Les mirebalaisiens sont divisés autour d’une éventuelle cohabitation avec les gangs. Une tentative de plusieurs habitants de revenir dans leurs quartiers, suite à une entente avec le chef de gang de Canaan, s’est soldée par un échec. Les déplacés, qui voulaient évaluer l’état de leurs maisons, ont été dispersés par les forces de l’ordre. Les autorités locales, dont le Maire et le Délégué, n’avaient pas approuvé la démarche de plusieurs leaders de la société civile. L’entente conclue avec le chef de gang de Canaan faciliterait le retour des habitants qui avaient fui la zone lors de l’invasion des bandits.

Le Maire rejette toute forme de cohabitation

Le Maire Lochard s’oppose à toute possibilité de cohabitation avec les gangs. Il assure que la majorité de la population, ayant été chassé de leurs maisons, veulent revenir en bénéficiant d’un climat sécuritaire instauré par les forces de l’ordre. M. Lochard a laissé entendre qu’il n’avait joué aucun rôle dans le processus dénommé retour de la paix et qui devait être concrétisé par une cohabitation avec les criminels. Il révèle avoir reçu hier dimanche 19 juillet 2026, une correspondance des initiateurs du mouvement sollicitant pour la première fois une réunion de travail.

Les déplacés sont exaspérés

Le Maire comprend l’exaspération des déplacés qui n’aperçoivent aucune lueur d’espoir. Depuis 18 mois les gens vivent dans des conditions précaires et sont confrontées à la faim et à la promiscuité. Les citoyens veulent retrouver une vie normale, reconnaît le Maire évoquant la décapitalisation de nombreux entrepreneurs et la paupérisation d’une partie de la population. La ville est réduite en un tas de ruines, indique le Maire confirmant l’incendie de sa résidence quelques heures avant le début de l’hypothétique programme de retour des déplacés.

Le Maire a fait valoir que le départ des bandits est la seule condition du retour des habitants. Plus de 85 % des habitants ont été chassés de leurs résidences et ont trouvé refuge dans les villes avoisinantes. De nombreux citoyens ne disposent plus de ressources pour louer une résidence. Le prix du loyer a connu une hausse exponentielle dans toute la région depuis la perte de Mirebalais et Saut d’eau.
Il faut débourser plus de 4 000 dollars américains pour louer une maison modeste. Épuisés par des conditions de vies atroces de nombreux citoyens sont prêts à consentir des sacrifices afin de revenir dans leur quartier.

Des leaders de la société civile avaient récemment entrepris un dialogue avec le chef de gang en vue d’une trêve. Ils justifient leur démarche par le laxisme des autorités gouvernementales qui n’ont jamais mobilisé les ressources financières, matérielles et humaines suffisantes pour rétablir la sécurité. Preuve que les gangs maintiennent leur emprise sur Mirebalais et toute la région, la semaine écoulée les bandits ont commémoré la fête patronale de Saut d’eau. Pour la deuxième année consécutive les pèlerins n’ont pas pu prendre part à ces festivités.

LLM / radio Métropole Haïti

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