De nombreux spécialistes expriment leur préoccupation face à la recrudescence des actes de kidnapping dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Si certains gangs ont modifié leur mode opératoire, ils font toujours montre d’une maîtrise de la logistique en ce qui a trait aux séquestrations.
Au cours des dernières semaines plusieurs cas d’enlèvement ont été recensés à Bourdon. Un haut cadre de la PNH a expliqué que les criminels ont fui Delmas, où la majorité des cas d’enlèvement avaient été enregistrés. Les forces de l’ordre avaient récemment déployé un dispositif dissuasif dans cette zone. En dépit de tout plusieurs personnalités sont toujours séquestrées parmi eux, M. James Boyar, chef de cabinet du ministre de la défense.
La complicité des résidents des bidonvilles
En ce qui a trait à la capacité des chefs de gangs à maintenir en détention des victimes pendant plusieurs mois. L’ancien Secrétaire d’État à la sécurité publique, M Réginald Delva, met en évidence des paramètres qui permettent aux gangs de conforter leur positions. Dans les bidonvilles, repaires des gangs, les résidents apportent leur plein soutien aux criminels.
Des victimes ont rapporté que les habitants de ces bidonvilles applaudissaient la capture de nouvelles victimes. Ces gens bénéficient directement de l’économie criminelle. De plus les chefs de gangs savent que les forces de l’ordre ne lanceront pas d’opération pour libérer les victimes afin de ne pas mettre leur vie en danger. Les bandits ne cachent pas l’endroit où ils séquestrent les gens sachant pertinemment que les résidents constituent des boucliers humains.
Une logistique et des renseignements
Le directeur d’Alerte Haïti dit comprendre pourquoi les opérations dans les repaires des gangs sont difficiles mais questionne le manque d’efficacité de la prévention dans les zones sous contrôles des forces légales. Il rappelle que plusieurs cas d’enlèvement ont été perpétrés dans ces zones considérées comme safe.
En outre les bandits ont mis en place une grande logistique en vue de capturer leur victime. Certaines personnes ont été surveillées pendant plusieurs mois à l’aide de drones. Le renseignement des criminels s’est considérablement amélioré.
Appel à la vigilance
L’expert en sécurité publique presse les citoyens à faire montre de vigilance en vue de limiter les dégâts en cas d’enlèvement. Il s’insurge notamment contre des chefs d’entreprises circulant avec des informations financières de leur business. Dans certains cas les bandits ont eu plus qu’ils n’en demandaient.
Dans le cadre des menaces à la sécurité publique, M. Delva évoque le non respect des engagements pris par les autorités. Il rappelle que dans le passé certains officiels n’avaient pas honoré les promesses prises à travers un intermédiaire pour faciliter la réalisation de certaines cérémonies officielles. Il s’agit de révélations sur les pratiques des anciennes administrations. Des sources avaient révélé que certains chefs de gangs avaient joué le rôle de médiateur auprès d’autres caïds.
M. Delva dénonce un double jeu institutionnel et presse les autorités à adopter une position claire face aux gangs. Il faut en finir avec cette hypocrisie qui permet continuer de dialoguer avec les gangs tout en les menaçant.
Par ailleurs, M. Delva note une hausse des rançons qui coïncide avec une diminution du nombre d’enlèvement. Aujourd’hui une rançon peut être l’équivalent de 20 fois le montant d’une rançon au cours des années précédentes dit-il soulignant que les gangs contrôlent 30% de l’économie nationale. De nombreuses familles vivent un cauchemar et sont totalement décapitalisées par le phénomène du kidnapping. Des entrepreneurs font montre de résilience et continuent à faire fonctionner leur entreprise alors qu’en réalité celles ci sont en faillite.
LLM / radio Métropole Haïti
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