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  • Des détonations font trembler l’entrée sud de P-au-P et Martissant

    Des détonations font trembler l’entrée sud de P-au-P et Martissant

    Depuis hier lundi 28 octobre, des armes lourdes chantent à l’entrée sud de Port-au-Prince, à l’avenue Bolosse ainsi qu’à Martissant. La circulation est morte au Bicentenaire ainsi qu’à Martissant, assiégés par des groupes lourdement armés.

    Des riverains, contactés par la rédaction, sont incapables de préciser s’il s’agissait d’affrontements entre groupes rivaux ou entre forces de l’ordre et gangs armés. Mais ils décrivent une situation de peur, comme c’est le cas au quotidien dans ces zones.

    Dans une vidéo circulant sur les réseaux sociaux et dont la rédaction n’est pas encore en mesure de confirmer l’authenticité, on voit un jeune homme, mettre les forces de l’ordre au défi de se pointer dans les zones avoisinantes de Bolosse et de Martissant où aucun véhicule n’a été remarqué depuis maintenant deux jours.

    Entre temps, Haïti connait une 8esemaine « lock ». Toutes les activités sont au point mort suite au dernier appel à mobilisation de l’opposition politique invitant le population à rester chez elle jusqu’au départ de Jovenel Moïse.

  • Petit-Goâve: le sous-commissariat et les locaux de l'ED''H incendiés

    Petit-Goâve: le sous-commissariat et les locaux de l'ED''H incendiés

    Des manifestants réclamant le départ de Jovenel Moïse ont mis le feu au sous-commissariat de Petit-Goâve ce mardi 29 octobre. Ces individus ont également incendié le bâtiment logeant l’Electricité d’Haïti (ED’H).

    Les incidents se sont produits ce 29 octobre, dans la commune de Petit-Goâve, alors qu’une manifestation se déroulait dans la ville, qui a connu de vives tensions ce mardi. Une foule de protestataires a investi les rues pour réclamer la démission du chef de l’Etat. Les bâtiment logeant le sous-commissariat de police a été flambé par des manifestants.

    Hormis le poste de police, plusieurs autres édifices publiques ou privés ont été attaqués à Petit-Goâve. Parmi les institutions victimes, se trouve l’Electricité d’Haïti (ED’H). Le bureau de l’ED’H a été en effet mis à feu. Des véhicules et autres matériels trouvés sur les lieux ont été soit détruits complètement, soit touchés par les flammes.

    Pendant leur passage, les protestataires ont attaqué également les locaux logeant le tribunal de paix de la cité de Faustin Soulouque. Ces individus ont saboté puis brûlé des documents et matériels trouvés à l’intérieur. On rapporte à la rédaction de Loop Haïti, que les contestataires avaient également ciblé un mini-market de la ville.

    Pour les auteurs de ces actes, « la lutte pacifique n’est plus à l’ordre du jour. […] Jovenel Moïse doit partir. Et il partira », ont-t-ils déclaré.

    Soulignons que depuis maintenant huit (8) semaines, la mobilisation contre le pouvoir se poursuit à Port-au-Prince et dans plusieurs villes de province. Les manifestants, de plus en plus violents, se disent déterminés à garder leurs barricades dans les rues jusqu’au départ du chef de l’Etat qui, lui, appelle au dialogue.

  • Haïti: les quatre étudiants arrêtés le 25 octobre libérés ce mardi

    Haïti: les quatre étudiants arrêtés le 25 octobre libérés ce mardi

    C’est confirmé. Les étudiants viennent d’être libérés”, nous a appris ce 29 octobre, Me Carlo Germain, l’un des avocats des concernés.

    Les quatre étudiants arrêtés le 25 octobre dernier alors qu’ils manifestaient dans la capitale, ont été remis en liberté ce mardi, soit cinq (5) jours plus tard. Cette décision fait suite à une nouvelle ordonnance rédigée le 28 octobre et signée par le substitut commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince, Me Claude Bedford. Le document a été transmis à notre rédaction.

    Ces étudiants, trois hommes et une jeune femme, avaient été arrêtés vendredi 25 octobre, à Bois Verna, dans le cadre d’une manifestation. Malgré l’ordre d’un juge demandant leur libération, ils avaient été gardés durant tout le week-end. Ces jeunes, accusés par les autorités d’avoir eu un “comportement violent” lors de leur marche, avaient été conduits au Pénitencier national.

    Haïti: arrestation de 4 étudiants à Port-au-Prince le 25 octobre 2019

    Leur camarade, Josemica Joseph, avait été par la suite transférée au commissariat de Port-au-Prince en raison de son état de santé.

    Si la nouvelle de la libération de ces jeunes militants réjouit leurs proches et familles, pour Carlo Germain, l’un de leurs avocats défenseurs, il y a de quoi continuer à dénoncer. Il nous confie d’ailleurs qu’il a fallu “beaucoup de pression” pour obtenir la mise en liberté des étudiants malgré la deuxième ordonnance. Parce que, dit-il, d’autres forces étaient derrière cette affaire.

  • Manifestation : le MAE déplore les attaques contre les ambassades

    Manifestation : le MAE déplore les attaques contre les ambassades

    Le ministre des affaires étrangères, Edmond Bochit, déplore et condamne les attaques perpétrées contre les locaux des ambassades de France et du Canada en Haïti. Le chancelier qui qualifie ces actes de ‘’barbares’’ souligne qu’ils sont contraires à l’esprit d’hospitalité du peuple Haïtien.

    Le vendredi 25 octobre et le dimanche 27, deux ambassades ont subi des attaques de la part des manifestants qui réclament le départ de Jovenel Moïse dans la capitale haïtienne. A la date du 25 octobre, d’après le communiqué du ministère des affaires étrangères (MAE), « des manifestants avaient lancé un cocktail Molotov et des jets de pierres sur l’Ambassade de France à Port-au-Prince ».

    Deux jours plus tard, soit le dimanche 27 octobre, des manifestants ont érigé une barricade de pneus enflammés devant l’enceinte de l’ambassade du Canada sise à Delmas 75 et en ont profité pour lancer un cocktail Molotov sur la cour de ladite ambassade blessant à la jambe un agent de la Police nationale d’Haïti (PNH) qui assurait la sécurité de cette mission diplomatique.

    Le ministère des affaires étrangères n’est pas resté bouche bée. Dans un souci de solidarité avec les ambassades, le ministère dit « condamner avec force ces actes barbares qui sont contraires à l’esprit d’hospitalité du peuple haïtien et au principe d’inviolabilité que jouissent les missions diplomatiques, conformément à l’article 22 de la Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques ».

    Ces incidents ont contraint le chancelier haïtien à présenter ses excuses auprès de l’ambassadeur de France, José Gomez et celui du Canada, Stuart Savage, récemment accrédité en Haïti. Le ministre rassure les étrangers par ailleurs que la DCPJ enquête déjà sur le dossier afin de déterminer les auteurs des attaques.

    Notons que le climat d’insécurité qui sévit dans la capitale haïtienne a poussé ces deux ambassades à annuler les rendez-vous consulaires, de ce lundi 28 octobre, (demande de visas et autres) pour une date ultérieure, selon ce que les deux institutions diplomatiques ont annoncé sur Twitter.

  • Des journalistes de Métropole inquiets après l'interview avec Moïse

    Des journalistes de Métropole inquiets après l'interview avec Moïse

    Environ 24 heures après la diffusion de l’interview exclusive réalisée avec le président Jovenel Moïse, des journalistes de Radio Télé Métropole affirment être l’objet de menaces. En pleine rue ou sur les réseaux sociaux, ils sont sont la cible de remarques d’individus qui les accusent de jouer le jeu du pouvoir. Ces travailleurs de la presse dénoncent une « atteinte grave à la liberté de la presse. »

    Relayée dans la matinée du 27 octobre via plusieurs chaînes de télévision et sur les réseaux sociaux, l’interview exclusive de la télévision Métropole avec le président Jovenel Moïse a provoqué depuis lundi une vague de réactions négatives vis-à-vis du média, considéré par certains d’être proche de l’actuelle équipe au pouvoir. Mais surtout, des observateurs critiquent vertement la façon dont cet entretien a été mené dans le cadre de l’émission « Le Point », très suivie.

    L’institution hébergeant le show est accusée d’avoir offert un plateau en or au président de la République pour qu’il puisse attaquer ses adversaires politiques et justifier son échec au pouvoir, alors qu’il fait face à des appels à la démission de nombreux secteurs nationaux. Des membres de la Radio Télévision Métropole ont confié à Loop Haïti qu’ils fonctionnent dans l’inquiétude la plus totale après l’entretien.

    « Quand je vois le nombre de menaces et remarques en tout genre que j’ai pu recevoir ce matin sur mon téléphone après le discours du président, que j’en reviens finalement à louer le ciel de ne pas être un journaliste politique », a écrit Jérémie Tillon. Le reporteur et présentateur de radio Métropole se montre inquiet pour sa sécurité, particulièrement durant les mouvements de protestation.

    D’autres collaborateurs du 100.1 et de la chaine 52 affirment également qu’ils sont sur le qui-vive. Cet entretien est vu pour eux comme un lourd fardeau. Certains d’entre eux ayant requis l’anonymat, indiquent avoir reçu personnellement des menaces après la diffusion de l’entretien.

    « Ce mardi, j’ai failli être agressé par des individus qui surveillaient des barricades de pneus enflammés dans un quartier de Port-au-Prince. Après avoir exhibé ma carte de presse Métropole, j’ai reçu des menaces verbales », témoigne un collaborateur du média qui s’est confié à Loop Haïti. Il souligne que ses collègues travaillent dans le stress et l’inquiétude.

    Pour une autre catégorie de journaliste de RTM, il s’agit d’une campagne visant à empêcher cet organe de presse, qui vient de fêter ses 49 ans d’existence, de travailler en toute liberté. « La liberté de la presse est menacée en Haïti », a brièvement réagi Eddy Jazil, rédacteur du journal Metro News sur la Chaine 52.

    Jusqu’à ce mardi dans l’après-midi, aucune réaction ou déclaration de la part de la direction générale de la station. « Toutefois, des mesures sont en train d’être prises en vue de sécuriser les locaux de la station à Delmas 52 », a révélé une source proche de l’institution médiatique.

    Rappelons que des journalistes de Radio Télé Métropole ont déjà l’objet de menaces et d’agressions cette année. Le 19 juin 2019, un véhicule de la station a été caillassé au niveau de Turgeau, non loin de Pont Morin par des individus non identifiés. Moins d’une semaine après, soit le 24 juin, un autre véhicule de la RTM a été victime d’une attaque similaire, toujours à Turgeau.

  • Pourquoi devrions-nous aussi être malades lorsque Port-au-Prince est malade ?

    Pourquoi devrions-nous aussi être malades lorsque Port-au-Prince est malade ?

    Un beau jour, il m’est arrivé de trouver mon petit frère en pleine réflexion. Perdu dans ses pensées, il se grattait la tête, tapotait ses petits pieds sur le sol, l’air angoissé. Je savais que quelque chose n’allait pas, il y avait un truc qui le chiffonnait. J’ai alors décidé de lui demander ce qui le préoccupait autant. Il me sourit bêtement, puis réussit à me sortir cette question : Qui dois-je prendre comme modèle dans ce pays ?

    Prise de court, je ne savais pas plus trop quoi lui répondre ; plusieurs secondes se sont écoulées sans que j’aie pu répondre à sa question, dont, pendu à mes lèvres, il guettait la réponse. Que pouvais-je bien répondre à un jeune en quête d’identité ? Quel genre de modèle positif dans la société puis-je lui donner en exemple ? Politiciens, avocats, hommes d’affaires, comédiens, difficile à dire…

    Finalement je lui ai demandé ce qu’il cherchait à travers ce modèle qu’il voudrait s’attribuer. Mais j’allais comprendre le mobile de son inquiétude quand il m’a dit : pourquoi devrions-nous aussi être malade lorsque Port-au-Prince est malade ? Il avait complètement raison, nous sommes toujours là, à attendre que Port-au-Prince bouge pour bouger à son rythme. La capitale d’Haïti, est-elle un modèle pour les autres villes du pays ? Si elle l’a été par le passé, ce n’est plus le cas aujourd’hui. A considérer la situation de cette ville, nous ne pouvons que constater l’état lamentable dans lequel elle est plongée actuellement. Elle offre une image indigne d’une capitale qui devrait pourtant être remarquable à tous les points de vue.

    Je suis restée muette face à toutes ces interrogations venant d’un jeune de son âge. À dire vrai, je ne savais vraiment pas quoi lui dire. J’ai d’abord pensé à un modèle de réussite dans la famille, un oncle qui gère sa propre firme de construction mais qui parallèlement fait des œuvres caritatives dans sa communauté. Puis je me suis dit que je pourrais aller aussi loin que lui proposer l’homme le plus influent de la ville des Cayes, ou mieux, les millionnaires qu’il voit souvent dans les émissions de télé, les grands chercheurs, les grands inventeurs et techniciens qui réalisent des choses impensables… que pouvais-je bien lui apprendre de plus que ce qu’il sait déjà ?

    Sachant qu’il attendait sa réponse, je l’ai rejoint pour lui dire : Vois-tu, nous avons des modèles dont nous pouvons nous inspirer même si on n’en a pas toujours conscience ; parfois nous cherchons vainement l’espoir dans les beaux discours, ou dans les actions humanitaires qui pourraient changer notre conception de la vie. Moi ce que je te dis aujourd’hui c’est que le vrai modèle que tu dois suivre c’est toi-même, il faut arrêter de regarder ou de compter sur les autres pour bâtir quelque chose dont tu pourrais être fier.

    Pour réussir le modèle à suivre c’est nous-mêmes, et ceci dans les moindres petits détails de la vie. Chacun a une contribution personnelle à apporter pour atteindre ces idéaux de modèles positifs tant recherchés. Sois d’abord un modèle pour toi-même avant de l’être pour les autres.

  • « Haïti à l’ère de l’insécurité en 3D »

    « Haïti à l’ère de l’insécurité en 3D »

    Il n’y pas seulement une, deux ou trois zones de non-droit dans la Capitale, pour ne pas dire dans le pays ; les menaces sont partout, les bandits changent de quartiers beaucoup plus que la lune désormais. La perception d’insécurité grandit à chaque fois qu’une personne se fait tuer, kidnapper ou braquer. 

    Haïti se gangstérise, rien ne semble retenir un jeune qui veut soit faire de l’argent facile ou juste être à la mode. Les foyers pullulent, les fournisseurs, ce n’est pas ce qui manque. Ils sont politiciens, hommes d’affaires ou barons de la drogue.

    Quand ça va mal, on se tourne vers la Police ; cette institution qui fait face à une série de problèmes récurrents, notamment celui de moyens. Pas plus tard que la semaine dernière, alors qu’il saluait l’arrivée d’une nouvelle promotion, le directeur de la Police Nationale d’Haïti (PNH) n’a pas manqué de souligner combien son travail était difficile car, a-t-il rappelé, prévenir le banditisme et la criminalité nécessite des ressources humaines et financières ; et apparemment il ne peut se targuer d’en avoir à profusion. 

    Dans la lutte contre l’insécurité, la police est un élément mais d’autres acteurs doivent également s’y impliquer. 

    Aujourd’hui, y-a-t-il une vraie politique publique en matière de sécurité ? Il n’y a qu’à regarder le défi que représente Martissant par exemple pour avoir un début de réponse.

    Comme si les Haïtiens n’étaient pas assez punis, l’insécurité routière se mêle de la partie. Pas un jour ne passe sans qu’on n’enregistre au moins un cas d’accident faisant des blessés et/ou des morts. Ce phénomène tuait silencieusement jusqu’à ce que l’organisation Stop Accident fasse la lumière tous les dimanches sur les chiffres de la semaine et ils font peur. Que ce soit le comportement des chauffeurs, la qualité des routes, l’état des véhicules ou tout simplement l’irresponsabilité des dirigeants, des vies sont fauchées laissant des familles dans le deuil. 

    Pire encore, selon les données publiées par l’organisation du Dr Garnel Michel, c’est la force vive du pays qui est victime : professionnels, marchands, jeunes. 

    Quand ce ne sont pas des balles assassines ou des véhicules, l’Haïtien fait aussi face à l’insécurité alimentaire. Et là encore, la situation devient de plus en plus préoccupante. L’inflation galope, les conditions météorologiques défavorables n’aident pas, la coordination nationale de la sécurité alimentaire a tiré la sonnette d’alarme. En avril 2019, une étude réalisée par la CNSA révélait que près de 50% de la population en milieu rural était en insécurité alimentaire. Pour tout le pays, la prévalence s’élève à 70%. 

    La compétition est donc lancée ! Entre les actes de banditisme, les accidents et la faim, qui fera plus de victimes ? Une situation d’insécurité qui vient confirmer ce que disaient jadis nos grands parents : Chak Ayisyen ap mache ak kouvèti sèkèy li anba ponyet li. 

    Par Luckner Garraud

  • Haïti: l’opposition déplie son nouveau calendrier de mobilisation

    Haïti: l’opposition déplie son nouveau calendrier de mobilisation

    Le calendrier de protestation qui couvre toute la semaine du 28 octobre au mardi 5 novembre est dévoilé ce lundi après-midi lors d’une conférence de presse donnée par les membres de l’opposition.

    Les opposants appellent toute la population à mobiliser dans les zones et villes respectives, afin de réclamer le départ de Jovenel Moïse. Les leaders de l’aile dure de l’opposition dont Nenel Cassy, Youri Latortue ainsi que d’autres anciens parlementaires, s’étaient réunis ce lundi après-midi au local du MOPOD, à Turgeau, afin de fixer leur position sur la crise. Les manifestants ne quitteront pas la rue jusqu’à Jovenel Moïse laisse le pouvoir, selon les propos tenus par les conférenciers. « La paix, la communion [entre tous les secteurs et le peuple haïtien, ndlr], le progrès passent d’abord par la démission du président Moïse », a indiqué Nenel Cassy.

    Maître André Michel a, dans sa prise de parole, demandé aux manifestants de faire preuve de « discipline et de principe » dans cette lutte contre l’équipe au pouvoir menée par divers secteurs depuis plusieurs semaines. Mardi 29 octobre, les ouvriers [de la sous-traitance ou du textile, ndlr] regagneront les rues pour une nouvelle journée de manifestations contre les conditions inhumaines de vie et de travail. Mercredi 30 octobre, tout le secteur hospitalier : médecins, infirmières, sages-femmes, ambulanciers, secouristes, bref tous les professionnels de santé seront dans les rues mercredi de manière pacifique.

    Jeudi 31 octobre, ce sera au tour des chauffeurs de motocyclettes de faire entendre leur voix dans la capitale, a poursuivi André Michel. Vendredi 1ernovembre, jour de la Toussaint, ramènera le 100e anniversaire de la mort de Charlemagne Péralte, résistant à l’occupation américaine. « Vendredi, nous allons saluer la mémoire de Charlemagne Péralte », a-t-il fait savoir, rappelant la besoin de « construire un pays solide, souverain, calqué sur le modèle dessalinien ».

    Samedi 2 novembre, mobilisation générale dans tout le pays et dans les villes de province qui, dit-il, communiqueront bientôt leur calendrier d’activité. Dimanche 3 novembre, jour des funérailles du journaliste Néhémie Joseph assassiné semaine passée à Mirebalais, sera une journée de solidarité aux victimes de répression du gouvernement, disent les opposants. Lundi 4 novembre sera consacré « journée de deuil national ». Depuis 4h du matin, les militants seront debout pour exiger le départ du président. Mardi 5 novembre, c’est l’opération « rétablir l’ordre » dans l’administration publique. L’opposition appelle les protestataires à confisquer tout véhicule de ministres, de directeurs généraux circulant sur les voies publiques.

    André Michel exhorte aux manifestants de ne pas attaquer, ni agresser les journalistes, les enfants, le personnel ambulancier, les femmes enceintes. Il annonce que la mobilisation sera maintenue jusqu’à ce que Moïse, qui ne cesse d’appeler au dialogue, quitte le pouvoir.

  • 8e semaine lock: une deuxième journée de paralysie

    8e semaine lock: une deuxième journée de paralysie

    Sans surprise, le pays connaît une nouvelle semaine de paralysie totale, la huitième depuis le début des mouvements visant la démission de Jovenel Moïse du pouvoir, provoqués par le scandale de corruption relatif au fonds PetroCaribe.

    Dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince plus précisément au Centre-ville de Port-au-Prince, à Delmas, Pétion-Ville, entre autres endroits, des barricades sont remarquées. Le transport en commun, le commerce, et les écoles ne fonctionnent pas.

    Le tableau est le même à l’entrée sud de la capitale notamment au niveau de Portail de Léogâne et Martissant où l’accès s’avère difficile.

    Au niveau de la nationale numéro 1, les militants restent fermes derrière leurs barricades. C’est le cas de la Croix des Bouquets , Cité-Soleil , Cabaret , Tabarre et Arcahaie.

    La police est présente dans plusieurs endroits et elle met les bouchées doubles en vue de faciliter la circulation de véhicules et de piétons.

    En Haïti, depuis 2 mois, c’est la loi de la rue qui s’impose aux citoyens lamda comme aux grands manitous(chabrak). Ici, si le chef de base et/ou commandant de quartier annonce le blocage des rues et des activités, il n’y a pas une autorité qui puisse défier son ordre. Ici, aucune assurance du président n’est garantie. Comme de fait, les institutions scolaires n’arrivent toujours pas à rouvrir leurs portes. Le commerce formel, les banques commerciales, le trafic entre autres, sont toujours en mode pause sous les yeux impuissants des autorités. Alors, on est là pour combien de temps encore?

  • L’internet, est-il en train de tuer la presse haïtienne?

    L’internet, est-il en train de tuer la presse haïtienne?

    Alors que 2016 rendait l’âme, un débat d’une virulence enfantine a éphémèrement capté l’attention des internautes haïtiens. D’un côté, un ancien journaliste, qui depuis lors a abandonné la tour de garde pour croiser le fer dans l’arène politique et de l’autre, son ancien collègue. La discussion, ô combien passionnée, portât sur l’état de la presse haïtienne, ses manquements et faiblesses, son présent noirci, sa gloriole d’avant.
    D’une écriture aigre, mais non moins soutenue, le premier a dressé un réquisitoire contre la déchéance de ceux dont la mission consiste à informer les citoyens. Avec un aplomb que lui conteste le second, il s’est indigné au sujet de cette presse de « caniveau » à la « bêtise métastasée » portée par « l’insuffisance intellectuelle, le vedettariat creux et le sensationnalisme de bas étage ». Ces critiques, serinées sur un ton passéiste, ont été reprises, « likées », commentées, mais le débat réel n’a toujours quand même pas eu lieu.
    Et les raisons expliquant cet état de fait  sont multiples.
    D’abord, il ne suffit pas d’asséner des poncifs, de confondre la constatation générale avec une soudaine épiphanie, de remarquer, comme tout le monde, que le soleil ne s’est point levé pour faire œuvre qui vaille. Mais plus encore, la classique réplique de l’ancien collègue est symptomatique d’une façon de débattre en Haïti : celle de s’attarder sur le doigt plus que sur la lune qu’il pointe, de se quereller sur les personnes tandis que l’embarcation prend de l’eau, de n’apporter à la discussion que ses frustrations, ses aspirations contrariées sans daigner élargir l’horizon ni répondre aux préoccupations soulevées.
    Admettons volontiers les tares inhérentes à la presse haïtienne. La corporation partage avec d’autres secteurs un manque de formation. Des histrions l’ont pris en otage et dire que la plupart de ses membres n’en maîtrisent guère le rôle, l’éthique, l’histoire, les bouleversements actuels et futurs est une lapalissade. La dernière élection en a donné une illustration éclatante. Et s’il eut fallu en tirer une conclusion provisoire, ce serait que le chemin menant vers une presse plurielle, compétente, consciencieuse, non partisane, objective et morale est difficile d’atteinte, encore moins quand collectivement sa recherche ne semble pas être la priorité.
    C’est drapé de ces déficiences que ces travailleurs de l’information entament aujourd’hui leur transition numérique. Selon les derniers chiffres du CONATEL, les téléphones portables couvrent 95 % du territoire national et des 10 millions d’habitants que compte Haïti, 1,7 sont connectés sur internet. Avec la « démocratisation » des smartphones et l’amélioration progressive de la qualité des connexions, « la toile » deviendra, notamment par le truchement des réseaux sociaux, la source privilégiée d’information pour un pourcentage significatif de la population active et politique.
    Si avant, un filtre principalement économique contenait les velléités de ceux qui voulaient créer un média, avec internet, la digue a lâché. Pour un coût moindre et dans l’anonymat absolu, n’importe quel quidam peut se targuer de posséder un « média en ligne » et par là même, concurrencer des institutions formelles aux procédés et personnels établis, réputés et parfois professionnels.
    La plus grande menace vient de la culture d’internet et de ses algorithmes opaques. Le fil d’actualité d’un utilisateur Facebook est taillé sur mesure. L’information qui lui est délivrée tient compte de son réseau d’amis, de ses préférences et goûts, de sa propension à visiter et à aimer tel type de contenu, qu’il soit factuellement vérifié ou pures affabulations et aussi de la réaction générale du réseau par rapport au contenu en question. Un article journalistique fouillé sur les liens étroits entre les politiques haïtiennes et la racaille n’aura jamais autant de succès que « la révélation sur la dissolution de Carimi » ou les récentes escapades amoureuses de Rutshelle Guillaume.
    Le modèle économique qui en découle est des plus effrayants pour la survie de la presse « utile » et de la démocratie. Car si le média traditionnel pouvait se targuer d’un capital « symbolique », d’un pool de consommateurs réguliers, sur internet, le « clic » et les réactions sur les réseaux sociaux sont rois. L’annonceur, en quête de résultat, privilégiera ceux qui en sont les champions et ces derniers pour plus de résultats produiront articles et vidéos flattant l’ignorance et perpétuant la bêtise.
    Le président élu des dernières élections a fait sa première déclaration après les résultats définitifs sur Twitter. Ce constat seul témoigne d’un changement majeur dans la communication politique, dans le rapport direct, sans intermédiaire entre gouvernants et gouvernés, dans la consommation d’information sans contextualisation et dans la transformation du smartphone, donc, du citoyen, en producteur et destinataire de contenu. Ces enjeux ne sont guère spécifiques à Haïti. Et pour une fois, nos turpitudes s’alignent avec les préoccupations de plusieurs autres pays dans le monde.
    Comment faire du journalisme responsable à l’ère des médias sociaux ? Comment définir un média, quelle place lui accorder quand l’algorithme n’établit guère une hiérarchie entre vraie et fausse information, entre média sérieux et officine de propagande ? Quel rôle assigner au journaliste dans un monde où la politique se passe de ses compétences, longtemps jugées contraignantes, pour s’adresser directement au public ? Comment faire émerger le sens commun, favoriser le débat et la compréhension de l’actualité afin d’inspirer des choix citoyens et éclairés ?
    Si ces interrogations n’ont pas l’attrait des petites querelles intéressées qui toujours agitent la sphère politique et médiatique, elles ne sont pas moins vitales. Et pour l’avenir du métier. Encore plus pour le devenir de la fragile démocratie haïtienne.
    Widlore Mérancourt

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