Tuesday, October 27, 2020
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Audition au Congrès américain sur la crise haïtienne…

By admin , in ACTUALITÉS , at December 11, 2019

L’audition de la commission Affaires étrangères du Congrès sur la crise en Haïti et le rôle de l’administration Trump a été rythmée par des petits portraits au vitriol et des réquisitoires cinglants. Le président Jovenel Moïse en a pris pour son grade. Le responsable du RNDDH, Pierre Espérance, a soutenu que « depuis 2018, des autorités de l’exécutif ont utilisé des gangs armés pour réprimer leurs opposants ». « Il y a eu au moins cinq massacres. Le plus important est celui perpétré à La Saline où 71 personnes ont été tuées…

Au total, 127 personnes ont été tuées  dans ces massacres », a affirmé le militant des droits humains. De juillet 2018 à décembre 2019,  187 personnes ont été tuées, dont 42 de balles à la tête dans le cadre de la violence et de la répression contre des manifestants, a soutenu Pierre Esperance qui a fait savoir que 44 policiers ont été tués de janvier à aujourd’hui.

Il a indiqué que la justice est politisée, instrumentalisée pour persécuter des membres de l’opposition. Cette justice, note aussi Pierre Espérance, ne donne pas de suite aux dossiers impliquant des officiels de cette administration, citant en exemple le dossier PetroCaribe et le massacre de La Saline. 74 % des personnes incarcérées ne sont pas encore jugées. Les prisons du pays, qui ont une capacité d’accueil de 3000 détenus, en comptent plus de 11 000, a peint le militant des droits humains, qui a taclé le président Jovenel Moïse à cause de son incapacité à organiser les élections prévues à la fin de cette année. La loi électorale n’a pas été votée au Parlement en dépit du fait que le président y détient une majorité. Il n’y a pas de budget, a indiqué Pierre Espérance, qui a évoqué l’illégalité des nouvelles cartes d’identification. En janvier 2020, le président Moïse pourra diriger par décret. « Cette situation préoccupe beaucoup les Haïtiens parce que le président est impliqué dans la corruption. Il est impliqué dans des violations systématiques des droits humains et il supporte des gangs », a soutenu le responsable du RNDDH, Pierre Espérance.

Démocratie en crise…

Leonie Hermantin, une activiste basée à Miami qui entreprend de fréquents va et-vient à Port-au-Prince, a affirmé que les élections en Haïti n’ont pas attiré les personnes pétries par le civisme. « L’idée qu’avoir des élections est la preuve d’une démocratie en santé en Haïti n’est pas vraiment exacte », a-t-elle indiqué.

Nou Pap Dòmi prédit la poursuite des manifestations contre Jovenel Moïse…

L’économiste Emmanuela Douyon, petrochallenger, représentant de Nou Pap Dòmi, a balancé tout le mal qu’elle pense du chef de l’État et de sa gestion. « Nous, en tant que petrochallengers, nous n’accepterons pas que ce président nous représente parce que c’est honteux. Il est inculpé de corruption et nous pensons qu’il ne mérite  pas de rester au pouvoir et diriger par décret, tout seul, sans un Parlement et un gouvernement en janvier », a-t-elle répondu, interrogée par le congresman Espaillat sur son affirmation que le président Moïse ne pourra pas boucler son quinquennat.

Pour Emmanuela Douyon, des Haïtiens et des Haïtiennes continueront de battre le pavé. « Les manifestations vont se poursuivre. Les gens sont déjà insatisfaits de sa gestion et la crise économique s’est aggravée sous sa présidence. Il n’a posé aucune action pour améliorer la situation. Il a ruiné toutes les chances d’avoir un dialogue », a-t-elle poursuivi, soulignant, à l’encre forte, que les manifestations ne sont pas l’expression d’affrontements entre le pouvoir et l’opposition. Il y a un vrai besoin de changement de système, de reddition de comptes, a soutenu la représentante de Nou Pap Dòmi qui n’y est pas allée du dos de la cuillère non plus avec l’administration Trump qui supporte le président Jovenel Moïse. Les États-Unis, à côté des demandes de la population en faveur d’un changement systémique, ont appelé au dialogue depuis 2018 avec officiels dont la légitimité à conduire le dialogue national est amochée à cause de leurs implications dans des actes de corruption et de violations des droits humains.

Les États-Unis ont recommandé la formation d’un nouveau gouvernement, mais il est moralement difficile d’encourager les citoyens et les citoyennes  à travailler avec un président qui a été inculpé de corruption, a soutenu Emmanuela Douyon, qui a ajouté, que le président Moïse a déjà monté deux cabinets ministériels et qu’un nouveau remaniement ne permettra pas de résoudre la crise. Les États-Unis ont appelé à la tenue d’élections. Mais les citoyens et citoyennes d’Haïti considèrent qu’elles seront problématiques et maintiendront l’exclusion dans le contexte actuel, a continué Emmanuela Douyon, qui recommande aux USA de s’impliquer aux côtés de la jeunesse haïtienne, de la société civile en vue d’influencer le processus de changement dans le pays. « Les officiels corrompus ne peuvent pas combattre la corruption », a affirmé la représentante de Nou Pap Dòmi. « Mission accomplie. Le feed-back du public et du Congrès ne se fait pas d’illusions sur la situation dans le pays », a confié au journal Le Nouvelliste Emmanuela Douyon. « Il n’y a pas une crise provoquée par des affrontements entre le pouvoir et l’opposition. Il  y a une volonté exprimée contre la corruption, en faveur de la reddition de comptes, pour un changement profond du système. Il faut que quelque chose change en Haïti », a-t-elle conclu.

Apathie vis-à-vis d’Haïti…

Daniel Eriksen, ex-conseiller spécial pour l’Amérique latine et la Caraïbe sous la vice-présidence de Joe Biden, a souligné qu’Haïti vit une grave crise. Cela va s’aggraver en janvier 2020 avec la vacance du Parlement, a-t-il poursuivi, relevant une « apathie » de la communauté internationale vis-à-vis d’Haïti. Eriksen a appelé à mettre en place une stratégie, avec les pays du Core Group, pour aider Haïti à sortir de la crise. « Si les États-Unis ne prennent pas le leadership, personne ne se mettra debout pour nous remplacer. Je pense que le temps est propice pour trouver de nouvelles approches. Avec la perspective 2020… Haïti doit avoir un rôle plus centrale dans la politique étrangères des Etats-Unis », a-t-il appelé.  En ce qui a trait à l’absence d’officiels du Département d’Etat et de l’USAID à cette audition, la congreswoman Frederica Wilson (démocrate) a indiqué qu’ils devraient être là, ainsi que des partenaires internationaux. « Nous ne pouvons plus prétendre qu’Haïti n’existe pas et qu’Haïti n’est pas en crise. Haïti est en crise. Haïti est juste à quelques centaines de miles des côtes de la Floride », a-t-il souligné. La congresswoman Maxine Waters a sévèrement critiqué la politique des États-Unis vis-à-vis d’Haïti, arguant que le président Jovenel Moïse figure sur une liste d’anciens officiels et d’officiels en fonction impliqués dans le vol de l’argent de PetroCaribe au lieu de l’investir en faveur des pauvres après le tremblement de terre dévastateur de 2010. Les États-Unis supportent le gouvernement du Jovenel Moïse, a soutenu Maxine Waters (démocrate). « Notre position de support à ce président n’est pas la bonne position. C’est une position d’échec », a-t-il constaté.

À cette audition, le gouvernement haïtien n’avait pas de représentants.

Entre-temps, pour certains, démocrates et républicains vont se livrer une bataille au couteau lors de la présidentielle américaine de 2020. La victoire dans l’État de la Floride sera déterminante. Lors de la dernière campagne, le président Trump a fait des promesses qu’il n’a pas tenues. Le président américain n’a pas été «  le meilleur champion » des Haïtiens comme il l’a promis. Il a coupé le TPS, blessé beaucoup d’Haïtiens en qualifiant Haïti de « trou de merde ». L’aggravation  de la crise politique, économique et alimentaire en Haïti, susceptible d’augmenter encore plus le nombre de candidats à l’exode en République dominicaine et  aux États- Unis via des embarcations de fortune durant la période de soudure de 2020 (entre fin janvier et fin avril) pourrait avoir son lot d’embarras pour le président Trump, selon certains.  

Source Le Nouvelliste

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