce soir, a signalé l’Unité Hydrométéorologique d’Haïti (UHM) dans son bulletin de ce jeudi 24 octobre 2019.

    L’onde tropicale en question est « localisée sur la pointe Est de la République dominicaine », selon l’UHM ajoutant qu’elle « provoque de l’air humide et instable au niveau de la région caribéenne aujourd’hui ».

    Température

    * Tmax comprise entre 30 à 34 degrés Celsius ;

    * Tmin comprise entre 22 à 25 degrés Celsius ;

    « L’Artibonite, le Centre, l’Ouest, le Sud-est, le Sud, les Nippes et la Grand’ Anse » sont les principaux départements concernés par les prévisions d’aujourd’hui.

    Lever et coucher du soleil pour Port-au-Prince

    Lever : 06h46mn Coucher : 18h19mn

  • Haïti: deux morts dans la rivière Massacre, une fille portée disparue

    Haïti: deux morts dans la rivière Massacre, une fille portée disparue

    Le président du Comité national contre la traite des personnes (CNLTP), André Ibréus, confirme pour Loop Haiti la mort de deux Haïtiens noyés dans la rivière du Massacre lors d’une traversée clandestine vers la République dominicaine. Une fillette de 4 ans est portée disparue.

    Les cadavres de deux Haïtiens ont été retrouvés dans la rivière du massacre le mardi 22 octobre dernier par des résidents de « Lavigia », un quartier de la province de Dajabón située entre Haïti et la République dominicaine. Une fillette de 4 ans qui accompagnait l’un d’entre eux est portée disparue d’après ce que rapporte le président du CNLTP, Andrée IBréus.

    Monsieur Ibréus, fonctionnaire de l’Etat qui préside le Comité qui combat la traite et le trafic illicite de personnes notamment les migrants, dit déplorer le laxisme de l’Etat haïtien suite à la mort de ces deux compatriotes. « La mort de ces Haïtiens près de la frontière haïtiano-dominicaine en quête d’un mieux-être m’attriste profondément. L’Etat haïtien doit adresser le problème de la pauvreté qui est à la base de ces drames qui détruisent la vie des Haïtiens » a-t-il exigé.

    D’après les informations qu’il dit recueillir auprès des résidents de Lavigia, ces Haïtiens tentaient d’entrer illégalement en République dominicaine en passant par la province de Dajabón.

    À rappeler, l’immigration dominicaine avait annoncé le 21 octobre la déportation de 1,392 étrangers dont 1,200 Haïtiens en situation irrégulière en République Dominicaine. Ces opérations ont été menées du 14 au 18 octobre à travers 10 provinces de la république voisine.

  • Haïti-Crise : ce diplomate étranger attend des actions de la CARICOM

    Haïti-Crise : ce diplomate étranger attend des actions de la CARICOM

    La Communauté caribéenne (CARICOM) doit réagir sur la crise actuelle qui ronge Haïti, selon Ronald Sanders, ambassadeur d’Antigua-et-Barbuda auprès de l’Organisation des États Américains (OEA). Elle « ne doit pas abandonner » le peuple haïtien.

    « Haïti est à nouveau dans la tourmente. Cette fois, les pays de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) ne peuvent être critiqués pour leur inaction, […] », a écrit dimanche le diplomate sur son blog éponyme. Parallèlement, il évoque le silence de l’OEA dans le cas d’Haïti qui pourtant a été active dans d’autres pays. En dépit d’une « déclaration inhabituellement vague » publiée le 15 octobre par son secrétaire général, Luis Almagro.

    Ronald Sanders précise que les chefs de la CARICOM ont fait part en juillet dernier de leur inquiétude face à l’amplification des manifestations anti-gouvernementales en Haïti. Ils en avaient profité pour solliciter l’envoi d’une délégation au pays afin de recueillir beaucoup plus d’informations pour la communauté à propos de la grogne populaire. Mais le ministre haïtien des Affaires Etrangères, Edmond Bocchit « avait tenté de les dissuader, affirmant à tort que l’OEA avait déjà envoyé une équipe en Haïti et, comme les pays de la CARICOM sont membres de l’OEA, la CARICOM n’a pas besoin d’envoyer une équipe à elle », a révélé le diplomate.

    « La vérité est qu’aucune équipe autorisée de l’OEA n’a été envoyée en Haïti depuis 2015 […] », a-t-il soulevé.

    Lire : La récente équipe de l’OEA en Haïti n’a pas été mandatée par son Conseil Permanent

    Le président Jovenel Moïse n’a pas répondu à la demande de la CARICOM consistant à se rendre en Haïti dans le but de s’impliquer dans les efforts pour la résolution de la crise. En effet, il s’ensuit que cela ne peut se faire sans l’aval du chef de l’Etat haïtien, d’après un principe de l’organisation n’acceptant pas d’ingérence dans les affaires internes des États membres.

    Malgré tout, monsieur Sanders exhorte la CARICOM à « poursuivre ses efforts pour faire venir en Haïti une équipe chargée de dialoguer avec toutes les parties (gouvernement, opposition et secteur privé) ».

  • L’heure locale reculera de 60 minutes à partir de dimanche 3 novembre

    L’heure locale reculera de 60 minutes à partir de dimanche 3 novembre

    L’heure nationale reculera de 60 minutes à partir du premier dimanche de novembre, selon une annonce du Secrétariat général de la présidence. À cet effet, dimanche 3 novembre, à 2h du matin, l’heure est à reculer d’une heure.

    En Haïti, la pratique de changement d’heure a été instituée dans les années 80 avec Jean-Claude Duvalier. Elle a été interrompue à plusieurs avant d’être reprise avec Michel Martelly. Suivant l’article 2 de l’arrêté présidentiel publié en mars 2012 sous l’administration Martelly-Lamothe, ce changement doit être opéré en fonction des saisons.

    Les dispositions des articles 1 et 2 de l’arrêté présidentiel se lisent comme suit:

    Article 1 : A compter de la date des présentes, à partir de deux heures du matin (2:00 Am) le deuxième dimanche du mois de mars, l’heure national avancera de 60 minutes.

    Article 2 : À compter de la date des présentes à partir de deux heures du matin (2:00 Am) le premier dimanche du mois de novembre, l’heure nationale reculera de 60 minutes.

    À la suite de cet arrêté, Haïti applique le système de l’heure d’été/heure d’hiver. En théorie ce système d’heure aide à faire des économies en énergie durant l’horaire d’été.

    Par ailleurs, il est à rappeler qu’en mars 2016, aucun changement d’heure en fonction des saisons n’avait été opéré sous la présidence de Jocelerme Privert. La décision de changer l’heure a, à plusieurs reprises, été annulée, notamment en 1997 et 2006 sous l’ancien chef d’État René Garcia Préval.

  • "Muraille" agressé, Zénith accuse, le beau-frère de la victime précise

    "Muraille" agressé, Zénith accuse, le beau-frère de la victime précise

    Le militant politique et journaliste d’opinion de radio Zénith FM, Muraille Jean Myrtho, a été blessé à coup de pierre, mardi 22 octobre à Carrefour. La station dirigée par Rony Colin pointe du doigt le pouvoir en place. Si le journaliste parle d’une attaque politique, son beau-frère, Katty Alcide, apporte un démenti formel et précise ce qui s’est passé.

    Retour sur une altercation familiale, traînée sur un terrain politique…

    Cela s’est passé à Lamentin 54, commune de Carrefour. Selon ce qu’avaient rapporté certains proches, le journaliste et militant politique a été attaqué alors qu’il sortait de chez lui. « Les individus qui l’attendaient devant la barrière de sa demeure, l’ont pris à partie au moment où il allait monter dans son véhicule et lui ont roué de coups », avait précisé un proche à Vant Bèf Info quelques minutes après les faits.

    L’ex-candidat au Sénat pour le département de l’Ouest en est sorti blessé à la tête, et a reçu des soins dans un centre hospitalier. Selon des sympathisants, Muraille Jean Myrtho, très critique envers le régime « Tèt Kale », a été bastonné en raison de son engagement dans la lutte pour le renversement du pouvoir de Jovenel Moïse. Dans une intervention sur radio Zénith, l’animateur vedette de l’émission « Pawòl la pale », plus connu sous le sobriquet « Miray Jeriko », a accusé des militants proches du pouvoir, d’être auteurs de cet acte.

    Les précisions de Katty Alcide, beau-frère de Muraille Jean Myrtho

    24 heures après les faits, Katty Alcide, beau-frère du journaliste, revient à la charge et avance une autre version des faits. « Muraille Jean Myrtho a été blessé à la tête, lors d’une altercation physique que j’ai eue avec lui. On a eu des échanges houleux avant d’en venir aux mains », a expliqué Alcide, qui affirme avoir été giflé par le journaliste. Katty Alcide qui participait à l’émission « Maten Deba », sur radio Eclair, avoue avoir frappé à coup de pierre Jean Myrtho, uniquement pour se défendre. Le beau-frère du journaliste qui se présente comme un évangéliste, affirme avoir été lui aussi blessé, lors de cette bagarre.

    « C’était une question purement familiale. Il n’y avait absolument rien de politique dans ce qui s’est passé, contrairement aux explications apportées par la victime. D’ailleurs, je ne suis membre d’aucun parti », a-t-il poursuivi.

    Mardi, après l’incident, la colère et la frustration avaient envahi la station dirigée par l’actuel maire de la Croix-des-Bouquets, Rony Colin. A travers des interventions sur la fréquence 102.5 FM, les collaborateurs de Jean Myrtho condamnaient l’attaque et accusaient le pouvoir en place. Pour eux, cet acte est l’œuvre de proches du président Jovenel Moïse à Carrefour.

    « On ne va pas baisser les bras. La bataille pour chambarder le système et aboutir au départ du chef de l’Etat continue », avait martelé le directeur général de radio Zénith, Jean Oreste Morin.

    Un élan de solidarité et de sympathie à l’endroit de la station avait été constaté, de la part de militants et leaders de l’opposition, qui ont dénoncé une campagne d’intimidation contre la liberté de la presse. L’incident était intervenu environ 6 jours après que le correspondant permanent de la station dans la ville des Cayes, Jacquelin François, a été victime de bastonnade des mains de plusieurs agents de l’UDMO. Rappelons que la station de Bon-repos, réputée très proche de l’opposition, a été, il y a de cela cinq (5) jours, la cible d’une attaque armée.

    Mais l’affaire Muraille/Alcide, aura-t-elle été finalement juste une altercation entre deux (2) membres d’une même famille, traînée sur un terrain politique?

  • Dalembert: "L’énergie, je la puise auprès des femmes qui m’ont éduqué"

    Dalembert: "L’énergie, je la puise auprès des femmes qui m’ont éduqué"

    « La femme est le véritable poteau mitan de la charpente sociétale. Or, elle ne cesse de subir des violences de toutes sortes, de manière encore plus évidente ces derniers temps chez nous, où les gangs violent en toute impunité », a affirmé le romancier haïtien Louis-Philippe Dalembert, lauréat du Prix de la langue française 2019. Mur Méditerranée, grande fresque de la migration, rend hommage à des femmes de courage, déterminées et pleines de vie. Entretien.

    Loop : Mur Méditerranée, paru chez Sabine Wespieser, dessine les destinées tragiquement contemporaines de trois femmes venues de Syrie, du Nigéria et d’Erythrée qui risquent leurs vies pour tenter de gagner l’Europe, en passant par la Libye. Récit salué par Tahar Ben Jelloun. « Roman de la migration au féminin », a écrit RFI. Dites-nous quand exactement l’idée d’écrire ce roman a flotté dans votre tête ?

    Louis Philippe Dalembert. : Depuis longtemps, depuis toujours, j’ai envie de dire. J’ai déjà écrit un roman de la migration, L’Autre Face de la mer, ou du vagabondage : L’Ile du bout des rêves, qui sera adapté en bande dessinée l’année prochaine. J’ai aussi publié des romans où la femme joue un rôle de premier plan : Ballade d’un amour inachevé, Avant que les ombres s’effacent… Mais c’est la première fois que les deux thématiques sont réunies dans un même ouvrage. Plus concrètement, j’avais déjà trouvé le titre en faisant des recherches pour le roman précédent, publié en mars 2017.

    À partir de là, j’ai poursuivi mes recherches, séjourné un mois à l’île de Lampedusa, au sud de l’Italie, où arrivent beaucoup des réfugiés qui tentent de rejoindre l’Europe par bateau. J’ai pu m’entretenir avec des femmes réfugiées, notamment des Subsahariennes, détenues dans le centre de rétention de l’île. J’ai beaucoup appris à les écouter. En écrivant le roman, j’ai essayé de retranscrire leur voix, la retenue qui caractérise leur propos, sans édulcorer pour autant ce qu’elles ont pu vivre durant le trajet qui les a amenées jusqu’en Europe.

    Loop : Ce prix n’a jamais été, jusqu’ici, remis à un écrivain haïtien. Et vous êtes le premier à avoir été honoré par l’édition 2019. Qu’est-ce que cela signifie pour vous, en tant que récipiendaire, et pour le milieu littéraire haïtien en général ?

    L.P.D. : J’espère que d’autres collègues haïtiens pourront l’obtenir. Je ne pense pas ma vie en termes de premier ou de dernier. C’est peut-être difficile à imaginer, vu de l’extérieur. Mais être le premier, ou le seul, n’a jamais été un objectif pour moi. Chacun trace son chemin à son rythme, de manière à y trouver son compte. Et quand on y arrive, on est forcément heureux. C’est mon cas.

    Difficile de savoir ce que ce Prix de la langue française peut représenter pour le milieu littéraire haïtien. C’est à vous, journalistes, de faire votre enquête là-dessus. En revanche, s’il peut inciter les plus jeunes à concevoir l’écriture comme une passion certes, mais faite de ténacité, un travail de longue haleine, ce prix aura été utile à d’autres qu’à moi. Et c’est tant mieux.

    Loop : Trois femmes (venues de Syrie, de Nigéria et de l’Erythrée) ont été campées comme personnages centraux dans votre roman. Pourquoi avez-vous choisi de donner la parole à des femmes ? Que charrie cette perspective narrative ?

    L.P.D. : A rappeler tout simplement le rôle essentiel de la femme dans ces pays, dans le monde. On a parfois tendance à l’oublier. On en sait quelque chose en Haïti : la femme est le véritable poteau mitan de la charpente sociétale. Or, elle ne cesse de subir des violences de toutes sortes, de manière encore plus évidente ces derniers temps chez nous, où les gangs violent en toute impunité. Ces violences peuvent amener les femmes à vouloir quitter leur pays d’origine. Le roman met en scène des femmes déterminées, courageuses, mais aussi pleines de vie. Quand les femmes commencent à s’en aller, en emmenant avec elles des enfants en bas âge, c’est signe que la société dans laquelle elles vivent se délite.

    Loop : Que nous enseigne ce regard neuf porté, à travers votre ouvrage, sur la réalité de la migration de manière globale ?

    L.P.D. : Avant, les gens fuyaient la guerre, la dictature, la pauvreté. Aujourd’hui, on assiste de plus en plus à ce qu’on peut nommer une migration climatique. C’est le cas de la Nigériane Chochana dans Mur Méditerranée. Dans mon enfance, il n’y avait pas autant de cyclones aussi violents. Les plus destructeurs, Hazel, Inez, puis David, Hugo… servaient de marqueurs dans le temps. Aujourd’hui, il y en a tellement tous les ans qu’on ne se rappelle même plus leurs noms. C’est un des phénomènes, le dérèglement climatique, sur lequel le roman tente, en toute modestie, d’attirer l’attention.

    Loop : Vous êtes à votre neuvième roman dans votre carrière littéraire auréolé de nombreux prix et de distinctions importantes. Vous êtes aussi l’auteur de poèmes publiés en français comme en créole. Ou puisez-vous encore de l’énergie pour écrire ? Qu’est-ce qui explique que votre souffle n’est jamais coupé tant d’années après ?

    L.P.D. : Le neuvième en français. Il y en a aussi un en créole, trois recueils de nouvelles, des recueils de poèmes et deux essais. L’énergie, je la puise auprès des femmes qui m’ont éduqué, même si elles ne sont plus de ce monde. Elles ont été longtemps un modèle pour moi, un modèle de courage, de détermination, mais aussi de générosité et de tolérance. Ce roman, Mur Méditerranée, est une façon de leur rendre hommage. De prolonger leur vision du monde.

  • Most Haitians demand resignation of President Jovenel Moïse

    Most Haitians demand resignation of President Jovenel Moïse

    Port-au-Prince, Oct 23 (Prensa Latina) Hundreds of Haitians once again took to the streets of the capital of Haiti to demand the resignation of President Jovenel Moïse, in the sixth consecutive week of anti-government protests.
    In several areas of Port-au-Prince, protesters sang songs against the government and criticized that after a month the president insists on maintaining his position, despite his unpopularity.
    “The political crisis keeps schools closed,” Sony Paul told Prensa Latina as he marched through the Petion Ville neighborhood.
    He added that the country cannot continue like this because in addition to the children, businesses are closed and people begin to lose their jobs.
    Since mid-September, Haitians have taken the streets of the country almost daily, calling for a system change that allows 80 percent of the population to be taken out of poverty.
    The demonstrations that have been radicalized in the country demand a redistribution of national resources, as well as greater access to employment, education, health and other services.
    “For us there is no hope for a better future, because we are getting worse,” Jean Jacques lamented.
    Despite the intense mobilization, which keeps the country paralyzed, the head of state avoids speaking of resignation.
    ‘I am attached to the reforms. I refer, for example, to constitutional reform. I am referring to the reform of the energy sector, to the digitization of public administration, ‘Moïse told Radio Francia Internacional.
    According to the head of state, the deep crisis in Haiti must become an opportunity, however, the country needs stability.

    Source: zolfm

  • Haïti: Agénor Cadet plaide pour la reprise des activités scolaires

    Haïti: Agénor Cadet plaide pour la reprise des activités scolaires

    Le titulaire du ministère de l’éducation nationale, Pierre Josué Agénor Cadet, dans une intervention via compte officiel du ministère le 19 octobre, sollicite ‘’la compréhension des acteurs’’ afin de faciliter la réouverture des classes au profit des écoliers et du pays.

    38 jours de classes sont déjà perdus dans le calendrier scolaire prévu par le ministère de l’Education nationale et de la formation professionnelle (MENFP) pour l’année académique 2019-2020. Depuis les 6 semaines de “Pays lock”, la réouverture des classes constitue l’une des préoccupations majeures de la crise que traverse le pays.

    Dans une déclaration faite à travers une note vocale d’une durée de d’une minutes 36 secondes, le ministre démissionnaire de l’Education nationale, Pierre Josué Agénor Cadet, presse les différents acteurs du système éducatif à reprendre les activités académiques en dépit de la situation critique que traverse le pays.

    Lire : Enseignants, élèves et parents marchent dans plusieurs villes d’Haïti

    Le ministre qui informe que certaines écoles fonctionnent dans plusieurs villes de provinces, sans pour autant préciser ces régions, déplore le fait que des acteurs politiques enclavent l’avenir des écoliers dans le cadre de leur mouvement de protestation. Alors que selon le numéro 1 du MENFP « plusieurs voies se sont déjà élevées afin d’exiger la réouverture des classes ».

    Monsieur Cadet qui dit considérer les filles et les fils des familles moins aisées comme les véritables perdants de la crise, souligne que des enfants des familles fortunées ont déjà laissé le pays pour s’offrir le pain de l’éducation dans des pays étrangers. En ce sens, le MENFP dit solliciter le sens de responsabilité des acteurs afin de faciliter le retour des enfants dans les salles de classe.

    Croyant fermement qui sa voix sera entendue, monsieur Cadet, qui est parallèlement le ministre a.i. de l’intérieur, précise que des dispositions visant à rétablir les conditions sécuritaires sur tout le territoire ont été prises par le gouvernement. Le Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN) a adopté des mesures afin de faciliter le retour des écoliers dans les salles de classes.

    Cependant, le lundi 21 octobre, date à laquelle ministre a souhaité la reprise des activités scolaires, des centaines d’écoliers, professeurs, directeurs d’écoles et parents d’élèves ont marché à travers les rues de Port-au-Prince, Jérémie, Saint-Marc et aux Cayes à l’instar d’autres secteurs de la vie nationale, afin de de réclamer le départ du président Jovenel Moïse qu’ils accusent d’être l’élément de blocage de la réouverture des classes.

    Signalons que dans la foulée, les écoles congréganistes ont annoncé que leurs portes resteront fermées jusqu’à un dénouement de la crise actuelle.

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