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  • Haïti – Sécurité : Terrible accident, 46 victimes dont 6 morts (Bilan provisoire)

    Haïti – Sécurité : Terrible accident, 46 victimes dont 6 morts (Bilan provisoire)


    Mercredi matin un autobus dont les freins ont lâché, qui transportait 96 pèlerins qui venaient de participer à la fête patronale de Notre Dame du Mont Carmel à Saut-d’Eau, s’est renversé sur la route nationale numéro 3, au niveau de la localité Terre Rouge non loin de Mirebalais. Selon Garnel Michel Coordonnateur de l’organisation haïtienne STOP-Accidents au moins 5 ambulances ont été dépêchées par la Croix Rouge Haïtienne (CRH) et le Centre Ambulancier National (CAN) pour secourir et transporter les blessés.
    Le bilan provisoire est lourds au moins 46 victimes, 40 blessés (17 hommes, 18 femmes et 5 enfants) dont certains gravement et 6 morts.

  • Haïti – FLASH Diaspora : Campagne de déportation Donald Trump inquiète les haïtiens

    Haïti – FLASH Diaspora : Campagne de déportation Donald Trump inquiète les haïtiens

    Depuis le lancement par l’administration de Donald Trump, dimanche 14 juillet de la campagne de déportation des immigrants illégaux vivant illégalement sur le territoire américain ou sous mandat d’expulsion, dans 9 grandes villes américaines dont Miami (Floride), les haïtiens de Little Haïti apeurés et plus ou moins bien informés, se font plus rare sur les trottoirs et dans les rues. Craignant les agents de l’immigration, de nombreux haïtiens restent chez eux selon des observateurs de Miami Family Action Network Movement déployés sur le terrain dans plusieurs quartiers de Miami.
    Devant cette situation tendue, le Consulat de la République d’Haïti à Orlando, dans une note datée du 17 juillet, informe la Communauté haïtienne d’Orlando et du Centre de la Floride, que « la ligne 407-912-9152 a été établie à l’intention des ressortissants haïtiens pour toute communication en situation d’urgencejustifiant l’assistance du Consulat.
    Le Poste Consulaire recommande aux citoyens haïtiens dans l’éventualité d’une arrestation de demander aux centres de détention de bien vouloir informer le Consulat à l’adresse électronique suivante : cons.orlando@diplomatie.ht
    Par ailleurs, il est vivement conseillé aux ressortissants haïtiens de ne pas oublier chez eux leur document d’identité valide lors des sorties et déplacement même de moindre importance. »

  • Yo gen Marriott, nou gen Lendilòt

    Yo gen Marriott, nou gen Lendilòt

    Ils s’appellent L’un dit l’autre, Back-Up, La famille, Au bon moment, Spurit, Coin des amis. Ce sont des hôtels situés à la Rue du Magasin de l’État prolongée et au Bicentenaire. Conçus pour recevoir des gens de tous âges, ces lieux offrent une intimité bon marché à une jeunesse qui en manque sévèrement. 

    Un couple, une vingtaine d’années, se présente à la Famille Hôtel pour prendre une chambre. « Mesye nou anfòm? 1» L’homme salue le responsable.  La femme, timide, s’avance rapidement. « Ah oui on se maintient », répond le gérant de l’hôtel, « il y a une chambre libre pour toi.» Sans un mot, les clients se rendent dans la chambre indiquée. Une scène hôtelière d’une banalité confondante. C’est cette même ambiance qui règne dans les six établissements que nous avons visités à la Rue du Magasin de l’État prolongée et au Bicentenaire. Dans ces établissements on ne passe jamais la nuit (sans doute pour des raisons d’insécurité) et on y vient que pour faire l’amour. Si vous pensez passer un séjour à Port-au-Prince, vous n’êtes pas les bienvenus. Les hommes sont obligés de venir avec leur partenaire, car il n’y a pas de filles sur place, ils n’admettent pas la prostitution.

    Pour 100 gourdes au minimum, on a droit à une chambre pour une heure. Sans parking ni climatisation, sans wifi ni piscine, ne disposant d’aucun équipement luxueux, ils se font appeler hôtels. Pour les responsables, un hôtel est exclusivement un espace offrant des chambres pour faire l’amour. « Depi ou pale de otèl, ou wè fè bagay 2», déclare Gaétan Muscadin, propriétaire de L’un dit l’autre hôtel, le plus ancien parmi les six. On doit signaler que M. Muscadin a laissé son emploi à la mairie de Port-au-Prince pour s’adonner aux business d’hôtels qu’il dit très rentables.

    Les chambres des hôtels sont propres mais très exiguës, pour la plupart. Elles ont le même type d’ameublement : un lit pas confortable du tout, une table avec un peigne et un miroir dessus, une serviette, un récipient rempli d’eau. Avec un peu d’éclairage, le client a tout pour un moment de plaisir. Certaines chambres (les plus chères) ont une petite douche à l’arrière. Le coin des amis est le seul d’entre les six à avoir des extincteurs, des fleurs et des tableaux dans toutes les chambres. Les hôtels fonctionnent de 5 heures du matin à 11 heures du soir. Quand on s’y présente, la première chose qui nous frappe à l’œil est la patente affichée sur le mur du bâtiment ; elle est délivrée par la direction des Affichages de la Mairie de Port-au-Prince.

    Les hôtels de bon marché, unealternative pour les jeunes

    Ces hôtels sont une aubaine pour les jeunes qui n’ont pas beaucoup d’argent. Ceux-ci ne voient qu’à la télé des jeunes comme eux ou plus jeunes disposer de leur propre chambre. On sait que dans quelques quartiers pauvres à Port-au-Prince, une famille de cinq personnes peut habiter une seule et même chambre. Ce qui empêche toute rencontre voluptueuse. Les jeunes peuvent aussi subir des représailles des voisins : quand on rentre avec quelqu’un du sexe opposé dans un quartier populaire tout le monde vous surveille. Dans de telles circonstances, les jeunes se cachent quand ils veulent expérimenter une  jouissance sexuelle. C’est le cas de *Philippe, étudiant en Histoire et en Droit qui habite la Quatrième Avenue  Bolosse  avec sa fratrie.

    L’originaire de l’Artibonite se rend souvent à Pétion-Ville, chez un ami dont la maison est grande chaque fois qu’il a besoin de passer un moment intime. « Quand je vais chez mon ami avec une fille, si elle n’est pas  ma petite amie, je ne peux pas lui dire que je n’ai pas d’appartement. Je lui dis que c’est la maison d’une tante qui ne vit pas en Haïti. » Ce faisant, Philippe veut montrer à la fille que bien qu’il vit à la Quatrième Avenue, il a de la parenté de haut rang. Du coup, la fille peut le prendre plus au sérieux.

    Tout le monde n’est pas comme Philippe  qui a un ami qui habite un appartement confortable. Ainsi, certains jeunes (ceux qui n’ont  peur de s’attirer des embrouilles) vont  jusqu’à utiliser des salles de classe ou  des toilettes de l’école, ou de la faculté fréquentée pour se vouer à un plaisir sexuel. Il y en a qui se servent la nuit des espaces libres en dessous des escaliers, la rue et les corridors pour s’envoyer en l’air. Certains se rendent dans les milieux qu’ils appellent couramment BRH (Bar, restaurant et hôtel), offrant une salle de danse et des lits pour cinq cent gourdes au minimum. Alors que d’autres (les petites bourses) n’ont accès qu’aux hôtels de bon marché.

    La morale face à ces hôtels

    Ces établissements ne sont pas fréquentés par les riverains de la zone où ils se situent. Les gens qui habitent la rue du magasin de l’État prolongée vont au bicentenaire ou dans un autre quartier offrant le même service et vice versa.  C’est une question de moralité, l’entourage ne doit pas être au courant de vos activités sexuelles, c’est du moins ce que les responsables des hôtels nous ont déclaré. Ce qu’a confirmé un jeune qui, jadis, travaillait à L’un dit l’autre. « J’aime l’hôtel L’un dit l’autre parce qu’ils m’ont embauché. Pandan lèzot gen Marriott anwo,nou menm nou gen Lendilot nou anba isi3 », déclare-t-il avec une voix joviale.

    Les hôtels ne sont pas appréciés par certains parents. Une dame d’une cinquante d’années a montré son dégoût vis-à-vis de ces derniers : « Yo ap fè afè pa yo m ap fè afè pa m4. » La dame semble s’inquiéter beaucoup plus pour ses filles de fréquenter ces espaces plutôt que ses garçons.  Les parents moralistes des quartiers précaires haïtiens n’ont peut-être aucune idée de l’endroit où leurs filles ont connu leur premier baiser voire du lieu où elles ont perdu leur virginité. En tous cas, ces hôtels continuent d’exister dans le pays et ne cessent de prospérer dans le secret.

    Laura Louis

    Photos: Georges Harry Rouzier

  • Poursuites judiciaires contre Martelly et tous les membres du cabinet Lamothe, préconise la FJKL

    Poursuites judiciaires contre Martelly et tous les membres du cabinet Lamothe, préconise la FJKL


    Ils risquent tous la réclusion criminelle, c’est-à-dire une peine de prison allant de trois (3) à neuf (9) ans, pour violation de loi et abus de fonction dans le cadre des projets financés par les fonds PetroCaribe
    Pour la Fondation Je Klere, dirigée par Marie Yolène Gilles et Me Samuel Madistin, l’ex-président Michel Joseph Martelly et les membres du gouvernement Lamothe, incluant celui-ci, doivent être poursuivis pour « abus de fonction ».

    La FJKL est arrivée à cette conclusion en analysant le deuxième rapport d’audit de la Cour Supérieure des Comptes et du contentieux administratif (CSCCA), précisément le Projet de rénovation urbaine et de développement résidentiel à Bowenfield et à Fort National conçu pour la construction des infrastructures culturelles, sanitaires, éducatives, sportives ainsi qu’un commissariat de Police capables de résister à des séismes de magnitude 8.2 sur l’échelle de Richter.

    Le 18 juillet 2012. a relaté la FJKL, le Conseil des Ministres, sous la Présidence du Président Joseph Michel Martelly, a décidé la désaffectation des fonds du Projet de rénovation urbaine et de développement résidentiel à Bowenfield et à Fort National à d’autres projets.

    La FJKL a rappelé que les actes pris en conseil des Ministres pour désaffecter des montants déjà alloués à des projets et pour lesquels des contrats ont déjà été signés ne rentrent pas dans les attributions du Conseil des Ministres et violent la loi sur la passation des Marchés Publics. Un simple avenant ne peut pas substituer un marché au marché initial comme le gouvernement Martelly-Lamothe l’a fait.

    Le président Joseph Michel Martelly et les membres de son gouvernement qui ont pris ces décisions doivent donc être poursuivis pour abus de fonction, a préconisé la FJKL. Ils risquent tous la réclusion criminelle, c’est-à-dire une peine de prison allant de trois (3) à neuf (9) ans.

    Joseph Michel Martelly, Laurent Salvador Lamothe, Ronsard Saint-Cyr, Thomas Jacques, Wilson Laleau, Ady Jean-Gardy, Yanick Mezile, Jean Mario Dupuy, Jean Rodolphe Joazil, Marie Carmelle Jean-Marie, Reginald Paul, Joseph Ronald Toussaint, Daniel Supplice, Thierry Mayard-Paul, Jean Roosevelt René, Jean Renel Sanon, JosefaRaymond Gauthier, Florence Duperval Guillaume, Stephanie Balmir Vildrouin, Jacques Rousseau, Marie Mimose Felix, Marie Carmelle Rose Anne Auguste et Ralph Theano, sont les membres du Gouvernement Martelly-Lamothe concernés par cette infraction, a indiqué la FJKL.

  • Haïti : l’État ne peut plus payer ses employés mais le pouvoir engage de nouveaux lobbyistes à Washington

    Haïti : l’État ne peut plus payer ses employés mais le pouvoir engage de nouveaux lobbyistes à Washington


    Alors que la nation haïtienne fait face à l’une des pires crises économiques de son histoire, le pouvoir Tet Kale 2 n’a d’autres priorités que de soigner son image auprès des dirigeants politiques américains à Washington, s’est étonnée la journaliste de Miami Herald, Jacqueline Charles.

    En effet, depuis quelques jours, dans la foulée de la publication d’un article signé par le président Jovenel Moise dans la presse américaine, le journaliste américain, Jake Johnston, avait publié sur son compte Twitter des documents officiels révélant que les autorités haïtiennes venaient récemment de faire appel aux coûteux services de firmes de lobbyistes pour s’assurer du soutien de l’Oncle Sam.

    Johnston a affirmé que, le cabinet international Dentons US LLP, très influent aux États-Unis et au Canada, entre autres, se trouve sous contrat pour 12 mois avec l’Exécutif haïtien pour la rondelette somme de 25 mille dollars américains par mois.

    D’un autre coté, la firme Mercury continue d’offrir ses services aux dirigeants haïtiens et de recevoir des paiements mensuels régulièrement, alors que les diplomates haïtiens en poste ne reçoivent plus leurs salaires depuis plusieurs mois.

    Selon les informations rapportées par Miami Herald, environ quatre firmes ont été engagées, dont une liée aux Clinton, pour tenter d’améliorer les relations de Port-au-Prince avec Washington.

  • La mairie de Port-au-Prince annonce qu’elle ne pourra plus ramasser les ordures dans la capitale

    La mairie de Port-au-Prince annonce qu’elle ne pourra plus ramasser les ordures dans la capitale


    Note de la Mairie de Port-au-Prince

    L’Administration Communale de Port-au-Prince porte à la connaissance du public en général et des habitants de la commune plus précisément, qu’à partir de la parution de cette note, les camions de la Mairie ne pourront plus effectuer le ramassage d’ordures comme à l’accoutumée en raison de la fermeture de la décharge de Truitier.

    L’Administration Communale de Port-au-Prince demande à la population de faire preuve de patience, en attendant la réouverture de Truitier.

    L’Administration Communale de Port-au-Prince présente à la population ses excuses pour tout dérangement occasionné par cette situation et promet d’assurer le suivi avec les instances concernées pour résoudre ce problème le plus tôt que possible.

  • Port-au-Prince/ Insalubrité La Mairie incapable de ramasser les fatras dans la capitale

    Port-au-Prince/ Insalubrité La Mairie incapable de ramasser les fatras dans la capitale

    Les ordures et la population seront désormais contraintes de faire bon ménage. La mairie de Port-au-Prince ne ramassera plus les détritus en raison de la fermeture du site de décharge de Truitier
    On ne devrait dorénavant plus voir les bennes à ordures de la mairie de Port-au-Prince sillonner les rues « insalubres » de la capitale.

    Dans un communiqué en date du 17 juillet 2019, l’administration communale informe qu’elle est dans l’impossibilité d’effectuer ce travail en raison de la fermeture du site de décharge de Truitier.

    Dans ce communiqué portant la signature de madame Anne- René Louis, directrice générale de la mairie de Port-au-Prince, l’administration communale a présenté ses escuses à la population.

    Elle lui promet toutefois de continuer à dialoguer avec les instances compétentes en vue de résoudre le problème dans le meilleur délai.

    Depuis plusieurs années, la zone métropolitaine de Port-au-Prince donne l’allure d’un dépotoir à ciel ouvert.

    Les détritus jonchent quotidiennement les rues notamment en période pluvieuse. 

    A l’heure actuelle, le pays fait face à un déficit de centre de traitement des déchets digne de ce nom.

    L’adoption d’une loi changeant le SMCRS ( service Métropolitain de collecte des résidus solides) en SNGRS ( service National de gestion des résidus solides) n’a pas permis de résoudre le problème.

    D’ailleurs, à quelques mètres seulement du bâtiment logeant le SNGRS, des piles d’immondices sont régulièrement constatées sur le trottoir.

    Vant Bef Info (VBI)

  • Pourquoi les tentatives de développement ont-elles échoué en Haïti?

    Pourquoi les tentatives de développement ont-elles échoué en Haïti?

    Dans les deux précédentes chroniques, nous avons fait état des travaux du Dr Weibert Arthus qui présentait les tentatives de développement d’Haïti au cours du XXe siècle haïtien. Quatre grandes périodes ont été mentionnées : 1) La tentative de modernisation durant l’occupation américaine; 2) Le projet Shada sous le président Élie Lescot; 3) La libération économique et les grands travaux de Dumarsais Estimé; 4) L’effort national de François Duvalier. Certaines de ces tentatives ont connu des résultats mitigés, d’autres ont piteusement échoué. Pourquoi ces tentatives de développement ont-elles échoué en Haïti?

    Opinant sur cette épineuse question, Frantz Duval, rédacteur en chef du Nouvelliste, m’a fait remarquer que dans l’ensemble des tentatives mentionnées, il s’agissait d’initiatives de l’État haïtien. Comme si le développement économique était uniquement l’apanage de l’État dans un pays qui se veut capitaliste. Tout le monde attend de jouir des bonnes grâces de l’État-providence. Il est vrai que celui-ci a un rôle primordial à jouer dans le développement de l’économie nationale, particulièrement dans la construction des infrastructures de base et des biens publics tels que l’éclairage, les routes, l’électricité, la santé publique et les transports en commun. Ces infrastructures rendent plus productifs et plus rentables les investissements privés. En ce sens, ils sont très complémentaires.

    Au cours du premier siècle après l’indépendance, ces grands chantiers publics ne faisaient pas partie des priorités des dirigeants haïtiens. Évidemment, le contexte de l’époque ne le facilitait pas non plus. La lutte pour la sauvegarde de l’indépendance et le paiement de la rançon de l’indépendance constituaient des handicaps importants. Mais elles ne peuvent pas justifier l’absence d’une instance nationale de perception d’impôt en vue de financer le décollage économique national. La Direction générale des impôts (DGI) telle qu’elle est connue aujourd’hui a vu le jour sous l’occupation américaine. Comme une honte nationale qui traduit le rapport énigmatique des élites haïtiennes avec le paiement des taxes et impôts.

     C’est également sous l’occupation américaine qu’a eu lieu la construction de certaines infrastructures publiques : casernes, hôpitaux, écoles et bâtiments administratifs. Même les bouches d’incendie à Port-au-Prince !

    On note très peu de programmes de développement d’envergure. En fait, il ne pouvait y en avoir, en l’absence d’un organisme de perception de taxes et impôts efficace. Au Canada et dans ses provinces, ces agences de perception sont des méga-institutions. L’Agence du revenu du Canada compte plus de 40 000 employés permanents contre seulement 1 000 pour le ministère des Finances, l’Agence du revenu du Québec en compte plus de 12 000. L’État haïtien ne saurait entamer de grands projets de développement s’il n’avait pas une institution de perception de taxes et impôts. Comment allait-il les financer?  

    Le programme de production de cryptostegia servant à produire le caoutchouc, créé en juillet 1941 et coordonné par la Société haïtiano-américaine de développement agricole (Shada), présente un caractère symbolique d’extrême importance. Il démontre la possibilité pour Haïti de profiter des opportunités de développement offertes par les relations internationales. La rareté du caoutchouc aurait pu  avoir des conséquences sur la suite du conflit mondial de l’époque. Le président Lescot a essayé de saisir cette opportunité en essayant de produire de la cryptostegia à grande échelle.

    François Duvalier aurait pu bénéficier de la période de la guerre froide pour attirer des investissements des États-Unis d’Amérique, s’il n’était pas obsédé uniquement par la sauvegarde de son pouvoir. Tout comme aujourd’hui, Haïti pourrait profiter de l’émergence de la Chine comme puissance économique mondiale. Là où les recettes internes se font rares, les investissements étrangers auraient pu compenser si une stratégie claire était définie.

    La remarque de M. Duval sur l’absence du secteur privé dans la proposition de projets de développement national demeure très pertinente. L’exemple de Toyota illustre bien la nécessité d’une coordination harmonieuse qui devrait exister entre les secteurs privé et public. C’était une initiative de la famille Toyoda qui va être transformée plus tard en Toyota pour des motifs de marketing et de publicité. À l’origine, c’était une petite usine textile familiale. La baisse de la demande de soie brute au Japon et à l’étranger et le déclin de ce secteur poussaient les membres-fondateurs à chercher d’autres alternatives. D’où la création de ce qui deviendra la Toyota Motor Corporation.

     En 2017, Toyota était le 1er constructeur automobile mondial pour ses performances financières devant Volkswagen et Daimler. Au cours de cette même année, elle possédait la valorisation la plus élevée au monde dans le secteur automobile et la huitième place mondiale, toutes activités confondues, avec 41,1 milliards de dollars, selon le classement Forbes.

    Pour pouvoir atteindre ce niveau de performance, le gouvernement japonais a fait de Toyota un symbole national en lui procurant tout le soutien nécessaire. Toute cette histoire pour vous dire que le développement nécessite une excellente coordination de tous les secteurs de la vie nationale. Chacun doit jouer efficacement sa partition sous la baguette d’un maestro (leader) compétent, intègre et déterminé. On peine encore à trouver des projets de développement qui portent la signature du secteur privé en Haïti.

    Frantz Duval a également souligné la tendance à personnaliser les projets de l’État en Haïti. La Shada était associée au président Lescot, le bicentenaire à Estimé, et l’aéroport à François Duvalier. Comme si c’était leur propre argent qui y était investi. C’était un moindre mal puisqu’ils arrivaient quand même à réaliser certains projets, contrairement à aujourd’hui, où il ne s’agit que de vains slogans qui ne laissent aucune trace. Quels grands projets ont été réalisés au cours de ces dix dernières années en Haïti?

    Généralement, les dirigeants haïtiens ont été trop mesquins en ce qui concerne la conception et l’implémentation d’une large vision de développement économique. L’équipe du président Martelly voyait tout en rose, sans aucune place à la réflexion critique et à l’évaluation. L’équipe du président Jovenel Moïse ne jurait que par la caravane que ses ouailles présentaient comme un coup de génie jusqu’à ce que la précarité financière vienne annihiler ses prétentions.      

    Avec des visions aussi restreintes, il devient très difficile de penser le développement économique national. La personnalisation à outrance des  programmes de l’État nuit à leur pérennité. Ils s’en vont très souvent avec les présidents. De plus, même dans les projets qui présentaient de fortes potentialités, les dirigeants haïtiens péchaient souvent dans la conception et l’exécution. Par exemple, dans le cas de la production de la cryptostegia (Shada), pourquoi déplacer plus de 250 000 personnes et détruire plus d’un million d’arbres fruitiers et 200 000 pins quand d’autres endroits inexploités existaient au pays?

    Comment faire la promotion de la monoculture dans un pays qui pratique l’agriculture agricole de subsistance? Comment faire le choix d’une si grande dépendance par rapport au marché international dans un contexte de conflit international ? Ces questions sous-entendent qu’il n’y avait pas eu une véritable étude de faisabilité du projet. À ce niveau, le pays n’a nullement progressé. Personne n’a vu le document de projet de la caravane du  président Moïse, pas plus qu’il n’existait de document convaincant pour le Programme de scolarisation universelle gratuite et obligatoire (Psugo) durant la présidence du Martelly.

    En l’absence de ce niveau minimal de planification, d’évaluation et de suivi, il devient très difficile de penser le développement économique. Encore moins dans un environnement de faiblesse institutionnelle, marquée par la corruption généralisée.  Les projets continuent d’échouer.

    Source: Thomas Lalime

  • Les défis du reboisement

    Les défis du reboisement

    Les défis du reboisement • The challenges of reforestation
    Les défis du reboisement • The challenges of reforestation

    Doucet (Petit-Goâve) HAÏTI, 19 nov. 2013 – Des programmes de reboisement et de conservation de sol coûtant plusieurs centaines de milliers de dollars et réalisés à la périphérie de Petit-Goâve (Ouest) ont permis de construire des centaines de seuils anti-érosion en pailles sèches et en sac de terre. Huit à dix mois après leur réalisation, dans certaines zones, ces travaux semblent pouvoir tenir leur rôle longtemps. Cependant, dans bien d’autres, ces petites « étagères » sont déjà détruites.
     
    La construction et ensuite la destruction des seuils ou barrières anti-érosion – tous mis en place avec l’argent « humanitaire » ou de l’« aide au développement » – montrent clairement le sort d’au moins une partie des projets de reforestation en Haïti. Les témoins clés d’un véritable cercle vicieux.
    Un flanc de colline dans la 11e section communale de Petit-Goâve où les seuils  sont plus ou moins toujours fonctionnels, avec de petites plantes qui poussent  dans le sol - Photo : AKJ/Milo Milfort
    Un flanc de colline dans la 11e section communale de Petit-Goâve où les seuils  sont plus ou moins toujours fonctionnels, avec de petites plantes qui poussent  dans le sol – Photo : AKJ/Milo Milfort

     
    Un seuil construit avec des pailles sèches entouré d'arachides en pleine croissance à  Doucet, 11e section communale de Petit-Goâve, le 18 octobre 2013 - Photo : AKJ/Milo Milfort
    Un seuil construit avec des pailles sèches entouré d’arachides en pleine croissance à  Doucet, 11e section communale de Petit-Goâve, le 18 octobre 2013 – Photo : AKJ/Milo Milfort

     
    Depuis le tremblement de terre de 2010, plusieurs projets de réhabilitation, de conservation de sol et de relance agricole sont effectués dans les 11e et 12e sections communales de Petit-Goâve, située à 60 km au sud-ouest de Port-au-Prince. L’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), Helvetas et l’Agro Action Allemande (AAA), travaillant parfois de concert avec une organisation de développement local, Mouvman Kole Zepòl (MKOZE), ont réalisé divers programmes qui visent le réaménagement du bassin versant de la rivière Ladigue.
    Les pentes raides autour de la rivière « sont très vulnérables particulièrement aux érosions hydriques et éboulements », explique MKOZE dans un rapport narratif final d’un des projets, qui a couté US$ 91 534. « En saison de pluies, les eaux de la rivière Ladigue se déversent dans l’embouchure de la ville de Petit Goâve en transportant d’importantes quantités de sédiments et de roches, détruisant les exploitations agricoles et envahissant les maisons, causant souvent des pertes en vies humaines, pertes de récoltes, pertes d’animaux, et destruction de maisons. »
    Le déboisement constitue l’un des principaux maux rongeant la population. Dans la zone de Petit-Goâve, le problème date d’un demi-siècle. Selon plusieurs habitants, le déboisement à outrance des collines a débuté en 1963 après le passage du cyclone Flora qui a fait plus de 5,000 morts et ravagé le sud et l’ouest d’Haïti.
    Quelques seuils construits de pailles sèches sur une colline complètement dénudée  en août 2013 à Doucet. Des plants d'arachide rampent vers les seuils au niveau de  la partie inférieure de la photo - Photo: AKJ/Milo Milfort
    Quelques seuils construits de pailles sèches sur une colline complètement dénudée  en août 2013 à Doucet. Des plants d’arachide rampent vers les seuils au niveau de  la partie inférieure de la photo – Photo: AKJ/Milo Milfort

     
    Molière Jean Félix, 62 ans, a travaillé la terre pendant 35 ans. Il se rappelle des forêts.
    « Sur la cime de cette montagne, il y avait beaucoup de manguiers. On y cultivait du maïs et du riz. Maintenant, on ne peut même plus planter du pois Congo. Certaines zones étaient des forets mais aujourd’hui ce ne sont plus que des savanes où il s’avère impossible de cultiver même de l’arachide », se souvient ce paysan. Aujourd’hui, il est membre du comité de  protection des bassins versants.
    La pratique d’abattement des arbres pour s’approvisionner en bois ou pour la fabrication de charbon de bois n’est pas étrangère à une telle situation. La grande majorité de l’énergie consommée en Haïti – 75% – vient du bois et du charbon, d’après le Bureau des Mines et de l’Energie. Félix est témoin du processus chaque jour.
    « Les jeunes d’aujourd’hui sont aux abois. Ne produisant pas de café, et ne pratiquant pas l’élevage de porcs, ils s’adonnent à l’abattage des arbres pour envoyer leurs enfants à l’école », note Félix.
    Récemment, des mesures ont été prises pour lutter contre la déforestation dans la région. Sous la supervision de techniciens, et grâce au financement de l’AAA, la FAO, l’Office d’aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO) et Helvetas, des équipes des paysans et d’autres habitants des 11e et 12e   sections communales reçoivent un salaire journalier de l’ordre de 200 gourdes (US$4.65) ou 300 gourdes (US$6.98). Ils ont érigé des seuils en sac de terre, en pailles sèches et des clayonnages. Par la suite, ils ont procédé à la mise en terre des plants d’arbres fruitiers et forestiers.
    Les projets ont une autre raison d’être aussi, d’après l’AAA et les autres organisations. Ils apportent un appui financier direct à la population après des désastres naturels. Selon Beate Maas, coordinatrice d’AAA, les travaux de « Cash For Work (CFW) » ou « Argent contre Travail » aident les gens à se recapitaliser rapidement.
    « [Le CFW] aide à embaucher beaucoup de familles et leur permet d’avoir un minimum de revenus. C’est une assistance immédiate. C’est donc ça l’avantage », dit-elle.
    Mais le « salaire » versé ne satisfait pas les agriculteurs.
    « Cette misérable somme peut nous servir pendant 2 à 3 jours » d’après Olivia Batichon, cultivatrice et membre de l’Organisation des Jeunes en Action pour le Développement (OJAD).
    Batichon et d’autres détracteurs des projets prétendent que ceux qui font un travail « CFW », qui dure généralement deux semaines, négligent souvent leurs terres.
    Cependant, dans une enquête auprès de 50 bénéficiaires à Doucet, Ayiti Kale Je (AKJ) a observé que tous apprécient ces travaux. Selon eux, même si le salaire de 200 gourdes ne représente pas grand-chose, il est utile et le reboisement est nécessaire pour la zone.
    Les besoins de reboisement contre les besoins quotidiens
    Autour de Doucet, il y a des collines décorées de centaines de seuils. A l’intérieur de ceux-ci, se trouvent des petits arbres forestiers (l’eucalyptus) et fruitiers (manguiers, noix, acajous, orangers). Mais il y a d’autres pentes où les seuils sont en voie de désintégration, des tas de terres sont déjà érodées, et des gaules sont mortes. Les paysans ont planté des arachides, des petits pois et d’autres cultures sur et autour des structures. En quelques mois, ces collines seront nues comme elles l’étaient avant les projets de reboisement.
    Ilomène Tataille est mère de famille, propriétaire dans la zone et membre d’un des comités de volontaires mis sur pied pour veiller sur la croissance des nouvelles plantes,  empêcher les  animaux de les manger, et pour les dégorger après chaque pluie. Une autre tâche, d’après elle, est d’empêcher aux habitants de planter sur ces pentes érodées, surtout pas de l’arachide, une culture populaire dans la zone.
    D’après Tataille, même si les travailleurs CFW et les propriétaires fonciers étaient tous d’accord au départ pour ne pas perturber les collines, il est quasiment impossible de leur interdire de travailler. Elle-même a violé sa promesse.
    « Quant à moi, je les plante. D’ailleurs, nous habitons une zone aride. C’est de l’arachide que nous pouvons cultiver. C’est notre profession. Désolée, nous n’avons pas d’autres emplois ! », dit-elle.
    Ilomène Tataille montrant quelques-unes des plantules mises en terre qui ont du mal  à pousser par manque de suivi à Doucet, dans la 11e section communale de Petit-Goâve,  le 18 octobre 2013 - Photo : AKJ/Milo Milfort
    Ilomène Tataille montrant quelques-unes des plantules mises en terre qui ont du mal  à pousser par manque de suivi à Doucet, dans la 11e section communale de Petit-Goâve,  le 18 octobre 2013 – Photo : AKJ/Milo Milfort

     
    Pour Tataille, l’autre difficulté consiste en ce que les propriétaires ont affermé leurs terrains à d’autres habitants. Même s’ils sont d’accord pour respecter les conseils prodigués par les représentants d’AAA ou de MKOZE, ils ne peuvent pas forcer les locataires à faire de même.
    Les cadres des organisations impliqués sont au courant. L’agronome Esther Paynis, a été consultante de AAA dans un projet exécuté avec MKOZE entre septembre 2012 et août 2013.
    « Nous avons conseillé aux gens de ne pas semer de l’arachide ainsi que tout autres cultures qui nécessitent de tourner le sol pour les cultiver, comme l’igname et la patate douce. Dans les séances de formation qu’on organise pour eux, ils ont promis de respecter ces principes », confirme Paynis à AKJ dans un courrier électronique le 30 septembre 2013. Paynis a supervisé la construction de seuils en pierres et en sacs de terre sur 1 180 m2, et des clayonnages sur plus de 2 000 m2 de terre.
    « Si nous leur prodiguons des conseils et qu’ils ne les mettent pas en pratique nous ne sommes pas responsables. Nous les avons informés des désavantages de l’arachide et comment elle peut entrainer la dégradation totale de la zone », continue-t-elle.
    Lors d’une visite effectuée en août 2013, les journalistes ont pu constater plusieurs plantations d’arachides sur différentes collines. Deux mois après, soit en octobre, sur ces mêmes collines beaucoup de structures sont détruites, car pour récolter les arachides, les cultivateurs font tourner la terre : de nombreux murs en pailles sèches sont détruits avant même la décomposition des pailles voire la croissance des petites arbres mis en terre. Dans de nombreux cas, certaines plantules se retrouvent noyées ou étouffées par manque d’entretien.
    Les critiques de certains 
    Certains s’interrogent sur les techniques utilisées.  Louis Calixte qui a travaillé pour AAA comme technicien,  pense, lui aussi, qu’il y a des structures qui ne sont pas durables.
    « Parmi les structures il y en a qui sont bonnes mais d’autres ne le sont pas vu que les plantes qu’on y met ne sont pas appropriées. On ne saurait prendre des manguiers pour les cultiver n’importe où. On doit les mettre dans un champ qui peut faciliter leur croissance. De même, on ne peut mettre de l’eucalyptus dans une terre apte à la culture. Les arbres sont différents les uns des autres », explique Calixte.
    AKJ a consulté un agronome indépendant pour avoir son opinion. Il s’agit de Ludson Lafontant, ingénieur agronome et spécialiste dans le domaine du reboisement, travaillant à Fond d’Oies, dans les mornes près de Léogâne, située à 32 km au sud de la capitale. Après avoir visité de nombreuses collines, il estime que les structures ont plusieurs avantages. L’un d’entre eux, c’est qu’elles sont faites en pailles sèches. Une fois décomposées, elles peuvent servir de composte pour le sol et les herbes. Toutefois, il partage également l’idée que les eucalyptus sont désavantageux dans certains milieux.
    « Toutes les plantes absorbent de l’eau. Cependant, les plantes de ce genre – l’eucalyptus et le nîme – je ne voudrais pas les mettre à proximité des rivières ou des puits et des champs des agriculteurs. Ils ont une capacité d’absorber l’eau quel que soit le lieu où ils se retrouvent », note-il.
    L’agronome Ludson Lafontant scrute les collines presque dénudées, avec des  seuils récemment construits, dont plusieurs entourés de plants d’arachides lors  d’une visite à Doucet en août 2013 - Photo : AKJ/Milo Milfort
    L’agronome Ludson Lafontant scrute les collines presque dénudées, avec des  seuils récemment construits, dont plusieurs entourés de plants d’arachides lors  d’une visite à Doucet en août 2013 – Photo : AKJ/Milo Milfort

     
    Lafontant et Calixte ne sont pas les seuls à se plaindre des choix des plantes. Molière Jean Félix, un propriétaire à Doucet et bénéficiaire du projet de reboisement, nourrit aussi des préoccupations.
    « Ces arbres sont grands absorbeurs d’eau dès qu’on les met dans une parcelle, celle-ci devient aride et elle ne peut rien produire après », d’après Félix.
    « Lave men siye a tè ? »
    D’après Junior Joseph, secrétaire général de l’OJAD à Beatrice, le problème ne se résume pas seulement au choix des plants. Il y a une contradiction fondamentale dans la mesure où le reboisement pourrait provoquer la faim. Cette contradiction ne fera que conduire à l’échec des projets.
    Un autre défi serait le fait que les comités mis sur pied pour assurer la surveillance sur les seuils sont constitués de bénévoles. Ces derniers ont pour mission d’entretenir les structures en empêchant à leurs voisins de planter et d’attacher leurs animaux aux petits arbres.
    « Les comités n’ont pas de soutien. Certaines personnes acceptent de travailler gratuitement, mais d’autres ne sont pas d’accord », d’après Joseph. « C’est alors que les structures se détériorent ».
    En dépit du fait que Calixte a travaillé comme technicien dans un projet de conservation de sol exécuté par AAA, pour lui le manque d’implication des acteurs locaux, et le manque de compréhension des besoins des habitants, sont des problèmes importants.
    Ilomène Tataille avouant son incapacité de faire respecter les principes préalablement  convenus à Doucet, 11e section communale de Petit-Goâve, le 18 octobre 2013.  Les seuils de la zone ont pour la plupart été détruits -  Photo : AKJ/Milo Milfort
    Ilomène Tataille avouant son incapacité de faire respecter les principes préalablement  convenus à Doucet, 11e section communale de Petit-Goâve, le 18 octobre 2013.  Les seuils de la zone ont pour la plupart été détruits –  Photo : AKJ/Milo Milfort

     
    L’agronome Lafontant est d’accord. Le reboisement est nécessaire, mais le manque d’implication des paysans constitue un autre problème, dit-il. Il y a aussi le fait que les seuils n’ont pas été construits avec l’idée que les paysans planteront n’importe quoi.
    « On ne peut empêcher le paysan de travailler son lopin de terre », dit Lafontant.  « Moi je ferais ces mêmes structures, mais avec des canots de contour avec des coupes de niveaux pour qu’ils [les paysans] puissent planter de l’arachide. »
    Willio Saint-Cyr, coordonnateur de MKOZE, admet le défi mais n’indique pas de solution.
    « Après de tels travaux si vous ne mettez pas une entité de suivi, surveillance, contrôle, il y a de fortes chances de régression voire d’aggravation de la situation. Car il existe partout des gens ayant de mauvaises intentions », dit-il.
    Lors d’une visite de terrain en août 2013, l’agronome Lafontant dit craindre que ces travaux ne soient un véritable gâchis, comme dit le proverbe haïtien, « lave men siye atè » (« lavez-vous les mains et séchez-les en les frottant par terre »).
    Mais il a également critiqué la population et le gouvernement.
    L’agronome Ludson Lafontant observe un des seuils récemment construits, ceci avec  une plantule de manguier, d'herbe et des arachides, lors d’une visite à Doucet  en août 2013 - Photo : AKJ/Milo Milfort
    L’agronome Ludson Lafontant observe un des seuils récemment construits, ceci avec  une plantule de manguier, d’herbe et des arachides, lors d’une visite à Doucet  en août 2013 – Photo : AKJ/Milo Milfort

     
     
    « On doit pouvoir s’aimer d’abord et ensuite l’autre vous aimera. L’ONG est venue, après avoir cherché des fonds, » d’après Lafontant. « L’argent doit être justifié afin de s’enorgueillir d’avoir travaillé une quantité d’hectares de terre, fouillé tant m3 de canaux de contour et offert des emplois à de nombreuses personnes. C’est à ce moment-là que l’argent est justifié. Mais qui endure le problème ? C’est le pays de qui ? C’est le nôtre, c’est chez nous. C’est à nous de prendre conscience. »
     
     
     
     
     

    Source: haitigrassrootswatch

  • Parlement : le député Alfredo Antoine abandonne la majorité présidentielle

    Parlement : le député Alfredo Antoine abandonne la majorité présidentielle

    Le député Alfredo Antoine de la 50è législature très improductive, le président Jovenel Moise ne pouvait pas trouver mieux que lui pour défendre tous les actes posés indistinctement par ses 3 administrations Moise-(Lafontant, Céant et le PM de facto Lapin). Pour le volte-face d’Alfredo Antoine, le cœur doit avoir ses raisons que la raison ne connaît pas
    Dans une correspondance adressée au député Jean Wilson Hyppolite, le représentant de la circonscription de Kenscoff à la Chambre des Députés, Alfredo Antoine, a présenté sa « démission avec effet immédiat, comme membre et porte-parle du Bloc alliance Parlementaire pou le Renouveau (APR) ».

    Le parlementaire a fait savoir au Président de ce bloc de la majorité présidentielle, que sa décision est irrévocable et sans équivoque, fruit d’une profonde réflexion et due à une quête de plus d’autonomie entre les intérêts de sa circonscription, ceux du pays, et les objectifs du parti politique auquel il fait allégeance, jusqu’à preuve du contraire.

    Alfredo Antoine a affirmé qu’après bientôt quatre (4) années de pratiques communes au soin du bloc, une analyse en profondeur de la réalité politique l’exhorte à comprendre que le moment est venu pour lui de prendre le recul nécessaire.

    Par contre, l’élu de Kenscoff n’entend pas pour l’instant rejoindre les rangs de l’opposition au détriment du pouvoir exécutif qu’il a, jusqu’ici, selon ses dires, soutenu dans la limite de ses convictions.

    « Persuadé que les autres membres du bloc et vous, comprendrez le bien-fondé de ma décision et misant sur la cohésion des actions de l’institution parlementaire pour le triomphe total de la démocratie en Haiti, je vous renouvelle, Monsieur le Président, l’assurance de ma grande considération », a-t-il indiqué dans sa missive.

    Alfredo Antoine optera-t-il cette fois-ci pour une mise en accusation du président Jovenel Moise ?

     
     

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