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  • 44 Maires appellent à la signature d’un document commun sur la transition

    44 Maires appellent à la signature d’un document commun sur la transition

    D’autres acteurs et secteurs rejoignent la population dans sa quête de changement, avec chacun sa propre proposition de sortie de crise. Ce qui, pour beaucoup, constitue un frein au lieu d’être un avantage. C’est dans cette optique qu’une quarantaine de responsables d’administration communale de la République appelle à la signature d’un document commun sur la transition.

    « Tous les acteurs doivent se mettre d’accord sans perdre de temps sur un seul document qui trace la voie de la transition […] » écrivent ces édiles dans une note de presse acheminée à la rédaction de Juno7. Selon eux, la première réponse à la crise humanitaire qui terrasse le pays est d’abord la résolution de la crise politique. Ce qui permettra, selon la note, de reprendre le contrôle du territoire, de ramener l’ordre, la paix, la stabilité politique et économique dans le pays.

    Se disant prêts à participer et à contribuer à la recherche d’une solution à la crise, ces maires invitent la Conférence Épiscopale, Pote Kole, la Commission de passation de pouvoir, l’Alternative Consensuelle, le Secteur Démocratique, les Petrochallengers, les dirigeants politiques, la Passerelle, la société civile, les vodouisants, les membres du secteur privé, entre autres, à s’asseoir afin de finaliser ce document.

    « Nous voulons d’un autre État et d’un autre système qui octroient des moyens aux conseillers municipaux et aux Casecs pour qu’ils fassent leur travail. […] Un système où l’État central ne sanctionnera pas toute la population d’une commune dont le Maire ne partageant pas la même chapelle politique que lui » poursuivent-ils.

    À l’occasion du centenaire de l’assassinat de Charlemagne Péralte, ces élus se disent prêts à se mettre aux côtés du peuple haïtien. « Nous nous engageons à constituer un front de résistance nationale contre toute forme d’occupation étrangère masquée sous un soi-disant déploiement logistique d’aide humanitaire » martèlent-ils.

    Parmi les signataires de cette note figurent entre autres les maires de la Croix-des-Bouquets Rony Colin, celui de Port-au-Prince Ralph Y. Chévry, celui de Saint-Marc Nicolas Dorvilus, celui des Gonaïves Neil Latortue, mais également la Mairesse de l’Arcahaie Rosemila Petit-Frère. Cette dernière, signalons-le, se trouve actuellement à Kigali, au Rwanda. Elle doit participer à une conférence sur le leadership politique, la santé, entre autres.

    Rappelons que depuis huit semaines le pays est en mode « lock ». Citoyens et leaders politiques réclament la démission du président Jovenel Moïse, accusé de corruption. L’international hausse le ton face à un gouvernement « incapable » et répressif. L’école n’a toujours pas fonctionné. L’administration publique, le commerce, le transport sont paralysés. Alors que les activités reprenaient timidement en cette fin de semaine, l’opposition politique a décrété l’assaut démocratique sur tout le territoire national ce 3 novembre.

  • L’abstinence et ses adeptes en Haïti

    L’abstinence et ses adeptes en Haïti

    Prêchée à l’église et recommandée par des ONG, l’évangile de l’abstinence en Haïti compte beaucoup de disciples. Regards sur un phénomène complexe qui noue dans un même mouvement, la contrainte sexuelle et la liberté de choix, l’incapacité de séduire et l’indigence économique

    Fritz, musicien et menuisier, joue au piano et à la guitare aux cultes de son église. Dans son temps libre, il pratique la menuiserie.

    Depuis 2002, Fritz n’entretient aucune relation sexuelle. «Il y a 17 ans que je me suis converti au protestantisme. Depuis, je suis resté chaste au service du seigneur», avance le maestro, qui avant sa conversion sortait avec des filles.

    La religion a une grande influence sur la sexualité des jeunes croyants. Sur dix personnes [religieuses] ayant accepté de témoigner pour cet article, sept ont déclaré avoir pratiqué l’abstinence pour honorer leur foi en Dieu.

    «Pour des raisons religieuses, je m’abstiens de la sexualité», affirme fermement Jonathan, un étudiant finissant en Service social. Il n’a jamais connu un baiser, une étreinte amoureuse et surtout n’a jamais été à un rendez-vous galant.

    Lire aussi: Sexe Anal: est-ce une pratique courante chez les jeunes couples haïtiens ?

    Le jeune homme remplace ses désirs sexuels par la musique et la lecture. «J’évite aussi de rester seul et je m’adonne à la prière», explique-t-il.

    L’homme de 28 ans se garde de fantasmer sur la vie sexuelle qu’il pourrait avoir quand il prendra la décision d’avoir une relation amoureuse. «Selon la rumeur, enchaîne-t-il, dès qu’on débute la vie sexuelle, on ne lâche plus. Je ne sais pas, j’attends de voir.»

    Le sexe conspué depuis la chaire

    Les encouragements à l’abstinence proviennent souvent des responsables religieux. Renès Décière dirige une église à Delmas 33. Il recommande aux fidèles célibataires de son assemblée de ne pas s’adonner aux plaisirs charnels. «Nous encourageons les jeunes à s’abstenir des relations sexuelles en dehors du mariage. Cependant, cela ne donnera pas de résultats en le prônant seulement du haut de la chaire.»

    Le pasteur croit que l’abstinence doit être avant tout une conviction. «Car, renforce-t-il, on s’abstient entre autres pour rester motivé, garder sa pureté sexuelle et pour éviter une grossesse précoce.»

    Quand l’aspect économique entre en ligne de compte

    Carlo Guirand, un théologien pentecôtiste de 28 ans qui vit aux Cayes, évite les rapports sexuels par peur de gâcher son avenir. «L’abstinence sexuelle est une contrainte pour moi parce que mon église l’exige. Cependant, c’est aussi un choix, car, je ne veux pas mettre au monde des enfants non désirés. Pour ma copine et moi, l’abstinence est la meilleure méthode.»

    Junel Jean, est un autre jeune chrétien, mais de confession adventiste. Il s’abstient depuis toujours des rapports sexuels à cause des strictes règles imposées par son assemblée, mais surtout pour d’autres raisons. «Avant de m’engager dans de telles pratiques, je dois finir mes études, avoir un emploi stable et des moyens économiques. »

    L’abstinence peut-elle causer des problèmes sexuels à l’avenir ?

    L’abstinence sexuelle est selon Johanne Landrin, psychologue clinicienne, l’abstention de tout ce qui peut conduire au contact sexuel notamment les baisers, la caresse, et la masturbation. D’après elle, un couple qui fait ce choix peut ressentir de l’amour mutuellement et même avoir des désirs sexuels sans passer à l’acte.

    «L’acte sexuel et l’éjaculation permettent un relâchement physique qui calme et apaise temporairement. Mais ils ne peuvent en eux-mêmes prédire une bonne ou mauvaise santé mentale ou même une bonne ou mauvaise santé sexuelle. La santé mentale se vit selon la spécialiste, dans le quotidien et a rapport au ressenti de la personne face aux obstacles de la vie ou chocs émotionnel vécu incluant la vie sexuelle.»

    L’abstention peut atrophier la libido

    Selon le sexologue John Kersnid  Justafort, l’abstinence pourrait à l’avenir avoir des effets néfastes sur la sexualité. «L’abstinence peut, à la longue, diminuer la libido (l’énergie sexuelle) de la personne voire l’extinction même du désir.»

    Le spécialiste ajoute qu’une personne peut avoir des difficultés à redémarrer une vie sexuelle satisfaisante après une longue période d’abstinence. «Cela peut même aller jusqu’à un blocage du désir», poursuit-il.

    Diverses raisons mènent à l’abstention

    La sexologue Laetitia Degraff n’est pas de cet avis. Elle pense que l’abstinence à elle seule ne saurait déterminer d’éventuels malaises dans une  vie sexuelle à l’avenir. «La difficulté ou pas de reprendre une vie active après une longue période d’abstinence  peut dépendre, je pense, de divers facteurs. Des raisons ayant amené à faire choix de l’abstinence, à celles de reprendre une vie sexuelle active. »

    Une position qu’a d’ailleurs corroborée son collègue Justafort pour qui  le choix  de l’abstinence en lui-même, dans certains cas, résulte de  l’effet ou de la cause d’un problème de confiance en soi.

    Lire aussi: Après 50 ans, une femme peut-elle avoir une vie sexuelle? Témoignage

    Pour s’expliquer, le psychologue a pris comme exemple des personnes qui ont eu des difficultés dans de précédents rapports sexuels.

    Une femme qui, à chaque contact sexuel ressent des douleurs peut limiter ses rapports sexuels, voire les suspendre totalement. «C’est pareil pour un homme qui a des troubles érectiles. L’abstinence permet à l’une et à l’autre de réduire le risque de rejet et d’échec.»

    Toutefois, Johanne Landrin insiste sur le fait que l’acte sexuel ou la pénétration ne sont qu’un aspect de l’intimité du couple. La relation selon la psychologue,  peut vivre en harmonie et s’épanouir à travers d’autres types d’intimité comme, «l’intimité émotionnelle, l’intimité physique et l’intimité intellectuelle.»

    Une méthode de prévention préconisée par les religieux

    Dans les années 1990, des leaders évangéliques  de l’Ouganda ont promu l’abstinence sexuelle jusqu’au mariage comme la meilleure méthode pour se protéger contre le SIDA. À l’époque, une mauvaise presse se faisait contre le préservatif.

    Du même coup, les autorités ougandaises se sont alliées à des conservateurs de l’administration américaine. En janvier 2003, le président américain Georges W. Bush a mis sur pieds   «President’s Emergency Plan for AIDS Relief» (PEPFAR), un plan pour combattre le SIDA dans le continent africain.

    Après plusieurs discussions, le leader du Nouveau Monde s’est inspiré du modèle de prévention de l’Ouganda pour baser son plan essentiellement sur l’abstinence jusqu’au mariage et la fidélité dans le mariage.

    20 % du budget total de ce plan était alloué à la prévention et 1/3 du budget de la prévention devait être consacrés exclusivement à la promotion de l’abstinence sexuelle.

    D’ailleurs, l’une des conditions pour bénéficier du financement de PEPFAR était de faire  la promotion de l’abstinence

    À l’époque, la plupart des entreprises qui bénéficiaient de ce fonds étaient des structures religieuses américaines.  D’ailleurs, l’une des conditions pour bénéficier du financement de PEPFAR était de faire  la promotion de l’abstinence.

    Plusieurs personnes ont été formées dans le but de promouvoir l’abstinence sexuelle. Beaucoup de documents ont été produits autour de ce thème.

    Des groupements comme le Mouvementpanafricain d’accès aux soins (PATAM) ont dénoncé les campagnes d’abstinence du plan américain au profit du préservatif.

    Des organisations féministes et de droits humains ont décelé dans ces genres de programmes une manière pour les conservateurs religieux de normer les pratiques sexuelles. Car selon elles, se priver de sexe ne peut être le meilleur moyen de se protéger.

    En Haïti, des missions religieuses internationales, dont «World Relief» prolongent cette vision du monde et font  la promotion de l’abstinence dans les églises.

    Elles regrettent d’avoir fait l’abstinence avant le mariage

    Sandrine et Marianne sont deux femmes croyantes. Elles ne se connaissent pas, mais ont toutes les deux en commun d’avoir reçu une éducation conservatrice par rapport à la sexualité.

    Sandrine a pris part à presque toutes les activités mondaines des jeunes, lorsqu’elle était étudiante, mais n’avait connu jusque là, aucun plaisir voluptueux. «J’ai fréquenté une faculté très libérale sur les questions de relations sexuelles. Par conséquent, je passais pour une fille vieux jeu, malade et coincée», affirme celle dont deux petits amis ont laissé à cause de sa ferme décision.

    Avant même l’adolescence, sa mère lui a toujours répété que tous les hommes ne veulent qu’une seule chose, coucher avec une fille et l’abandonner ensuite. «Je ne voulais pas que les hommes abusent de moi (selon l’idée de ma mère)», confie-t-elle.

    Marianne, pour sa part, est mariée pucelle à 25 ans. «La virginité a toujours été une valeur prêchée par mes parents. Les filles de la famille devraient rester pures pour l’homme qui demandera leur main», affirme-t-elle d’un air jovial.

    « Je pense avoir raté l’occasion de vivre ma sexualité de manière épanouie. Je ne suis sorti qu’avec un seul homme, mon mari » 

    Cependant, la jeune femme avoue que ce n’est pas pour ses parents qu’elle est restée vierge pendant tout ce temps. «Je ne sortais pas. J’allais seulement à l’école et à l’église. Donc je voyais très peu de gens. En plus, maman nous interdisait, mes sœurs et moi d’avoir des amis. Bizarrement avant mon mariage, je ne me suis jamais intéressée au sexe.»

    Mariée depuis 7 ans, Marianne n’est pas fière d’être restée vierge jusqu’au mariage. «Je pense avoir raté l’occasion de vivre ma sexualité de manière épanouie. Je ne suis sorti qu’avec un seul homme, mon mari qui je pense allait m’honorer pour avoir gardé ma dignité. Il ne montre aucun respect à ce propos, au contraire, il s’en moque», se lamente-t-elle.

    Une vie sexuelle épanouie

    Sandrine contrairement à Marianne, a une vie sexuelle et maritale épanouie. «Je suis très à l’aise vu que mon partenaire qui est mon mari m’a beaucoup aidé, se réjouit-elle. La complicité que nous avons développée au cours de la relation a été bénéfique.» Toutefois, la dame ne peut s’empêcher parfois de penser qu’elle aurait dû essayer le sexe avant pour accumuler de l’expérience.

    Sandrine a dû, après son mariage, travailler beaucoup pour se défaire de la peur des hommes. «Je devais travailler pour savoir que tous les hommes ne veulent pas coucher les femmes pour partir après.»

    Selon Laetitia Degraff, l’abstinence est mieux vécue lorsqu’il s’agit d’un choix librement assumé

    Elle ne conseille pas à d’autres jeunes femmes d’attendre le mariage pour avoir des rapports intimes. «C’est un choix que je n’ai pas vraiment fait consciemment vu les mises en garde de ma mère. Chacun est libre d’avoir sa vie sexuelle quand il veut et comme il le veut. Je ne peux forcer personne à prendre cette même décision juste parce que je crois qu’elle a été juste.»

    La contrainte pose problème

    Selon Laetitia Degraff, l’abstinence est mieux vécue lorsqu’il s’agit d’un choix librement assumé. Elle soutient qu’une éducation très stricte qui diabolise la sexualité peut dans certains cas  être un frein à l’épanouissement sexuel par la suite.

    «Même après le mariage, certains ont du mal à se défaire de la culpabilité ou toute autre association négative faite avec la sexualité et développent parfois des difficultés sexuelles. Ils ont du mal à voir la sexualité autrement que quelque chose de négatif et développent un blocage souvent inconscient au niveau de leur désir, de leur excitation ou de leur jouissance.»

    * Certains noms ont été changés pour protéger l’identité des intervenants.

    Source: Ayibopost

  • Une jeune femme accouche dans la cour de Radiotélévision Caraïbes, et le bébé se porte très bien

    Une jeune femme accouche dans la cour de Radiotélévision Caraïbes, et le bébé se porte très bien

    Par Websder Corneille/ @webscorneille

    Dimanche 3 novembre, aux environs de 9 heures du matin, une jeune haïtienne de 24 ans a donné naissance à un petit garçon dans la cour de Radiotélévision Caraïbes, à la rue Chavannes. Un médecin du plus grand centre hospitalier d’Haïtireconnaît « un cas exceptionnel ».

    Blandine Pierre, originaire de Fontamara (banlieue sud de la capitale d’Haïti), n’avait jamais pensé un jour que son fils connaîtra un tel sort : naître dans la cour de Radiotélévision Caraïbes. « Cela pouvait être pire », reconnait-elle, sourire aux lèvres, s’asseyant aux côtés du nouveau-né sur un matelas très sale, taché de sang en plus.

    En gésine, Mme Pierre a laissé sa maison à Fontamara hier soir, 6 heures et demie, en partance vers un hôpital de la région carrefouroise. « J’ai été refusée parce que j’ai déjà subi deux césariennes », a-t-elle été dite par la direction d’un centre hospitalier. Si l’argument pourrait toujours cacher des velléités scientifiques, Mme Pierre rechigne à comprendre le bien-fondé d’un tel refus, et rejette d’un seul trait cet argumentaire.

    « Je ne vois pas le rapport », tempête-t-elle. À seulement 24 ans, elle a déjà connu la douleur des ciseaux à deux reprises. L’un de ses deux précédents enfants est décédé, l’autre âgé de cinq ans, est un enfant joyeux et très beau, renseigne-t-elle, un sourire béat collé au visage en parlant de ce fils qu’elle n’a pas vu depuis plus de 24 heures.

    Après avoir déambulé sans succès dans les rues à Port-au-Prince à la recherche d’un centre hospitalier, elle s’est rendue ce dimanche matin dans les locaux de Radiotélévision Caraïbe en suivant les conseils d’un ami. Dès son arrivée, témoigne-t-elle, deux agents de sécurité l’ont pris par la main et, peu de temps après, elle a donné naissance à son bébé qui n’a pas encore de nom.

    « Si je connaissais le nom de l’agent de sécurité qui m’a secouru à la Radio Caraïbes, mon fils aurait pu élever son nom », prévient-elle, pour témoigner sa reconnaissance envers ces deux quidams qu’elle aurait pu croiser au hasard de la route et l’ignorait. Un magnificat qu’elle n’a cessé d’entonner jusqu’à notre départ.

    Animés d’une volonté très noble, les deux agents en poste se sont offert les services du Centre Ambulancier National (CAN) pour la transportation de Mme Pierre à l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti, communément appelle l’Hôpital général. Pari gagné, elle s’est retrouvé à la porte du plus grand centre hospitalier à dix heures trente du matin. Une aubaine lorsqu’on sait qu’elle pouvait attendre pendant plus de deux heures avant d’être recouvrée.

    Juste avant que notre équipe tourne son dos à l’Hôpital, 2 heures de l’après-midi, Blandine Pierre attendait encore de se faire soigner par un médecin pour sa « petite déchirure », considère-t-elle.

    « Je suis ici depuis plus de quatre heures d’horloge, et aucun médecin ne m’a encore touché », regrette-t-elle, avant d’’annoncer qu’elle pourra regagner ses pénates à tout bout de champ. « Je ne ressens pas trop de douleurs », avoue-t-elle.

    Un médecin, faisant les cents pas dans le hall de l’hôpital, a essayé de dévier notre regard. Par malchance, il a été interrogé sur le retard observé dans la prise en charge de Mme Pierre. « Je suis ici parce que j’ai de la volonté, donc elle doit nous attendre », soutient-il, l’air décontracté, armé de ses écouteurs et d’un portable qui flashe à la seconde. « Son cas est exceptionnel », avance le professionnel de santé.

  • NOS CHEFS D’ETAT SONT-ILS ENCORE «MYSTIQUES»?

    NOS CHEFS D’ETAT SONT-ILS ENCORE «MYSTIQUES»?

    « Notre Doc qui êtes au Palais national pour la vie, que votre nom soit béni par les générations présentes et futures, que votre volonté soit faite à Port-au-Prince et en province».

    Pour ma génération, il y eut le «vent», raconté par nos parents, lorsque le corbillard laissa la cour du Palais…«Papa Doc» prenait une autre dimension!

    Toutes palabres cessantes, à Port-au-Prince et ailleurs, le palais présidentiel, district militaire #1, n’est jamais une plaisanterie. Chez nous,« on» raconte que le président, une fois installé, devient lui-même, prisonnier, de forces qu’il n’arrivera jamais à maitriser. Est-il un monstre ou gère t-il une monstrueuse collectivité ? Grande question! Ombres, qu’un jour, la «lumière des archives» finira par éclairer…

    A part l’emblématique «Simalo», du temps d’Antoine Simon, rapporté par l’écrivain William Seabrook (L’île magique), nous disposons de peu de documentation sur la dimension mystique de nos chefs d’Etat.

    Un fait indiscutable, serrer la main de Son Excellence, ici et ailleurs, procure quelques minutes d’électricité, lesquelles, dans certains cas éliminent des circuits électriques majeurs de tout cerveau fragile.

    Inhumation François Duvalier

    Hier, pour les gens de ma génération, le palais du Champ de Mars paraissait une Bastille inattaquable. Une fois Jean-Claude Duvalier embarqué, les blancs de toutes couleurs prendront plaisir à débarquer en grand nombre et n’importe quand.

    L’épaisse oraliture quant aux dimensions mystiques de François Duvalier invite à la rédaction d’une véritable encyclopédie…

    Chaque «palais» dispose d’un arbre emblématique, dont personne, bizarrement, n’a jamais cherché à connaitre l’histoire. Ce serait intéressant, car depuis l’arrivée de nos démocrates, le président choisit personnellement le jardinier et les cuisinières du palais …

    Caveau François Duvalier

    Vous m’excuserez…l’allure, plutôt «mystique», de ma rédaction!

    Gilbert Mervilus, 10 mars 2017

    Notes:« On en revient à l’époque d’Antoine Simon qui se promenait avec son bouc cabrit Simalo devant lequel tout le monde se prosternait».Leslie Péan, 19 décembre 2014,«Le nécessaire triomphe de la justice sur les « bandits légaux » (2 de 2)

    Source: https://medium.com/@gilbertmervilus/nos-chefs-detat-sont-ils-encore-mystiques-33e9cfb41b0c

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  • LE BUREAU DE L’UNESCO EN HAÏTI DÉNOMBRE UNE CINQUANTAINE DE JOURNALISTES VICTIMES CES DERNIERS MOIS

    LE BUREAU DE L’UNESCO EN HAÏTI DÉNOMBRE UNE CINQUANTAINE DE JOURNALISTES VICTIMES CES DERNIERS MOIS

    « 50 journalistes haïtiens ont subi une répression inacceptable. Certains ont été tués, blessés ou reçus des menaces de mort… au cours des derniers mois », a rapporté le bureau de l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour la Science et la Culture) en Haïti en marge de cette journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes contre les journalistes ce samedi 2 novembre 2019.
    Dans ce tableau accablant le bureau de l’UNESCO en Haïti dénote 4 cas recensés dans le Plateau Central de journalistes en difficulté dont Néhémie Joseph assassiné, 5 dans le Nord, 3 dans le Nord-Est, 5 dans le Nord-Ouest, 13 journalistes inquiétés dans l’Artibonite, 7 journalistes victimes dans l’Ouest, 1 dans les Nippes et 3 journalistes agressés dans le Sud-Est dont l’un d’entre eux hospitalisé.

    « La mort d’un journaliste ne devrait jamais
    signer la fin de la quête de vérité
     », a déclaré Audrey Zoulay Directrice
    Générale de l’UNESCO en ce 2 novembre 2019.
    Cette Journée internationale pour mette fin à l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes se réalise cette année sur une campagne menée sur les réseaux sociaux #KeepTruthAlive. « Il nous appartient à tous, citoyens, d’aider à protéger les journalistes, pour qu’ils continuent à nous informer », soutient l’UNESCO.
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  • 3M TROUBLE BOY (OFFICIAL VIDEO)

    3M TROUBLE BOY (OFFICIAL VIDEO)

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  • Contre la Sogener, « on est déjà armés pour attaquer » dit Me St-Juste

    Contre la Sogener, « on est déjà armés pour attaquer » dit Me St-Juste

    Les avocats engagés par l’Etat haïtien dans le cadre du contrat d’achat d’énergie avec les compagnies privées, annoncent déjà la couleur. Des actions vont être prises contre des entreprises, à commencer par la Société Générale d’Energie (Sogener), qui doit restituer plus de 100 millions de dollars à l’Etat. L’objectif, rappelle Newton St-Juste, est de recouvrer les créances de l’Etat et des institutions autonomes, de 2005 à date.

    Les premières actions toucheront directement le contrat de fourniture d’énergie passé entre l’Etat haïtien et la Société Générale d’Energie. « Nous allons forcer la Sogener de restituer à l’Etat une somme de 123 millions de dollars américains étalée sur plusieurs années », a précisé Me Newton St-Juste. Dans une entrevue accordée à Radio Télé Ginen, l’avocat engagé par l’actuelle équipe gouvernementale, souligne que cette compagnie dirigée par les Vorbes, sera sommée pour « surfacturation ».

    « Selon le rapport du Sénat de la République, sur trois (3) génératrices dont dispose la Sogener, l’une d’entre elles ne fonctionne pas. L’entreprise privée a facturé l’Etat même pour la génératrice qui ne marche pas », a dénoncé Me St-Juste. L’homme de loi qui priorise pour l’instant la voie amiable, indique que des modalités de paiement seront élaborées, afin de permettre à cette compagnie de restituer cet argent. « Entretemps, la Sogener peut contester. Mais toute contestation nous conduira au tribunal », rappelle Newton St-Juste, soulignant que ce dossier est avant tout “pénal”.

    Dans le cas où la voie amiable n’aura pas apporté de résultats, l’ancien camarade de combat de Me André Michel menace de saisir les juridictions répressives pour aboutir à la restitution des 123 millions de dollars. « La compagnie peut être poursuivie pour un ensemble d’infractions, comme escroquerie et abus de confiance », a-t-il averti.

    Dans le cadre de ce processus de recouvrement, les avocats toucheront également les contrats d’achat de véhicule à travers des concessionnaires. Sur ce point, Newton St-Juste informe que l’Administration Générale des Douanes (AGD) sera impliquée en vue de recouvrer plusieurs millions de dollars. « Durant ce travail, les avocats de l’Etat travailleront de concert avec d’autres institutions financières de l’Etat, dont la Banque Nationale de Crédit (BNC).

    Plusieurs autres contrats relatifs à la livraison de nourriture dans les institutions étatiques et à la location de véhicule, seront aussi examinés. A ce stade, l’homme de loi souligne que des responsables de compagnie, qui sont souvent des parlementaires, ont forcé à l’Etat de payer des sommes exorbitantes.

    « C’est de la surfacturation, ce qui est considéré comme une infraction pénale », a précisé celui qui avait lancé la lutte contre la dilapidation des fonds Petrocaribe. Annonçant l’élaboration des modalités de paiement, Newton St-Juste a fait savoir que les institutions seront sommées à restituer les sommes dues à l’Etat haïtien. « Peye ak restitye se pa menm bagay. Lè w mande yon moun pou peye w, se yon moun ki te dwe w yon kòb. Lèw mande l pou l restitye w, se yon moun ki kase men w li pran yon kòb ».

    A travers cette démarche, le consortium d’avocats veut permettre à l’Etat haïtien de recouvrer plusieurs centaines de millions de dollars américains dans des contrats qui n’étaient pas dans l’intérêt du pays. Me St-Juste rappelle que leur travail consiste à renforcer les services juridiques de l’Etat entre autres…

    Cette décision du président Jovenel Moïse d’engager des avocats dans le cadre des contrats d’achat d’énergie entre des compagnies privées et l’Etat haïtien, a été prise suite aux résolutions adoptées en Conseil des ministres le 23 octobre dernier. Ces mesures ont été prises à cause des dettes de plus en plus accumulées au sein de certaines entreprises publiques autonomes, et des irrégularités au détriment des intérêts de la nation, selon l’Exécutif. En ce sens, le ministère de l’Economie et des Finances avait été instruit de suspendre les paiements de toutes valeurs en rapport avec l’exécution de ces contrats.

  • Le remplaçant de Jovenel Moïse bientôt dévoilé, annonce l’opposition

    Le remplaçant de Jovenel Moïse bientôt dévoilé, annonce l’opposition

    La Commission de facilitation et de passation du pouvoir soumettra bientôt la liste des 3 juges de la Cour de cassation, de laquelle le nom du remplaçant du président Jovenel Moïse sera tiré. Cette liste sera soumise à l’attention des membres de l’Alternative consensuelle pour la Refondation d’Haïti, qui aura à faire le choix de l’un d’entre eux, “après la démission du chef de l’Etat”.

    C’est le porte-parole du Secteur Démocratique et Populaire qui en a fait l’annonce. Dans un message publié dans l’après-midi du Jeudi 31 octobre sur sa page Facebook, André Michel rapporte que la Commission de facilitation et de passation du pouvoir communiquera sous peu la liste de ces trois (3) juges. « Ces noms seront transmises aux signataires de l’Alternative Consensuelle pour la Refondation d’Haïti », informe Me Michel.

    L’opposant farouche au pouvoir en place précise que le choix du remplaçant du président Moïse, sera fait en concertation avec tous les membres de cette structure, composée de plusieurs organisations politique de l’opposition. André Michel souligne que le juge choisi sera automatiquement installé au Palais national de manière provisoire, durant la période de la transition. « Ce président par intérim, selon l’Alternative consensuelle, sera accompagné d’un Premier ministre issu de l’opposition plurielle », a-t-il souligné, invitant la population à maintenir la mobilisation à travers les rues.

    Selon les membres de l’opposition, le gouvernement de transition aura pour mission de faciliter la tenue du procès Petrocaribe, ainsi que l’organisation de la « Conférence nationale haïtienne souveraine ». Aussi, la Commission de facilitation et de passation du pouvoir planifiera le départ immédiat du chef de l’Etat avant de procéder à l’installation d’une structure dénommée « Autorité Nationale de Transition ».

    Cette annonce concernant le nom du remplaçant de Jovenel Moïse, arrive à un moment où des voix commencent à s’élever à l’échelle internationale pour condamner ce qui se passe en Haïti. Dans une prise de position ce jeudi 31 octobre, l’Amnesty International confirme que la police haïtienne a fait usage excessif de la force contre les manifestants. « Les autorités haïtiennes doivent mettre fin au recours illégal à la force contre les opposants, et garantir le droit à la vie de ces personnes », a déclaré la directrice du programme Amériques de l’organisation, Erika Guevara-Rosas.

    Soulignons que depuis le début des mouvements de protestations à Port-au-Prince et dans les villes de province, des organisations de défense des droits humains ont recensé plus de trente (30) morts par balles, dont plusieurs des mains de la police.

  • RD : un Haïtien de 18 ans retrouvé pendu dans un champ de canne

    RD : un Haïtien de 18 ans retrouvé pendu dans un champ de canne

    Les mains liées et pendu, un jeune haïtien connu sous le nom d’Eddy Pierre, âgé de 18 ans, a rendu l’âme en République dominicaine, a-t-on appris d’un média local hier vendredi.

    Le drame est survenu à l’intérieur d’un champ de canne à sucre dans la municipalité de Montellano à Puerto Plata. Les autorités judiciaires et policières ont admis l’hypothèse de l’homicide, puisque le jeune homme qui habitait le secteur d’El Tamarindo a été retrouvé pendu les mains liées.

    Ce crime vient augmenter le nombre des victimes dans le rang des ressortissants haïtiens faisant face à une campagne de haine, décriée par les organismes des droits humains, en République dominicaine. Citons les cas d’Edno Etienne tué par un officier de police dominicain en février dernier et Jean Claude Jean Harry retrouvé mort le 11 février 2015, dans les mêmes circonstances qu’Eddy Pierre.

    Source

  • Un journaliste de MagHaiti tabassé par des hommes armés

    Un journaliste de MagHaiti tabassé par des hommes armés

    Franciyou Germain, journaliste du média en ligne Maghaiti, a été tabassé par des individus armés, à Nazon (Morne DD) ce vendredi, alors qu’il couvrait une manifestation anti-gouvernementale.

    Le journaliste Franciyou Germain a été agressé physiquement ce vendredi 1er novembre par des assaillants qui, après l’avoir frappé violemment, ont cassé ses matériels de travail (caméra, micro…). Le travailleur de la presse couvrait une énième journée de protestation antigouvernementale tenue à Port-au-Prince.

    En entretien avec Loop après l’incident, Germain est revenu sur ce qui s’est passé. “Après avoir sillonné plusieurs rues de la capitale, je voulais aller couvrir la manifestation de Ramram. En traversant la morne DD [Nazon, ndlr], je me suis rendu compte que trois individus me suivaient”, nous dit-il encore sous le choc.

    “Je me suis arrêté et j’ai sorti mon téléphone pour le leur donner. L’un d’eux s’est avancé et commençait à me menacer en me pointant son index dans la bouche. Un autre a dégainé son pistolet pour me le pointer au visage” nous raconte le PDG du groupe MagHaiti.

    Durant cette scène d’agression, la victime a été secourue par des manifestants qui, voyant ce qui se passait, sont intervenus et ont forcé les malfrats à cesser leur forfait et s’enfuir.

    “Le téléphone, la camera ont tous été endommagés, mais je suis en vie” se résigne le reporter qui dit avoir déposé plainte pour agression au commissariat de Port-au-Prince.

    Par cette mésaventure, Franciyou Germain vient s’ajouter à une longue liste de journalistes et médias victimes d’agression au cours de cette crise qui perdure depuis environ 8 semaines en Haïti.

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