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  • Des policiers ont marché dans les rues pour une deuxième fois

    Des policiers ont marché dans les rues pour une deuxième fois

    Des agents de la Police Nationale d’Haiti ont marché dans diverses rues de la Capitale haïtienne et dans les autres villes du pays, ce dimanche 17 novembre 2019, pour exiger de meilleures conditions de vie, un salaire décent, entre autres.

    Ils étaient des centaines d’agents issus des différentes unités de la Police Nationale d’Haiti (PNH) à fouler le macadam, ce dimanche 17 novembre 2019, à Port-au-Prince et dans certaines villes du pays, notamment au Cap-Haïtien et aux Gonaïves.

    Pancartes en mains, avec des slogans les uns plus significatifs que les autres, ces agents ont dénoncé les conditions dans lesquelles ils effectuent leur travail au sein de l’institution policière.

    Accompagnés des militants de l’opposition politiques, ces policiers ont dénoncé la situation dans laquelle ils évoluent au sein de l’institution. Ils réclament un salaire de base allant jusqu’à 50 mille gourdes, le droit à la formation d’une structure syndicale au sein de la PNH, de meilleures conditions de travail, la réduction du nombre d’heures de travail, sont entre autres, les revendications exprimées par les policiers qui étaient pour la plupart vêtus de maillots blancs.

    À Port-au-Prince, ils ont démarré au Champs-de-Mars pour arriver devant le bâtiment de la Direction Générale de l’institution policière à Petionville, où ils ont délivré un message.

    Au Cap-Haïtien, ils ont marché de Vertières à la Direction Départementale du Nord de la PNH (DDN/PNH). Aux Gonaïves, département de l’Artibonite c’était le même cas de figure. Ces agents protestatires ont souhaité avoir un meilleur traitement au sein de la PNH, pour qu’ils fassent leur travail avec plus d’efficacité, disent-ils.

    Malgré le code de déontologie de la Police Nationale d’Haiti, interdisant aux policiers de faire des mouvements de protestation ou pour faire passer leurs revendications, les policiers sont à leur deuxième mouvement de protestation à travers les rue pour faire entendre leurs voix.

    Vant Bèf Info (VBI)

  • Plusieurs institutions publiques incendiées au Cap-Haïtien

    Plusieurs institutions publiques incendiées au Cap-Haïtien

    Plusieurs institutions publiques ont été incendiées par des individus non identifiés dans l’après-midi du dimanche 17 novembre 2019, au Cap-Haïtien. Il s’agit du Bureau Électoral Départemental du Nord (BED), le Bureau Électoral Communal (BEC) ainsi que les locaux logeant l’Office National d’Identification (ONI).*

    Des individus non identifiés ont incendié dans l’après-midi du dimanche 17 novembre en cours, les locaux logeant le Bureau Électoral Département (BED), l’Office National d’Identification (ONI) ainsi que le bureau Éléctoral Communal (BEC) du Nord.

    Des incendies sont survenus suite à l’arrestation, à la rue 19 J-K, suivie de bastonnade d’un militant politique de l’opposition qui a été accusé d’avoir dressé des barricades enflammées le long des rues.

    Ce dimanche, une marche pacifique organisée par des agents issus de différentes entités de la Police Nationale d’Haïti (PNH) a été organisée dans la deuxième ville du pays. Ce, toujours dans le but de réclamer la formation d’un syndicat en leur faveur ainsi que l’amélioration de leurs conditions de travail.

    Des sapeurs-pompiers de la Cité Christophienne ont été remaqués sur les lieux de l’incendie afin de limiter d’autres éventuels dégâts matériels.

    Vant Bèf Info (VBI)

  • Message de Lesly Condé à l'occasion du 18 novembre 2019

    Message de Lesly Condé à l'occasion du 18 novembre 2019

    18 novembre 2019

    LLC181119

     

    Chers compatriotes de partout,

    Frè m ak sè m toupatou,

    Dear compatriots everywhere,

     

    Nous commémorons, cette année, le 216ème anniversaire de la fameuse Bataille de Vertières, un événement qui, soit dit en passant, n’a jamais attiré l’attention des historiens du monde entier malgré son ampleur et toutes les conséquences qu’il a entraînées à l’échelle planétaire. Cette cinglante réalité parle de la condition des véritables droits humains dans ce monde pseudo-civilisé. Elle parle aussi de cet isolement systématique centenaire qui explique le déclin vertigineux de notre nation aux origines pourtant si glorieuses.

    En effet, le 18 novembre de chaque année devrait présenter au monde entier une occasion de se tourner vers HAÏTI, le premier État noir du Nouveau Monde, et de rendre un hommage bien mérité à mes ancêtres qui, en détruisant l’esclavage au prix de leur sang, montrèrent à l’humanité toute entière le chemin de la liberté. Vertières, c’est le triomphe de la bravoure face à la tyrannie, du pragmatisme face au fatalisme et des droits humains face à la cupidité. En commémorant le 216ème anniversaire de cette colossale bataille, nous ne célébrons pas seulement le génie militaire et l’incomparable détermination d’une armée de nègres mal nourris et sous-équipés face à la meilleure armée du moment. Vertières marqua le début d’une ère nouvelle, d’un nouvel ordre mondial, pour ainsi dire.

    Vertières appartient donc au patrimoine historique mondial. L’héroïsme de nos ancêtres n’est pas moindre que celui des généraux européens qui sont vénérés pour leurs conquêtes. Plutôt que de déposséder et de subjuguer qui que ce soit, nos valeureux pères s’unirent pour vaincre les tyrans envahisseurs qui les avaient subjugués et dépossédés de leur humanité… Mais Vertières appartient d’abord à la nation haïtienne. À un moment aussi douloureux que celui que nous vivons présentement sous les regards indifférents du monde, Vertières nous rappelle que s’il existe une nation capable de se tirer de ce mauvais pas, cette nation s’appelle HAÏTI.

    Il ne me reste qu’à vous souhaiter une bonne journée de Vertières dans la sécurité. Où que vous soyez, quoi que vous fassiez, pensez à HAÏTI.

    Frè m ak sè m toupatou,

    Ane sa a, n ap komemore 216èm anivèsè yon gwo kokenn chenn evènman istorik ki se Batay Vètyè a. Malgre se yon evènman ki enpòtan anpil nan istwa mond la, istoryen yo pa janm ba l plas li merite. Se kalte izòlman sa yo ki kòz peyi nou an toujou ap degringole pandan mond swadizan sivilize a di li se zanmi nou.

    18 novanm chak ane ta dwe yon okazyon pou tout mond la ta sonje kouraj zansèt nou yo ki te soulve kont sistèm esklavaj la, goumen kont li epi ranpòte laviktwa. Se konsa ti peyi sa a montre lemond antye chemen libète. Vètyè reprezante viktwa moun ki brav sou moun k ap fè abi, se viktwa moun ki goumen olye yo plenyen, se viktwa dwa moun sou mechanste.

    Pandan n ap komemore 216èm anivèsè Batay Vètyè a, an nou sonje se pa t yon senp viktwa pou entelijans yon lame endijèn ki pa t menm byen ekipe. Viktwa sa a te ouvri pòt pou yon nouvo òd mondyal.

    Vètyè gen plas li nan patrimwann istorik mond la. Jeneral ewopeyen yo anpil moun venere pou konkèt yo, pa merite plis lwanj pase ewo Vètyè yo ki te bay vi yo pou libète… Vètyè se yon gwo sous ekspresyon pou nou menm Ayisyen. Nan moman difisil peyi nou an ap travèse jounen jodi a, Vètyè fè nou sonje si gen yon nasyon ki kapab retire tèt li nan sa a, peyi sa a rele AYITI.

    Pou m fini, m ap swete nou tout yon bon jounen Vètyè nan sekirite. Kèlkeswa kote nou ye, kèlkeswa sa n ap fè, sonje AYITI.

    Dear compatriots everywhere,

    This year, we are commemorating the 216th anniversary of the famous Battle of Vertières, an event which, by the way, never got to capture the attention of historians around the world despite its scope and all the consequences it triggered. This compelling reality speaks of the appalling true situation of human rights even today in this pseudo-civilized world. It also speaks of this century old systematic isolation which has witnessed the steady decline of our nation; a nation that was born under such glorious circumstances.

    The 18th day of November of every year should be an opportunity for the entire world to turn towards Haiti, and to pay a richly deserved homage to my brave forefathers who defeated slavery through their incomparable determination and tremendous sacrifices; thus showing the entire world the road to freedom. Vertières symbolizes indeed the triumph of bravery over tyranny, of pragmatism over fatalism and of genuine human rights over despicable greed.

    As we commemorate the 216th anniversary of that colossal battle, we do not simply pay tribute to the military genius of that army of famished and poorly equipped negroes who defeated some of the best soldiers in the world at the time. Vertières marked the beginning of a brand new world order, so to speak.

    Vertières has its rightful place among the world’s historical treasures. My forefathers heroism is not less worthy of praise than that of the european generals who are revered for their conquests. The heroes of Vertières are not known for their ability to dispossess and subjugate members of other nations. Instead, they courageously fought and defeated the powerful tyrants who had subjugated them, and dispossessed them of their freedom and humanity… But Vertières belongs, first and foremost, to the haitian nation’s. At a particularly difficult moment like the one we are currently experiencing, Vertières reminds us that if there is one nation in the world with the built-in courage to pull itself out of this predicament, that country’s name is HAITI.

    I wish you all a safe Vertières Day. Wherever you are and whatever you do, please remember HAITI.

    MÈSI POU ATANSYON NOU!

    MERCI POUR VOTRE ATTENTION!

    THANK YOU FOR YOUR ATTENTION!

     

    Lesly Condé

  • Lettre aux Haïtiennes   et  Haïtiens de l’Intérieur et du Monde

    Lettre aux Haïtiennes et Haïtiens de l’Intérieur et du Monde

    APPEL DU 18 NOVEMBRE 2019 En Haïti, pour une Grande Trêve Nationale.

    • Chers Compatriotes, habitant nos Chefs-lieux, peuplant nos départements et communes, nos Bourgs ou Villages et Sections rurales,
    • Chers Sœurs et Frères des Contrées d’Outre-Mer,

    Le mal qui gangrène notre pays Haïti nous pousse à crier si fort la douleur et à demander une auscultation préventive et profonde. Et nous croyons qu’il y a un reste qui puisse héler, à cor et à cri, les besoins et les désirs du peuple empli d’espérances.

    Chers Compatriotes, ce mal se mue aujourd’hui en irresponsabilité et confusions ; en déséquilibre et peurs. Toutes nos sphères sociales ou sociétales en sont atteintes. Il frappe, de pleins fouets, la politique, l’économique, le civique ; tout le bien fondé du vivre ensemble et enfin l’éthique.

    Dans les Champs du pouvoir, Georges CLEMENCEAU, a lancé ce cri et nous le citons :

    « Je dénonce un mal qui nous ronge de toutes parts…. Dévergondage d’anarchie ou de réactions, incapacité de s’organiser sous les différentes formes de gouvernement qu’il y a depuis un siècle, successivement essayées ». Et essayer en Haïti, nous en avons-nous bien essayé depuis plus de deux siècles déjà.

    1. Maintenant, nous en appelons à toutes les forces vives de cette nation de Forgeurs de liberté :

     

    1. De sonner cette fois-ci le lambi du Rassemblement et de devenir des Passeurs d’Egalité et de Fraternité.

     

    1. De demeurer dans ce souvenir que du Môle Saint-Nicolas à l’Arcahaie, de là à Vertières, cette terre de Caciquats, cette colonie a aspiré la Liberté. Et du Cap à Gonaïves, elle l’a proclamée, aux vu et su, du monde entier. Mais, une liberté non bien gérée peut devenir une liberté liberticide. Il est temps, donc, que tous nous cherchions une thérapeutique à la hauteur de cette pathologie maléfique qui hante.

     

    Chers compatriotes,

    Cet appel est une demande élégante et légitime, solennelle et patriotique pour pourvoir prendre soin des plus grand et beau patrimoines que nous avons : l’Humain.

    Dans ce cas précis, nous observons que nous sommes en train de nous détruire et de nous réduire aux peurs, puis aux silences vindicatifs et mortifères. Une attitude qui villipende grossièrement notre environnement commun.

    Nous sommes en train aussi de nous avilir en cultivant une paupérisation contaminante et pandémique qui sera transmise à tout ce que nous avions comme peu de moyens d’échanges. Oui, nous réitérons enfin que nous sommes en train de perdre tout contrôle de notre destin économique. Ce que les autres appellent le pouvoir d’achat n’existera plus ; tellement qu’il n’y aura plus d’équilibres entre les formules keynésiennes d’offres et de demandes ; principes qui engendrent et régulent les richesses même maigres d’une nation de Douze millions d’habitants.

     

    Le mal atteint profondément maintenant, et ce qui est pire, notre forme régalienne de sécurité, de circulation de biens et de personnes. Et puis, la Grande peur s’installe, au risque de nous répéter, depuis le Môle Saint-Nicolas à l’Arcahaie, de la Cité du Drapeau à Vertières. La peur s’autorise une place dans la grande Ville des Gonaïves, pavoise dans les rues de la Capitale Port-au-Prince et les Communes environnantes de la nation des Hommes qui ont confessé préférer Vivre Libre ou Mourir. La peur s’invite à nos salons,  Ecoles primaires, secondaires et les Universités à Petit-Goâve cité belli gérante, aux Cap, Cayes, à Fort-Liberté, Hinche, Jacmel, Jérémie, Port de Paix et Miragoâne dans les Nippes.

    Puisque ce Mal a capitalisé trop de maux, nous en appelons aux femmes et hommes d’Haïti de quelques endroits où ils se trouvent sur cette planète terre de s’armer de bonne volonté et de se soumettre à (GTN) une Grande Trêve Nationale ; pour que les familles haïtiennes de l’intérieur comme de l’extérieur, puissent se retrouver pour les fêtes religieuses et de fin d’année. Cette Grande Trêve Nationale peut être observée deux mois (Décembre, Janvier), le temps de demander aux Grands Acteurs sociaux, Gouvernement, les Représentants des Corps constitués, Patronats, Syndicats, les Sociétés civiles, économiques et Religieuses d’inventer le Bonheur et l’Espérance haïtiens dans l’équité et la passion patriotique.

    Ainsi et surtout, dans la sagesse de cet appel, nous sollicitons que la Grande Trêve Nationale se transforme dès le 1er février en une Grande Conférence Nationale (G.C.N) sur tout le territoire. Où les doléances seront débattues et consignées, permettant de contribuer à l’émergence d’une société haïtienne moins malade de son égocentrisme arbitraire et de son arrogance passive. Et du coup, laissant place à un espace vital plus juste, plus tolérant plus espérant.

    Chers Compatriotes, nous espérons nous comprendre. En cet appel, nous œuvrons que le chaos cesse de s’amplifier et demandons à toutes celles et ceux d’Haïti de devenir, en

    ces temps forts de nos vies familiales et sociétales, des Bons Samaritains Patriotes des autres dans les Quartiers, Bourgs, Villes  et tous les recoins. 

    Chers Compatriotes, de l’Artibonite, du Centre, de la Grande Anse, des Nippes, du Nord, du Nord-Est, du Nord-Ouest, de l’Ouest, du Sud et du Sud-Est et les Expatriés formant le contingent du Vaisseau haïtien, nous nous livrons à cette plaidoirie et vous convions à y adhérer et à dire avec force et détermination :

    • Vivat la liberté non liberticide ou suicidaire,
    • que l’Egalité soit réinventée et mise en exergue sur la terre des Ancêtres, la nôtre;
    • et que, dans cette société trop clivante actuellement, soit prônée vraiment la Fraternité, l’un des désirs d’une trilogie pas trop appliquée dans l’être et le vécu haïtiens.

    Puisse « le Dieu de l’Espérance nous rendre, toutes et tous, capables de bonnes œuvres sur Sa Terre bénie d’Haïti ! »

    Dr. E. TOUSSAINT,

    Siégeant Principal et les Siégeant réunis en Convens du Haut Conseil Mondial Protestant Haïtien des Eglises,

    Sont d’avis :

    Dr. Charles POISSET-ROMAIN,

    Doyen des Doyens du Protestantisme Haïtien et le Doyenat Mondial.

    La Chancellerie,

    Chantre des Archives, Insignes et des Publications.

  • Conteneurs en convoi : la douane haïtienne clarifie.

    Conteneurs en convoi : la douane haïtienne clarifie.

    L’administration générale des douanes haïtienne (AGD) s’explique dans le dossier de la vidéo devenu virale des semi-remorques escortée par la police au poste douanier de la ville frontalière de Malpasse.

    Dans une note d’information de l’AGD, parvenue à notre rédaction, les autorités douanières haïtiennes donnent leur version des faits avéres sur une vidéo circulant sur les réseaux sociaux montrant plusieurs semi-remorques escortées par des véhicules police.

    L’administration des douanes en a profité pour informer le public sur la provenance des marchandises et produits à bord de ces conteneurs. Selon la note, il s’agit matières premières utilisées dans la fabrication de condiments alimentaires par des entreprises haïtiennes en règles avec l’administration.

    Les autorités douanières se disent étonnées dans la note datée du 15 novembre 2019, de l’interprétation et des commentaires suscités par la vidéo. 

    À ce jour, l’AGD fait face à des difficultés de paiement des salaires depuis plus de 4 mois pour certains employés.

    Vantbef info

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  • Ennemis publics, les médias?

    Ennemis publics, les médias?

    La crise de confiance que vivent les médias face au public était au coeur des discussions en ouverture du congrès de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), samedi à Saint-Sauveur. L’empreinte négative que laisse le président américain sur la presse a un impact dans l’oeil du public, mais « l’éléphant dans la pièce c’est les réseaux sociaux », a affirmé le rédacteur en chef du quotidien La Voix de l’Est.

    Le grand rendez-vous de la FPJQ se déroulait d’ailleurs cette année sous le thème général : « Journalistes, ennemis publics ». Une expression qui a bel et bien été employée par  pour discréditer les représentants de la presse, a rappelé la journaliste pour l’émission télévisée Les Décrypteurs à RDI, Bouchra Ouatik.

    La journaliste indépendante Camille Lopez, qui a beaucoup écrit sur les groupes d’extrême droite, notamment en vérification de faits pour L’Actualité, a ancré le sujet de la confiance dans une réalité pas très jolie. La jeune reporter de 23 ans a elle-même été ciblée par une publication Facebook, qui incitait les gens à l’attaquer et à briser son matériel, menaçant même de dévoiler son adresse et celle de ses proches — une technique appelée dans le jargon du doxing.

    Marc Gendron, de La Voix de l’Est, a aussi raconté que sa publication avait été inondée en ligne de messages très critiques, voire haineux, dans le dossier de la petite fillette de 7 ans maltraitée par ses parents — parents dont les médias ne pouvaient révéler l’identité. Plusieurs décriaient ce silence, pourtant imposé par la loi.

    « La critique du travail journalistique a toujours existé, mais aujourd’hui ça trouve écho et c’est diffusé grâce aux réseaux sociaux. Avant t’écrivais une lettre, tu appelais le journaliste ou l’éditeur, c’était le média qui était interpellé. Aujourd’hui, ils le font sans passer par nous. Je le répète, le problème c’est les réseaux sociaux et la façon dont les gens les utilisent. » Il concède tout de même que c’est une petite part de son lectorat qui fait beaucoup de dommage.

    Le concept de fausse nouvelle, ou fake news en anglais, laisse des traces dans l’oeil du public, ajoute Bouchra Ouatik, mentionnant que selon un décompte du New York Times, Donal Trump aurait livré quelque 600 tweets où il mentionnait le terme « fake news ».

    C’est une expression qui est entrée dans le langage courant, dit-elle. « Mais ce n’est pas parce qu’on n’aime pas ce qui est dans un article qu’on peut le qualifier de fausse nouvelle. Ça alimente la méfiance et ça incite de plus en plus les gens à s’en prendre aux journalistes, parce qu’ils reprennent l’expression à leur compte. »

    Pour Bertin Leblanc, responsable du pôle recherche de Reporters sans frontières (RSF) et le rédacteur en chef des publications de l’ONG, « c’est le chaos, on est dans une séquence assez troublante » dans laquelle les médias sont chahutés, notamment par les politiciens.

    RSF mise depuis environ deux ans sur un changement d’approche, laissant les gilets pare-balles sur les crochets « pour revenir aux fondamentaux ». Une espèce de constitution, intitulée Information et démocratie, a été mise sur pied.

    L’organisme discute notamment d’une possible certification via le projet Journalism Trust Initiative. M. Leblanc pense à « un ISO 2000 » du journalisme, « pour que le public puisse s’y retrouver. On est perdu. Il faut aider les gens, et les accompagner, trouver des solutions pour les apaiser un peu. Le débat est devenu très violent, et la polarisation entre les populations informées et celles qui ne sont pas informées, ça crée des tensions ».

    Des chiffres

    Samuel Lessard, de la firme Edelman, a d’ailleurs présenté quelques chiffres du Baromètre de confiance, un sondage qui s’intéresse notamment aux institutions, dont les médias. L’écart entre la confiance envers les médias du public dit informé et celui dit de masse tend à s’agrandir, note M. Lessard : une différence de 20 points de pourcentage s’est creusée entre les deux tranches de la population.

    Le coup de sonde mondial qui a tâté le pouls de 1000 Québécois révèle aussi des chiffres troublants. 58 % des répondants ont estimé que les groupes médiatiques s’inquiètent davantage de leur lectorat ou de leurs cotes d’écoute que de la transmission d’information de qualité. Pire, 48 % estiment que ceux-ci sont plus soucieux d’appuyer une idéologie que de proposer une information juste.

    Est-ce que de cibler les réseaux sociaux ne serait pas une façon d’éviter une petite autocritique ?, a demandé l’animatrice de la discussion, Catherine Perrin. Le rédacteur en chef de La Voix de l’Est, Marc Gagnon, lui a un peu donné raison, invoquant un modèle économique qui a des conséquences. « Oui je pense qu’on est un peu artisans de notre propre malheur. On est des entreprises de presse, on est en compétition pour l’attention du public, et cette compétition-là peut entraîner des dérives. La course au scoop, ça peut nous amener à nous mettre le pied dans la bouche, à diffuser quelque chose trop tôt, et ça ébranle la confiance du public envers notre travail. »

  • Des policiers maintiennent leur marche malgré leur convocation

    Des policiers maintiennent leur marche malgré leur convocation

    Tous les policiers sont convoqués à leur base respective, le dimanche 17 novembre 2019 par leurs supérieurs. Malgré cette convocation, les initiateurs de la marche des agents prévue ce même jour maintiennent leur mouvement. Les policiers réclament de meilleures conditions de travail et leur droit de créer une structure syndicale au sein de l’institution policière.

    Moins de 48 heures avant l’organisation d’une nouvelle marche des policiers dans les rues de la capitale haïtienne à destination de la direction générale de la Police Nationale d’Haïti (PNH) en vue de faire passer leurs revendications, la direction départementale de l’Ouest de la PNH lance une convocation générale aux agents des unités spécialisés et des policiers administratifs.

    À travers une correspondance, dont copie est parvenue à la rédaction de Vant Bèf Info (VBI), le directeur départemental de l’Ouest de l’institution policière, Godson Jeune, demande aux responsable des commissariats, sous commissariats , antennes, services et unités spécialisées, de prendre toutes les dispositions afin que tous les agents placés sur leurs ordres soient convoqués à leur lieu d’affectation à partir de 6 heures du matin, le dimanche 17 novembre 2019.

    Selon cette correspondance les responsables doivent soumettent le nom de tous les policiers qui ont répondu à la convocation, car aucun absent ne sera toléré .

    Par ailleurs, les initiateurs de la marche des policiers prévue ce même dimanche, dans une interview accordée à la rédaction de Vant Bèf Info (VBI) sous couvert d’anonymat, qualifient de tentative de boycott de leur mouvement, cette convocation de tous les agents par les autorités policières.

    Par conséquent, les protestataires n’étendent pas faire marche arrière et annoncent qu’ils seront bien sur le macadam en vue de faire passer leurs revendications. Ils exigent notamment de meilleurs conditions de travail et leur droit à la création d’une structure syndicale au sein de l’institution en conformité, disent-ils, à la Constitution haïtienne.

    Aussi. lancent-ils le compte à rebours pour la tenue de leur marche pacifique, ce dimanche.

    Le ministre de la justice et de la sécurité publique a procédé ce vendredi, dans l’après-midi à l’installation d’un nouvel inspecteur général en chef de la PNH, Hervé Julien qui remplace Ralph Stanley Jean Brice qui vient de passer plus de 6 ans à ce poste.

    Vant Bèf Info (VBI)

  • Les gangs armés du village de Dieu ont détourné un autobus

    Les gangs armés du village de Dieu ont détourné un autobus

    Un autobus assurant le trajet Port-au-Prince / Jacmel a été détourné par les gangs armés du village de Dieu le vendredi 15 novembre non loin du centre culturel « Théâtre national » dans la zone du bicentenaire. Ils reclament 60 mille dollars pour le rendre à son propriétaire.

    Les gangs armés du village de Dieu ont encore frappé.

    Ce vendredi 15 novembre 2019, ils ont détourné un autobus assurant le trajet Port-au-Prince / Jacmel non loin du théâtre national, au bicentenaire.

    L’autobus a été conduit dans l’antre des ravisseurs au « Village de Dieu » où ils ont également dépouillé les passagers avant de les libérer.

    Toutefois, ils ont gardé le véhicule et réclament une enveloppe de 60 mille dollars pour le rendre à son propriétaire, selon une source digne de confiance.

    Rappelons que cette semaine, des  individus armés avaient détourné un autre autobus assurant le trajet Carrefour / Centre-Ville dans la même zone avant de le rendre contre une forte somme d’argent.

    Vant Bef Info (VBI)

  • Haïti: les policiers se sont officiellement constitués en syndicat

    Haïti: les policiers se sont officiellement constitués en syndicat

    Pour la première fois depuis sa création, il y a 24 ans, la police nationale d’Haïti (PNH) a son syndicat.

    Les policiers qui, depuis plusieurs semaines dénoncent les mauvaises conditions de travail et réclament le droit à la création de syndicat pour porter leurs doléances, ont passé de la parole aux actes. En effet, ce dimanche 17 novembre 2019, les agents des forces de l’ordre ont annoncé officiellement s’être constitués en syndicat.

    Ce sont plusieurs centaines d’agents de la PNH qui ont défilé dans les rues de la capitale haïtienne, portant de pancartes et de larges banderoles en mains sur lesquels on pouvait lire « 17 novembre, date de la création du syndicat de la police nationale d’Haïti (SPNH). Si dans leur lutte, les policiers ont fait un pas remarquable à travers la création de ce syndicat, il faut toutefois noter que cette structure n’est pas encore légalisée.

    La marche des policiers a démarré au Champ-de-Mars. Les agents de police dont la plupart se sont vêtus de l’uniforme de l’institution ont sillonné plusieurs rues de Port-au-Prince dont Lalue, Martin Luther King, carrefour de l’aéroport et Delmas. Arrivés à Pétion-Ville devant les locaux de la direction générale de la PNH où la marche allait prendre fin, les protestataires ont présenté une par une leurs revendications.

    Les policiers exigent entre autres d’amender les règlements de la discipline générale de la police nationale d’Haïti, d’effectuer des changements au sein de l’inspection générale de la police nationale d’Haïti, d’augmenter le salaire mensuel des policiers, de prendre en charge les familles des policiers décédés dans l’exercice de leur fonction et d’octroyer des frais à des policiers lors de leur mutation.

    Les membres de la police nationale, avant d’arguer l’article 31 de la constitution haïtienne garantissant la liberté d’association, ont donné lecture du document qu’ils appellent « manifeste du syndicat de la police nationale d’Haïti », une manière de signifier leur décision aux responsables de la PNH.

    Les policiers en formant ce syndicat ont bravé des menaces de révocation. Désormais, ils se disent déterminés à défendre leurs droits.

  • Haïti – Crise : dans le silence des medias

    Haïti – Crise : dans le silence des medias

    « Médecin guéris-toi, toi-même » voilà l’adage qui peut, le mieux, résumer la situation de la presse haïtienne en ce temps riche en mouvement de protestations, souvent émaillés de violences. En effet, loin des caméras, des déclarations et des notes émanant des responsables d’hôtels et d’entreprises privées annonçant leur fermeture comme pour annoncer des jours sombres pour le pays, la presse haïtienne, dans le silence le plus complet s’agonise sous le poids du « peyi lòk » et de ses conséquences financières. Grande gueule quand il faut parler des difficultés des autres secteurs. Langue de bois quand il faut parler de soi-même. La plupart des médias haïtiens sont en perte de puissance. Certains se résolvent à fermer leurs portes en catimini et d’autres, en mettant des journalistes « en disponibilité ».

    Par Samuel Céliné

    Les journalistes haïtiens font eux aussi les frais des violences qui accompagnent souvent les mouvements de protestations initiés par l’opposition réclamant la démission du président Jovenel Moïse du pouvoir. A entendre les animateurs des émissions politiques, les présentateurs des éditions de nouvelles, les reporters et les correspondants avec leurs « flash » en directe dans des manifestations de rues ou à lire les articles de presse, on pourrait pourtant vite conclure le contraire.

    Et pourtant derrière ce masque de liberté ou d’autosuffisance, le poids de la crise presse si bien les médias que certains compressent carrément. Ici, radios, télévisions, journaux et agences en ligne n’ont pas deux choix : « Compresser l’équipe si l’on veut rester en vie ». Dans cette logique, des dizaines de journalistes sont déjà, au nom de la « mise en disponibilité » partis pour le chômage doré en gardant l’espoir de revenir, « si la situation économique du pays s’améliore » comme c’est souvent mentionné par les directions des médias victimes de la crise.

    C’est le cas par exemple de certains employés du Journal Le Nouvelliste qui le 4 novembre dernier, en lieu et place de l’habituel appel à prendre part à la réunion de rédaction, ont reçu un appel bien surprenant leur apprenant que “compte tenu de la situation difficile que connait le pays et qui affecte négativement les revenus du Journal”, la direction se voit dans l’obligation de les mettre en disponibilité. Foutu. Pas moins d’une quinzaine d’employés sont touchés par cette décision qui pousse un septuagénaire, travaillant depuis des lustres au plus ancien quotidien du pays à s’exclamer : « Menm sou anbago, Le Nouvelliste pa t janm twouve l nan yon sitiyasyon pou l te oblije mete moun an disponibilite ». Mais ici, le jeu force à couper. Il en est de la survie de l’institution.

    Si Le Nouvelliste, du haut de ses 121 ans souffre ainsi de la crise, que dire de son principal concurrent, le journal Le National ? Très prometteur lors de ses premières parutions, l’institution qui a voulu équilibrer le marché de la presse écrite en Haïti après la fermeture du journal Le Matin est déjà sous ses dents. Là-bas, pas de révocation ni de mise en disponibilité jusqu’à date selon un employé qui dévoile toutefois que le journal peine à répondre à ses obligations de fin de mois. Conséquence : « les employés sont déjà au quatrième mois sans percevoir leurs salaires ».

    Quant à « Challenge Magazine », elle a longtemps réalisé la nécessité d’abandonner le challenge et jette l’éponge en avril 2019 toujours à cause de la situation économique provoquée alors par la première vague de « peyi lòk ».

    La situation n’est pas moins catastrophique pour la radio et la télévision. A Radio Métropole, la crise laisse son empreinte en poussant les responsables à réduire de 30% le salaire des employés. A cela, il faut mentionner la révocation d’un employé et la mise en disponibilité d’un journaliste trainant 10 ans de carrière au sein de l’institution.

    Plus haut, à Pétion-ville, les responsables de la Rfm n’ont pas opté pour une réduction de salaire des employés pour pouvoir tenir le coup. Au début du mois de novembre, les employés étaient surpris d’apprendre la décision de fermer temporairement les directions les plus budgétivores de l’institution. Pas moins de 10 employés sont aujourd’hui sous le macadam. Dans le même bâtiment, les responsables de Scoop Fm s’adonnent déjà à la difficile tâche de fermer certaines émissions en espérant pouvoir tenir avec le reste. On signale déjà la mise à pied de trois journalistes.

    Chez la RSF, la menace de perdre son emploi s’annonce déjà à travers un circulaire mettant au parfum les employés d’une « prochaine réduction de l’équipe » afin d’éviter la fin de la Radio sans fin bien avant la fin de la crise.

    Certains médias, comme Radio Télé Ginen et Signal Fm jurent de ne pas recourir à ni l’une ni l’autre de ces méthodes pour se maintenir en vie. Cependant, loin de la bonne volonté de ne pas envoyer ses employés au chômage sur une forme ou sur une autre, Signal Fm devient si fragile que mêmes les frais de transport des journalistes qui doivent assurer la couverture des conférences de presse, font défaut ces derniers jours.

    Au sein de la Radio Galaxie, on craint le pire mais la direction tente de rassurer. Les responsables expliquent aux employés qu’ils sont frappés de plein fouet par la crise mais « n’ont pas le courage de mettre certains en disponibilité ». Ils sont toutefois invités à faire preuve de rigueur afin de pouvoir tenir tête à leur nouvelle condition caractérisée par des retards dans le paiement. Selon une source contactée par Loop Haïti, de février à date, 4 employés de Galaxie sont frappés par des mesures de mis en disponibilité et le vendredi 15 novembre dernier, deux d’entre eux étaient présent à la station pour exiger que leur statut soit clarifié. La Galaxie est tellement sur le point de voir éteindre des étoiles que son éditorialiste Raphaël Théoma Daniel, dans son éditorial du 16 octobre 2019, parlait de l’existence d’une « liste noire » contenant les noms de certains employés candidats au « drame humain » qui est la révocation.

    Dans cette chaine de médias qui s’agonisent sous l’effet de la crise, la Radio Vision 2000 ne fait pas exception. En effet, depuis le mois de février dernier, les responsables de cette station avaient décidé de mettre 3 journalistes en disponibilité. Ne voulant pas accepter cette décision, une journaliste a été révoquée, une autre réintégrée et le troisième est jusqu’à date au chômage donné sous le nom doré de « mise en disponibilité ».

    Comme chez Vision 2000, la Radio télé Pacific avait décidé depuis le mois de février lors de la première vague de « peyi lok » de mettre à pied pas moins de 5 employés. Stratégie qui n’a pas résolu le problème puisque, aujourd’hui encore la station peine à payer ses employés avec régularité.

    A Zénith Fm, malgré les sacrifices des employés qui portent cette station parmi les plus écoutées de la capitale pendant cette période de troubles politiques, la situation se résume en : « bay piti pa chich » selon un employé du 102.5. En effet, depuis des mois, les employés travaillent sans un salaire régulier faute de moyens, confie la source. Tout là-bas se résume dans la bonne volonté du patron qui se bat comme un diable dans un bénitier pour trouver de quoi huiler l’équipe.

    Anéantissante pour certains, agonisante pour d’autres qui tiennent encore, cette situation de précarité au sein des médias inquiète les professionnels de la presse qui se voient hanter quotidiennement par l’idée de tomber soudainement dans un flippant chômage, puisque, comme dans les animaux malades de la pestes, les médias ne sont pas tous fermés mais sont tous frappés par la crise que la politique impose au pays.

    Par Samuel Céliné

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