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  • Cayes: un garçon de six ans blessé par balle, un policier indexé

    Cayes: un garçon de six ans blessé par balle, un policier indexé

    Mervens Elisma est le nom de ce petit garçon de 6 ans qui a été blessé par un projectile en début de semaine de cette semaine, dans la ville des Cayes.

    Le drame s’est produit dans la ville des Cayes, à l’angle des rues Oxilus Fougère et et Anderson Douyon.

    La victime se trouvait sur la galerie de sa maison lorsqu’elle a été atteinte au ventre par le projectile. Elle a été en urgence transportée à l’hôpital où elle a subi une intervention chirurgicale. Cette dernière a été une réussite.

    Selon les riverains, la balle ayant touché le jeune Elisma proviendrait de l’arme d’un policier. Ce dernier aurait tiré après avoir entendu un bruit au moment des tensions ayant débuté depuis lundi 16 septembre.

    Crédit: Loop HAITI

  • Manifestation du 20 septembre: la personne tuée au Carrefour Tifou était un employé de la Délégation Départementale de l’Ouest

    Manifestation du 20 septembre: la personne tuée au Carrefour Tifou était un employé de la Délégation Départementale de l’Ouest

    Né le 18 janvier 1980, Pierre Richard Rigueur est cet employé de la Délégation Départementale de l’Ouest tué au « Carrefour Tifou » peu après la manifestation organisée à la capitale haïtienne vendredi, à l’initiative de l’opposition politique, en vue d’exiger le départ du Président de la République, Jovenel Moïse.

    Selon le Parquet de Port-au-Prince, trois personnes ont été victimes par balles à Carrefour Tifou après qu’un individu à bord d’une RAV4 de couleur rouge, immatriculée BB 98 471 ait tiré sur un groupe de personnes massées au Carrefour Tifou, non loin d’une barricade de pneus enflammés érigée par des protestataires.

    Le chauffeur du véhicule s’est retiré à vive allure après avoir commis ce crime regrettable ayant fait également deux autres blessés graves.

    Après constat légal du juge de paix James Saint-Jean affecté au tribunal Section Sud, le corps de Pierre Richard Rigueur a été transporté à la morgue Sacré-Cœur de Fatima avec le consentement des membres de sa famille.

    Pierre Richard Rigeur, 39 ans, a été affecté à la DDO comme assistant de sécurité. Il était l’un des chefs de fil d’un groupe de 150 employés et contractuels engagés dans une bataille depuis plus de 2 mois pour réclamer 15 mois d’arriérés de salaire.

  • Nouveau changement au sein du commandement de la Police Nationale d’Haïti

    Nouveau changement au sein du commandement de la Police Nationale d’Haïti

    Le commissaire divisionnaire, Jacques Joël Orival est le nouveau directeur départemental de la police nationale d’Haïti du Sud. Il remplace à ce poste, ce samedi 21 septembre, le commissaire divisionnaire, Pierre René François qui lui-même est transféré à Port-au-Prince à la tête de la Brigade d’Intervention Motorisée (BIM).

    La cérémonie d’installation a été présidée par l’inspecteur général de la PNH, Sébastien Jean-Charles. Elle s’est déroulée vers 11 heures ce samedi matin en présence des cadres de la police du Sud et des membres de l’appareil judiciaire de la métropole du Sud.

    Dans son intervention de circonstance, le nouveau chef de la police dans le Sud, Jacques Joël Orival a promis de faire du département du Sud une référence en matière de sécurité et de discipline. Il a affirmé qu’avec ses hommes il va traquer les criminels et les livrer aux autorités judiciaires en vue d’instaurer un climat sécuritaire dans le département du Sud notamment aux Cayes. Il a profité pour remercier le directeur génénal a.i de la PNH, Normil Rameau qui a placé sa confiance en lui pour proteger des vies et des biens dans le Sud.

    Avant son transfert à la DDS de la PNH, le Commissaire divisionnaire, Jacques Joël Orival était jusqu’à date, à la tête de la Brigade d’Intervention Motorisée (BIM).

  • Roody Roodboy – AN KACHET [OFFICIAL VIDEO]

    Roody Roodboy – AN KACHET [OFFICIAL VIDEO]

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  • Digicel et Natcom interdits d’entrer à Belvil

    Digicel et Natcom interdits d’entrer à Belvil

    Les antennes-relais des compagnies de téléphone sont depuis longtemps sujets à controverse, même dans le milieu scientifique. En Haiti, le quartier de Belvil refuse que des antennes soient implantées dans la zone. Les habitants croient qu’elles sont cancérigènes

    Il est impossible de ne pas remarquer au moins une antenne-relai sur sa route, quel que soit l’endroit où l’on se trouve dans le pays. Elles sont utilisées tant par les compagnies de téléphone que par les stations de radio ou de télé.

    Mais sur la route de Frères, non loin de Pétion-Ville, les habitants d’un petit village font de la résistance. Ils ont décidé de bannir les antennes-relais de leur environnement. A Belvil, quartier huppé de Port-au-Prince, les compagnies de téléphonie mobile Digicel et Natcom ont la vie dure.

    Antenne de téléphonie mobile. Photo: Ayibopost / Frantz Cinéus

    Selon Yvon Jean-Pierre, président du comité de gestion de Belvil, il s’agit avant tout d’une question de santé. « Les gens ont une peur bleue des antennes, dit-il. Ils croient qu’elles causent le cancer et toutes sortes de maladies, alors ils n’en veulent pas. 95% des habitants de Belvil refusent toute antenne dans les parages. Nous avons plusieurs fois été approchés par la Digicel. Mais nous pensons qu’il serait mieux qu’ils installent leurs antennes à Bellevue, en dehors de Belvil.»

    Le comité de Belvil, au nom des habitants, a récemment intenté un procès à la Natcom, qui avait réussi à installer une antenne dans la zone. « Le procès est encore en cours, informe Yvon Jean-Pierre. Les tribunaux étaient fermés récemment, donc il reprendra probablement en octobre. Nous voulons qu’ils l’enlèvent.»

    Gérard Laborde est le directeur des affaires légales et de la régulation à Digicel. Il est en charge, entre autres, de toutes les questions liées aux antennes-relais au sein de cette entreprise.

    Lire aussi : Voilà pourquoi vous êtes accro à votre smartphone

    Le directeur confirme le ressentiment des gens de Belvil qui ne veulent pas que la Digicel installe une antenne. Il comprend leur hostilité mais ne croit pas que leur démarche soit la correcte. « Ils veulent une bonne réception, mais ils ne veulent pas d’antennes, explique-t-il. Ils ont le droit de dire non, mais ils devraient nous donner d’autres solutions. Ils pourraient par exemple identifier un site dans la zone que les opérateurs pourraient louer. »

    D’après Gérard Laborde, les habitants de Belvil ne veulent pas de la nuisance visuelle que peut représenter une antenne. Mais il y a divers moyens, selon lui, pour la rendre presque invisible en faisant en sorte qu’elle se fonde avec le décor.

    Comment fonctionne une antenne-relai ?

    Une antenne-relai est une petite boite rectangulaire, en général placée sur une structure en fer. Les antennes-relais émettent des signaux de radiofréquence (RF).

    Tout dépend de la technologie, elles utilisent des fréquences spéciales. La 2G, la 3G ou la 4G ont des fréquences différentes, qui augmentent à chaque nouvelle technologie. Lorsque les fréquences sont élevées, les puissances sont plus petites.

    Il faut donc multiplier les antennes. Pour une bonne couverture en 4G par exemple, il faut un nombre supérieur d’antennes. En zone urbaine, selon Gérard Laborde, il y a plus d’antennes dans moins d’espace, pour éviter la congestion.

    Lorsqu’on place un appel, qu’on envoie un SMS, qu’on utilise internet, le téléphone cellulaire émet des signaux également. Et même lorsqu’il n’est pas en cours d’utilisation, l’appareil cherche constamment à se connecter à l’antenne la plus proche. C’est un va-et-vient constant.

    Antenne de téléphonie mobile. Photo: Ayibopost / Frantz Cinéus

    Selon Gérard Laborde, il faut toujours un équilibre entre le signal du téléphone et celui de l’antenne. Plus le signal de l’antenne est éloigné du téléphone, plus le téléphone devra augmenter sa puissance pour se connecter. Il émettra donc plus de radiations. C’est une opération automatique qui a des répercussions considérables sur l’autonomie de la batterie du cellulaire.

    Comme les habitants de Belvil n’ont pas une bonne réception cellulaire, leurs téléphones dépensent plus d’énergie et émettent à une plus grande puissance. Théoriquement, en refusant les antennes à l’intérieur de leur communauté, ils subissent les mêmes effets qu’ils veulent éviter.

    Et que dit la science ?
    Selon certaines études, les ondes des cellulaires et des antennes-relais ont un impact sur la santé des populations. Une étude polonaise, réalisée en 2004, a conclu que la proximité des antennes modifiait sensiblement le comportement physiologique des gens. Manque de sommeil, dépression, nausées, perte d’appétit et maux de tête, ce sont autant de malaises qui les tracassaient. En Égypte, en 2005, une autre étude avait présenté des résultats similaires.

    En vrai, il existe des centaines de recherches qui présentent les mêmes conclusions. Certaines vont plus loin encore. Le 1er novembre 2018, le National Institute of Environmental Health Sciences, a publié le rapport d’une étude conduite pendant 10 ans sur des rats. Le résultat est sans appel : les rats, exposés à de très hauts niveaux de signaux RF utilisés dans la 2G et la 3G, ont développé des tumeurs cancéreuses au cœur.

    Si ces résultats sont alarmants, d’autres études montrent au contraire que rien n’est certain. La American Cancer Society affirme que « [les signaux de radiofréquence] n’endommagent pas l’ADN des cellules du corps humain. A de très hauts niveaux, ces signaux peuvent produire de la chaleur, mais la quantité d’énergie utilisée par les antennes et les téléphones est beaucoup plus faible. »

    Lire aussi : Digicel affirme ne pas pouvoir écouter les appels de ses clients

    Gérard Laborde affirme lui aussi que les émissions des antennes-relais sont trop faibles pour causer des dommages. « Les gens se soucient des antennes de téléphone, dit-il, mais ils oublient celles des stations de radio et de télévision. Celles-là émettent à des puissances bien plus fortes. Il suffit de lever la tête vers Boutilliers pour se rendre compte comment elles sont nombreuses».

    Les fours à micro-ondes (microwaves) sont aussi connus pour émettre plus de signaux que les téléphones portables ou les antennes. C’est grâce à cette énorme quantité d’émission qu’ils peuvent produire assez de chaleur pour chauffer les aliments.

    Antenne de téléphonie mobile. Photo: Ayibopost / Frantz Cinéus

    Il existe des régulations
    Il existe des limitations quant à la quantité de puissance que peut produire une antenne. La Federal Communications Commission (FCC) aux Etats-Unis, ou encore les organismes de régulation d’autres pays comme le Canada, ou encore de l’Union européenne, préconisent des seuils d’émission très bas. Le Conatel, l’organisme de régulation en Haïti, prévoit comment une antenne peut être installée.

    Il est techniquement possible que les compagnies augmentent légèrement la puissance des signaux venant des antennes.

    Mais la Digicel ne le fait pas selon, Gérard Laborde. « Nous n’avons pas intérêt à installer une antenne qui soit trop puissante, dit-il. Si on a plusieurs sites, ils ne doivent pas interférer les uns avec les autres. Il y a une limitation par rapport aux appareils que nous utilisons. Ils sont déjà calibrés par le fabricant et on ne peut pas augmenter leur puissance. Il y a aussi des limitations par rapport aux téléphones, qui ont des fréquences à respecter. »

    Source: Ayibopost

  • Accident sur la route de Bourdon, 8 victimes…

    Accident sur la route de Bourdon, 8 victimes…


    Garnel Michel Coordonnateur de l’organisation haïtienne Services Techniques et Opérationnels pour Pallier aux Accidents (STOP-Accidents), nous informe que jeudi sur la route de Bourdon, un accident a fait 8 blessés dont 2 très grièvement, qui ont été transportés d’urgence à l’hôpital.
    Les victimes se trouvaient dans une camionnette de transport en commun qui assurait le trajet Pétion-Ville/ Centre-Ville, lorsque le chauffeur a pour une raison indéterminée perdu le contrôle de son véhicule finissant sa route en percutant violemment un poteau électrique.
    Par ailleurs Garnel Michel nous informe que deux autres accidents de la route recensés mercredi à Clercine et à Saint-Marc ont fait 3 morts.

  • 4 policiers en isolement un 5e en cavale

    4 policiers en isolement un 5e en cavale


    Suite à la mort par balle de Vladimir Phédé, un jeune homme dans la trentaine le lundi 16 septembre 2019 à Diquini dans la commune de Carrefour , l’Inspection Générale de la Police Nationale d’Haïti (IGPNH) annonce avoir mis en isolement 4 des 5 policiers sous enquête, soupçonnés d’implication dans la mort de Vladimir Phédé
    Les armes des policiers ont été confisquées pour analyse balistique, le 5e policer qui ne s’est pas présenté et est activement recherché…
    Rappelons que Vladimir Phédé se trouvait a proximité d’une barricade de pneus enflammés lorsqu’il aurait été pris pour cible par des policiers qui pensaient que c’était l’un des manifestants qui dressaient des barricades sur la route, selon des témoignages rapportés.
    En fait, il semble d’après les premiers éléments d’informations, que la victime n‘était pas un manifestant mais un jeune père de famille innocent, qui tentaient seulement d’aller chercher sa fille à l’école craignant pour sa sécurité, en raison des violentes manifestations contre la rareté de carburants.

  • Mise au point du PHTKz

    Mise au point du PHTKz


    Dans une note, le « Parti Haïtien Tet Kale » (PHTK), rappelle qu’à l’instar d’autres partis politiques en activité, il partage les principes et les valeurs démocratique de la Constitution de 1987.
    Le PHTK rappelle qu’au terme des dernières élections législatives de 2015, 2016 et 2017, aucun parti politique ne dispose de majorité absolue au Parlement, soulignant qu’en conséquence « il revient à l’Exécutif de dégager une majorité politique [coalition] dans les deux Chambres pour supporter l’action du Gouvernement […] » Il en a résulté que les partis les plus représentés au Parlement dont le PHTK, n’ont jamais pu exercer un contrôle politique sur les Chambres et accessoirement sur leurs parlementaires « noyés » dans des « blocs parlementaires circonstanciels ».
    Par ailleurs, le Parti se dit « interpellé par le constat d’une double incapacité » :
    « L’incapacité à mettre en place, après prés de 6 mois, un Gouvernement légitime, à même de respecter nos engagements internationaux et de combler les attentes de la population sur les plans politique, économique et social ;
    L’incapacité à respecter les échéances constitutionnelles liées au déclenchement de la procédure de révision de la Charte Fondamentale, au renouvellement dans les délais du personnel politique à travers des élections crédibles et à l’investiture de la 51′ législature le 2″ lundi de janvier 2020. »
    Fort de ce constat, le PHTK « exhorte l’ensemble des acteurs politiques à créer les conditions, pour que par le dialogue, le consensus et la concertation, les filles et les fils d’Haïti s’accordent pour conjurer durablement les maux endémiques et chroniques qui rongent notre société. »

  • Ruée des consommateurs sur les stations services…

    Ruée des consommateurs sur les stations services…


    Avec l’arrivage mardi d’un pétrolier au terminal de Thor avec à son bord 146,000 barils de gazoline et mercredi d’un second avec 155,000 barils de diesel , certaines stations services de la région métropolitaine, réapprovisionnées jeudi, ont recommencer à vendre du carburant, assailli par une ruée de consommateurs avides de faire le plein (ou des réserves illégales)…
    Toutes les stations n’étant pas encore approvisionnées, le risque de rupture de stock est rapidement à craindre dans certaines stations, ainsi que la colère des consommateurs.
    L’approvisionnement s’avère difficile et lent, les taxis-motos n’hésitant pas à poursuivre les camions citernes pour être sûr d’obtenir du précieux carburant et certaines routes d’accès demeure impraticables ou dangereuses pour les camions citernes en raison de feux sur la chaussée…
    Conséquence, malgré l’arrivée de carburant au pays, la majorité des stations services demeurent toujours fermées, même si la situation s’améliore…
    De plus, l’annonce de l’augmentation du prix du diesel a une date « opportune… » et malgré la précision d’Eddy Jackson Alexis Secrétaire d’État à la Communication que cette éventuel ajustement du prix du diesel ne concerne par l’arrivage annoncé , accroit la pression sur le consommateur qui a une confiance très limité dans les déclarations du Gouvernement.
    Notons que la quantité de carburant arrivée devrait permettre de maintenir l’approvisionnement aux pompes jusqu’à fin octobre (la consommation mensuelle normale étant d’environ de 2 millions de gallons) en autant que les consommateurs craintifs et malgré l’interdiction ne fasse pas des réserves…

  • Pourquoi le dossier DERMALOG est un vaste scandale ?

    Pourquoi le dossier DERMALOG est un vaste scandale ?

    L’État haïtien a signé un contrat avec la firme allemande Dermalog, spécialisée dans la fabrication de dispositifs biométrique afin de fournir des cartes d’identification aux citoyens haïtiens. Cependant, des organisations de la société civile dénoncent la corruption qui entacherait l’accord

    Trois mois après son investiture, le président haïtien Jovenel Moïse, a adopté en conseil des ministres un projet de loi instituant la carte d’identification nationale unique et portant sur la protection des données personnelles. C’était le 19 avril 2017.

    La justification de l’initiative se trouve sur le site du secrétariat général du conseil des ministres. Il est écrit que « dans l’état actuel des choses, l’État haïtien est incapable de fournir des pièces d’identité à tous ses citoyens. Il ne dispose pas d’un système d’identification nationale sécurisé.» De ce fait, l’État haïtien a décidé d’introduire le projet de loi.

    Les différents changements 

    Avec ce projet de loi, la carte Carte d’identification nationale unique (CINU) remplace la Carte d’identification nationale (CIN). Et un Numéro d’Identification unique (NUNI) remplace aussi le Numéro d’Identification nationale (NIN). La CIN se renouvelait chaque 10 ans. La CINU, de son côté, se renouvellera chaque 15 ans.

    La CINU comporte le nom de son détenteur, le nom de l’épouse de la femme mariée, le (s) prénom (s), la date de naissance, le sexe, le statut matrimonial, le NINU, la photographie numérique, les armoiries de la République d’Haïti en filigrane et une puce intelligente.

    Cette puce intelligente recueille de son côté, l’empreinte digitale du détenteur de la carte, l’empreinte de l’iris (yeux), les données biographiques et la signature du citoyen.

    Un projet de loi non validé par le parlement 

    Constitutionnellement, seul le parlement dispose du pouvoir de discuter et de voter des lois. Cependant, le projet de loi DERMALOG n’a pas été voté par les parlementaires.

    Le sénateur Youri Latortue confirme qu’il n’y a aucun texte de loi sur le changement de la CIN. « C’est réellement la plus complète illégalité », déclare-t-il, tout en précisant qu’aucune provision légale ne permet ce tel remplacement.

    Deux avis défavorables de la CSCCA

    La cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA) a été sollicitée pour donner son avis sur un contrat entre l’État haïtien et l’entreprise Dermalog. Cependant, le tribunal qui juge des litiges d’ordre financier et administratif a émis « deux avis défavorables » à la signature de ce contrat.

    Le premier avis est émis le 16 février 2018. Et, le second le 11 avril 2018.

    Pour justifier le choix du gouvernement de passer outre la position de la cour, le ministre de la Justice d’alors Heidi Fortuné, a précisé que l’avis de la CSCCA a été recueilli, comme le veut la loi. Mais l’approbation de ladite Cour dans ce cas précis n’est pas nécessaire.

    Dans les recommandations de la Cour des comptes, rapporte l’ancien ministre, il est demandé la reprise de la procédure de passation de marchés avec la participation d’autres entreprises.

    Le contrat Dermalog est signé

    Après le refus de la CSCCA, l’État a décidé de classer le contrat DERMALOG comme relevant de la « sécurité publique », ce qui rend l’avis favorable de la cour non nécessaire pour l’exécution du contrat en vertu de l’arrêté du 4 septembre 2017 fixant les règles de procédures de passation de certains marchés.

    Le gouvernement Moïse/Lafontant a adopté en conseil des ministres une résolution donnant autorité au directeur de l’Office National d’identification (ONI) d’alors Jude Jacques Élibert de mettre en œuvre le contrat.

    Lire aussi: Tout sa w dwe konnen sou nouvo kat idantifikasyon nasyonal la

    Le contrat a été signé. D’une part, l’État haïtien est représenté par le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Heidi Fortune et le directeur général de l’ONI, Jude Jacques Élibert. Et d’autre part, Jean François Kipp, directeur des ventes Afrique, a représenté DERMALOG.

    Ce contrat, visé par le Premier ministre d’alors, Jacques Guy Lafontant, est établi pour une durée de sept ans. Malgré son classement dans la rubrique sécurité nationale, il y est écrit que l’accord sera effectif «à compter de la date d’entrée en vigueur, coïncidant avec celle de la signature du contrat par la Cour Supérieure des Comptes et du contentieux administratif (CSCCA)».

    Le contrat s’élève à 27 700 000 dollars américains. L’État haïtien doit verser une première somme de 30% dès réception de la notification d’approbation du contrat par la CSCCA (confusion puisque l’avis de la CSCCA n’est plus obligatoire). Une deuxième tranche de 50% au fur et à mesure que le système est mis en place et fonctionne. Une troisième de 20% après la mise en service définitive du système.

    Le premier versement 

    L’administration Moïse/Lafontant a transféré 8,2 millions de dollars américains à la firme allemande Dermalog le 13 juillet 2018. Le président du conseil d’administration de la BNC, Fernand Robert Pardo en a donné confirmation, dans une correspondance datée du 6 août 2018, adressée au président du Sénat d’alors, Joseph Lambert. Ce montant représente 30 % du montant total de 27,7 millions de dollars.

    Personne ne sait d’où provient exactement le montant. La copie de la résolution prise en Conseil des ministres le 30 avril 2018 autorisant le transfert des 8,2 millions de dollars américains à Dermalog n’est pas publique.

    Le second versement, entaché d’irrégularités

    Plus tard, le sénateur Youri Latortue a informé qu’un autre transfert de 2 000 000 dollars américains a été réalisé au profit de la Dermalog, sans que ce montant n’ait été prévu dans le contrat.

    Selon l’élu de l’Artibonite, ce transfert d’argent n’a pas été effectué directement d’une banque d’Haïti à l’Allemagne. De préférence, ce fonds transféré via une banque intermédiaire de New York aurait transité par une autre banque en Afrique du Sud. La Banque Nationale de crédit (BNC), de son côté, a confirmé le transfert, mais non sa traçabilité.

    «Le versement de ce montant n’est prévu nulle part dans le contrat de Dermalog. Est-ce que c’est normal ?» se demande le responsable du Réseau de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance.

    La première dame citée dans l’affaire Dermalog

    Dans les premières conclusions du rapport préliminaire concernant l’affaire Dermalog, la commission éthique et anticorruption du Sénat a souligné, entre autres, qu’il y a détournement de fonds et plusieurs erreurs graves dans le contrat signé entre l’Etat et la firme Dermalog.

    La première dame teste la technologie DERMALOG lors d’une tournée en Europe. Photo : Youtube / Martine Moïse

    Questionné par la commission le 7 décembre 2018, le directeur de l’ONI eut à déclarer que Martine Moïse, l’épouse du président Jovenel Moïse, était présente avec lui à Cannes. Selon lui, c’est la première dame qui a fait choix de la firme Dermalog.

    Dans une note, le 11 décembre 2018, le bureau de communication de la première dame de la République dément les informations selon lesquelles Madame Martine Moïse aurait été dans une délégation avec le directeur général de l’ONI Jude Jacques Elibert.

    Pourtant, une vidéo disponible sur la chaîne YouTube de la première Dame prouve techniquement qu’il était dans la délégation. La Première Dame a visité plusieurs institutions en France en compagnie du Directeur Général de l’ONI contrairement au communiqué du bureau de la communication. On la voit même essayer la technologie de DERMALOG.

    Politiciens et organisations de la société civile protestent

    Comme déjà mentionné, le contrat liant l’État haïtien et la firme Dermalog a été signé, malgré deux avis défavorables de la CSCCA.

    Trois organisations dénoncent des cas de corruption : le Conseil national des acteurs non étatiques (CONHANE), le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), la Commission épiscopale nationale Justice et Paix (CE-JILAP) et le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme ( CARDH).

    Selon ces structures, le contrat constitue une violation flagrante de la constitution. L’article 200 alinéa 4 dispose : «La cour supérieure des comptes et du contentieux administratif est consultée sur toutes les questions relatives à la législation sur les finances publiques et sur tous les projets de contrats, accords et conventions à caractère financier et commercial auxquels l’État est parti».

    De plus, selon ces organisations, le contrat viole le décret du 4 mai 2016 portant sur la préparation et l’exécution des lois de finances. L’article 85 de ce décret mentionne que : «Tous les projets de contrats, accords et conventions à caractère financier ou commercial où l’État est parti doivent faire l’objet d’une consultation de la CSCCA avant leur signature par les parties».

    RNDDH, CARDH et CONHANE ont précisé dans un rapport rendu public en aout 2019 que ce contrat n’aurait pas dû démarrer en raison du fait que la CSCCA, sollicitée, avait donné, à deux reprises, un avis défavorable. « Les suspicions deviennent alors légitimes puisque l’État haïtien a donné l’impression d’avoir à tout prix voulu donner suite à ce contrat», dénonce le directeur du RNDDH.

    Pas d’informations fournies aux citoyens

    Depuis le début de ce dossier, aucune note officielle émanant des autorités étatiques ne vient informer le peuple haïtien. Les autorités n’ont fourni aucune information pour justifier le changement de la base de données et le changement des numéros d’identification, qui passe de dix-sept (17) à dix (10).

    Cependant, l’article 40 de la Constitution précise : « Obligation est faite à l’État de donner publicité par voie de presse parlée, écrite et télévisée, en langues créole et française aux lois, arrêtés, décrets, accords internationaux, traités, conventions, à tout ce qui touche la vie nationale, exception faite pour les informations relevant de la sécurité nationale. »

    Deux cartes d’identification sur un seul territoire

    Les Haïtiens fonctionnent toujours avec l’ancienne carte de l’ONI. Cependant, dans un communiqué publié le 17 septembre 2019, le ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP) invite tous les citoyens à se munir de la nouvelle carte d’identification émise par la firme allemande Dermalog. Il est précisé que la nouvelle carte d’identification nationale sécurisée, émise par l’ONI, remplace la précédente. Elle sera reconnue et acceptée par toutes les institutions publiques et privées du pays sur simple présentation.

    Un délai expirant le 31 décembre est accordé aux citoyens ayant l’âge requis pour se procurer leur nouvelle carte d’identification nationale au bureau de l’ONI le plus proche.

    Et si le contrat concernait la sécurité publique ?

    Le lundi 4 septembre 2017, un arrêté fixant les règles de procédures de passation de certains marchés de travaux de fournitures, de prestations intellectuelles et de services dans les domaines de défense ou de sécurité nationale a été publié dans le journal le moniteur.

    Selon cet arrêté, la CSCCA devrait donner seulement une consultation sur les contrats de ces types passés entre l’Etat haïtien et une autre personne. S’il était avéré que le contrat DERMALOG concerne les domaines de défense ou de sécurité nationale, il s’agirait d’un exercice légal puisque la CSCCA ne peut que prodiguer des recommandations.

    Cependant, le contrat Dermalog mentionne que : « La date d’entrée vigueur est la date à laquelle l’État haïtien aura notifié à Dermalog que la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif a approuvé le présent contrat». Il n’y a pas eu approbation.

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