Wednesday, October 28, 2020
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9 mars 1983 – Une des exigences du Vatican pour la visite de Jean-Paul II : le dictateur à vie doit « renoncer au privilège de nommer les évêques et archevêques haitiens » en vertu du concordat de 1860

By admin , in ACTUALITÉS , at March 11, 2020 Tags: , , ,

9 mars 1983 – Texte intégral d’un deuxième discours de Jean-Paul II dans lequel il appelle le dictateur à vie simplement « Monsieur le Président ». Toutefois en Haïti, le mot « Son Excellence » a perdu toute son essence depuis lors… mo sa-a pa gen pyès san’s ankò…se yon dal ti nèg ki vin’n fè kòb au nom du peuple.

Bon à savoir sur la visite du pape Jean-Paul II en Haïti, le 9 mars 1983. Le dictateur à vie, Jean-Claude Duvalier, en mal de bonne presse sur la scène internationale depuis l’arrivée du républicain Ronald Reagan à la Maison Blanche, a du se courber devant l’une des exigences principales de Vatican pour que l’avion du pape atterrisse – pendant quelques heures – à Port-au-Prince au retour du souverain pontife sur son chemin à Rome après une semaine d’absence.

Jean-Claude Duvalier a renoncé au droit de nommer les évêques et archevêques haitiens, condition sine qua non de la visite du 9 mars 1983 – sauf papa doc a pu mettre en application,cet accord après plus d’un siècle.

Comme tout chemin mène à Rome, Jean-Paul II, après avoir passé la journée du 8 au Honduras, il achève, le 9 mars, son voyage par Haïti qu’il atteint après une escale de deux heures à Belize. À Port-au-Prince, après avoir prononcé une homélie très critique à l’égard de la situation du pays, sous l’emprise de la famille Duvalier depuis vingt-cinq ans, il inaugure les travaux du Celam (Conseil épiscopal latino-américain) auxquels participent plus de soixante cardinaux et évêques du sous-continent.

Mardi 10 mars 2020 ((rezonodwes.com))–Alors que Jean-Paul II du 2 au 9 mars 1983, était déjà à son troisième voyage apostolique au Portugal, son second au Nicaragua, au Salvador et au Guatemala, ce qui devait être une simple formalité pour Haïti qui a noué des liens avec l’église catholique depuis 1860, était devenu un fait inédit le 9 mars 1983, avec la mobilisation de tout l’appareillage de l’Etat. Le pape était porteur d’un message car le glas avait sonné pour la fin du régime dictatorial avec le spectre du communisme n’étant plus une hantise pour Washington. Jean-Paul II n’est pas allé par quatre chemins :

« Il faut que quelque chose change ! »

CÉRÉMONIE DE BIENVENUE

DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II

Port-au-Prince (Haïti)
Mercredi, 9 mars 1983

Monsieur le Président,
Chers Frères dans l’épiscopat,
Chers Frères et Sœurs,

Je salue avec joie et émotion cette terre d’Haïti. Voilà bientôt cinq cents ans que la croix du Christ y a été plantée, qu’on y a célébré la première Eucharistie, récité le premier Ave Maria. Aujourd’hui enfin, le successeur de l’Apôtre Pierre vient à vous. Je sais avec quel empressement vous avez attendu et préparé ma venue. Je vous en remercie.

Je salue tout le peuple haïtien dont l’histoire s’est tissée peu à peu au milieu de conquêtes et d’épreuves qui ont forgé ses traits caractéristiques, particulièrement attachants. Je salue les dirigeants, ceux qui exercent les plus grandes responsabilités, et je leur sais gré de m’accueillir ainsi. Et je salue en même temps chaque citoyen haïtien, chaque famille haïtienne, surtout ceux qui souffrent. Je ne peux me rendre auprès de chacun, mais je veux que tous sachent qu’ils sont également présents à la pensée et au cœur du Pape.

Bonjour tout peuple Haïtien

Moin vini oué nou.

Moin poté la pé ak Ké Kontan Gran Mèt la pou nou.

(Bonjour à tout le peuple haïtien; je viens vous voir, et je vous apporte la paix et la joie du Seigneur).

Je salue avec une joie particulière l’Eglise catholique qui est en Haïti, ses évêques, ses prêtres, religieux, religieuses, ses laïcs: une Eglise jeune, une Eglise à la foi fervente, à la prière vibrante, une Eglise très liée au sort du peuple haïtien. Durant mon bref séjour, je ne pourrai pas aborder tous ses problèmes qui me tiennent à cœur. Mais je viens avant tout confirmer son œuvre dans ce qu’elle a de meilleur, et son projet d’évangélisation. J’ai entendu beaucoup de témoignages sur sa vie méritante. J’ai lu le message du Symposium de décembre dernier: je viens encourager mes frères et sœurs d’Haïti à le réaliser. L’Eglise y a pris conscience de ses possibilités, des grâces que le Seigneur lui a faites, et aussi de ses limites, des obstacles, des difficultés; elle a appelé chacun à la conversion, riche ou pauvre, pour déraciner le mal dans les personnes et dans la société; elle a réaffirmé la dignité de tous, voulu que l’Evangile soit toujours la Bonne Nouvelle pour les pauvres; elle a appelé tous ses membres à une pastorale solidaire, pour un avenir religieux et humain digne de ce peuple, dans la liberté et la responsabilité.

Dans ce contexte, je remercie de tout cœur Monsieur le Président de la République, qui vient de faire connaître au grand public la nouvelle selon laquelle il est disposé à renoncer de lui-même au privilège, dont jouit actuellement le Chef de l’état Haïtien en vertu du Concordat du 28 mars 1860, de nommer les archevêques et les évêques.

Je vous assure, Monsieur le Président, que ce désir,
inspiré par les vœux du Concile Œcuménique Vatican II, ne pourra que
profiter tant au développement harmonieux de l’Eglise Catholique dans ce
Pays qu’à L’état Haïtien.

Je viens encourager ce réveil, ce sursaut et cette marche de l’Eglise, pour le bien de tout le pays. Nous allons le faire maintenant au cours d’une assemblée eucharistique et mariale qui clôture votre Congrès. C’est dans la prière et dans l’amour que nous puisons la lumière et la force de servir nos frères.

Que le Seigneur bénisse notre ministère sur cette chère terre d’Haïti!

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