Plusieurs milliers de personnes ont basculé dans la pauvreté au cours des 5 dernières années à cause de la terreur des gangs armés. Les institutions publiques peinent à prendre en charge les victimes de la violence et à contribuer au relèvement des petites entreprises. La caisse d’assistance sociale (CAS), l’une des 9 institutions chargées d’accorder une assistance publique aux personnes vulnérables, ne peut répondre à la forte demande des déplacés internes et d’autres personnes vulnérables telles les handicapés et les personnes du troisième âge.

Le directeur de la CAS, M. Johnny Raphaël, affirme que les requêtes sont supérieures à 3 000 par jour. Les sollicitations concernent notamment les loyers, les frais scolaires et l’assistance pour une petite entreprise. Une assistance spéciale est accordée aux personnes déplacées qui se trouvent dans les sites d’hébergement.  L’institution ne peut satisfaire qu’une infime partie des requêtes. Plus de 5 000 subventions et allocations sont distribuées mensuellement.

Le budget de 35 millions de gourdes est largement insuffisant pour répondre à la crise économique actuelle liée à la terreur des gangs. Ces fonds sont mobilisés selon la législation à partir d’une cotisation de 1% de la masse salariale de la fonction publique et du secteur privé.  Le directeur de la CAS sollicite du ministère de l’économie et des finances l’adoption d’un budget de 102 millions de gourdes afin de prendre en charge un plus grand nombre de personnes vulnérables.

Lutte contre la corruption 

Les subventions représentent 70% des rubriques de la CAS. Il s’agit de l’un des aspects les plus délicats de l’institution. Plusieurs scandales de corruption ont été rapportés au cours des dernières années. En réaction la Présidence et la Primature ont repris le contrôle de cette institution en nommant un technicien dépouillé d’attache partisane. Le nouveau directeur assure avoir adopté des dispositions en vue d’empêcher des détournements de fonds. Il cite en exemple l’obligation pour les bénéficiaires de récupérer personnellement les subventions. Il fait état également de l’analyse des requêtes par des techniciens en service sociale pour s’assurer de la véracité des sollicitations.

Renforcement institutionnel 

Le directeur assure avoir épuré l’institution en écartant les contractuels absentéistes. Plus de 600 contractuels composent l’équipe de la CAS. Plus de 70% d’entre eux devraient recevoir leurs lettres de nomination dans les prochains jours. En outre M. Raphaël a lancé un programme de recrutement des veuves de policiers tués lors des affrontements. Un premier groupe de 30 personnes ont été intégrées récemment.

Le directeur se réjouit de la latitude que le Premier Ministre , M. Alix Didier Fils Aimé, lui a accordé pour engager les réformes nécessaires en vue de revitaliser cette institution. La CAS intervient également sur le plan sanitaire. Dans le cadre de partenariat avec des hôpitaux privés des interventions chirurgicales sont réalisées au profit de personnes vulnérables.

LLM / radio Métropole Haïti 

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