El Chapo a été condamné à perpétuité au terme d’un procès de 11 semaines aux États-Unis d’Amérique
Le plus célèbre trafiquant de drogue au monde a été condamné mercredi à passer le reste de ses jours derrière les barreaux d’un établissement pénitencier à sécurité maximale aux États-Unis.
Ce verdict d’un juge fédéral de Brooklyn, New York, au terme d’un procès de plusieurs semaines, va plus loin que la sentence à vie pour Joaquín «El Chapo» Guzmán, car il a été ajouté 30 ans à la peine de réclusion à vie. De plus, le baron de drogue de 62 ans doit remettre des biens acquis illicitement d’une valeur de 12,6 milliards $ US.
D’habitude volubile, le Mexicain, qui avec son cartel a expédié des tonnes de cocaïne vers est resté silencieux apres s’etre plaint de n’avoir pas eu droit à un procès juste et équitable.
Arrêté une première fois en 2014, il s’était évadé avant d’être repris par la police en janvier 2016, il avait finalement été extradé aux Etats-Unis en janvier 2017.
Mais le baron de la drogue le plus puissant au monde a perdu son aura. Isolé dans sa cellule 23 heures sur 24, il ne peut voir que ses avocats. Même sa femme est interdite de visite.
J’ai avorté à trois reprises. La première fois j’avais 15 ans. J’étais encore à l’école. Garder l’enfant aurait été une honte pour ma famille. J’ai caché ma grossesse à mes parents et j’ai avorté. Les deux autres fois, j’avais déjà des enfants… Je préfère avorter plutôt que de compromettre l’avenir de mes enfants »,raconte une femme de 24 ans, mère de deux enfants, à Ayiti Kale Je (AKJ).
« Je suis tombée enceinte à 19 ans parce que mon copain n’a pas su utiliser le condom correctement. Je ne pouvais pas infliger un tel châtiment à mes parents. J’étais encore à l’école, je ne pouvais pas prendre les responsabilités d’un enfant, alors j’ai avorté avec le consentement de mes parents », explique une femme de 21 ans. Port-au-Prince, HAÏTI, 12 décembre 2013 – Malgré son caractère illégal, la pratique de l’avortement est monnaie courante dans la société haïtienne.
Des femmes haïtiennes se font avorter clandestinement. Les plus exposées sont celles des couches défavorisées qui, contrairement aux femmes de la couche aisée, n’ont pas la possibilité de se faire avorter dans des cliniques à Port-au-Prince, dans des centres spécialisés en Floride ou ailleurs. Les femmes pauvres ont recours à des produits abortifs, des pharmaciens, des « médecins-feuilles » ou des médecins ayant des diplômes reconnus, qui opèrent sans aucune supervision sanitaire étatique.
Depuis dernier, le sujet de l’avortement a occupé l’actualité, mais le débat s’est surtout concentré sur la maternité et le devoir des femmes. AKJ a conduit une enquête sur la réalité de l’avortement en Haïti, avec l’espoir qu’à l’avenir, le débat pourra se fonder sur des faits plutôt que sur la morale et les mythes.
Olga Benoit de l’organisation féministe Solidarite Fanm Ayisyèn(Solidarité des Femmes Haïtiennes-SOFA), reconnait que la pratique de l’avortement est une réalité dans la société, malgré son interdiction par la loi.
« Il y a une très grande différence entre ce que la loi prescrit et la réalité des populations », soutient-elle. « Depuis 1987, la SOFA a constaté que de très jeunes filles, de jeunes femmes et des adolescentes étaient exposées à des risques énormes pour leur vie et pour leur santé du fait qu’elles avaient recours à des charlatans pour pratiquer un avortement », explique Benoit.
« Au fil des années, des médecins n’ont pas cessé de se plaindre de ces cas qui viennent dans des hôpitaux dans une situation critiques suite à un avortement », ajoute-elle.
En Haïti, il est difficile de préciser le nombre de femmes décédées suite à un avortement. Lors d’un récent atelier, la Ministre de la santé publique et de la population (MSPP), Dr. Florence Duperval Guillaume, avance que « sur chaque100 000 naissances vivantes on enregistre 630 morts », dûs à diverses complications. Le Ministère de la santé estime que 20 à 30% des cas de mortalité maternelle sont dus à des avortements bâclés.
Au niveau mondial, on décompte près de 40 millions de cas d’avortement par année, avec plus de 4 millions dans les Amériques. La moitié des avortements au niveau mondial est effectuée dans des conditions malsaines. Chaque année, au moins 70 000 femmes meurent et plus de 8 millions connaissent des problèmes médicaux à cause de ces mauvaises conditions.
D’après le rapport Abortion Worldwide : A Decade of Uneven Progress (L’avortement dans le monde: une décennie de progrès inégaux), 98% des avortements dans les pays pauvres se font dans des conditions dangereuses. Les femmes vulnérables dans les pays pauvres sont en proie à de très hauts risques si l’avortement demeure illégal. Au Guatemala, Mexique, Pakistan et en Ouganda, par exemple, 45-75% des femmes vivant en dessous du seuil de la pauvreté ont des complications suites à des avortements clandestins.
Selon les résultats de l’étude EMMUS-V HAITI 2012, un rapport commandité par le MSPP, sur 352 femmes qui ont avorté depuis 2007 « quarante pour cent (40%) … ont déclaré avoir eu des complications ».
Pour l’obstétricienne et gynécologue Nicole Magloire, secrétaire exécutive de la Concertation nationale contre la violence faite aux femmes, il existe des médecins haïtiens capables de faire des avortements chirurgicaux sans risques, mais « puisque c’est puni par la loi, les médecins habiles capables de le faire dans des conditions sanitaires sécuritaires opèrent clandestinement, et à un coût très élevé, donc ce n’est pas un service accessible. » Une pratique non-régularisée
Assise dans une pharmacie assez garnie de médicaments, de produits cosmétiques et d’articles pour nourrisson à la rue Monseigneur Guilloux (au centre de la capitale), une pharmacienne dans la cinquantaine décline, dans un langage familier, des méthodes d’avortement appliquées sur le terrain.
« Si la femme n’a pas encore atteint trois mois, elle peut prendre deux comprimés de Cytotec par voie orale et un autre par voie vaginale avec de la bière » dit-elle. « Si elle a déjà trois mois elle doit faire un curetage qui lui coûtera 3 500 gourdes (US$ 81.40) dans notre laboratoire. » Un flacon de comprimés de Cytotec dont l’unité coûte 100 gourdes (US$2.32). Photo : AKJ/Marc Schindler St-Val
« Cytotec » est le nom commercial du misoprostol, un médicament anti–ulcéreux fréquemment détourné à des fins d’avortement médicamenteux en Haïti. Une telle fréquence d’utilisation du Cytotec dans l’interruption volontaire de grossesse s’explique par son efficacité mais aussi par son faible coût, par son accessibilité dans les pharmacies et sa facilité d’usage sans assistance médicale.
Le curetage est nécessaire dans le stade avancé de la grossesse, trois mois ou plus, et se fait à l’aide d’un appareil mécanique d’aspiration.
A la rue Joseph Janvier, nous avons visité une pharmacie atypique. Aucune enseigne n’est affichée à part la peinture habituelle (vert et blanc). Pour tout décor, il n’y a que des vêtements usagés accrochés à des murs.
Dans cette pharmacie, une jeune fille, assise dans un couloir, reçoit des demandes. Elle est là également pour indiquer la liste des médicaments offerts, puisque ces derniers ne sont pas visibles. Entre autres services, elle vend l’avortement par injection. Une rangée de pharmacies à la rue Mgr. Guilloux au centre-ville de Port-au-Prince. Photo : AKJ/Marc Schindler St-Val« Si le Cytotec ne marche pas, on peut faire une injection à la personne, qui lui coûtera 1 000 gourdes (US$ 23.25). Ce n’est pas risqué. On est ouvert du lundi au vendredi », dit-elle.
La fille vend le « Pitocin » ou oxytocin, un médicament à base d’hormone naturelle qui provoque la contraction de l’utérus. Certaines femmes l’utilisent pour se faire avorter.
« Je reçois des femmes qui disent avoir avorté par injection du Pitocin. Le Pitocin se procure facilement dans les pharmacies », confie une infirmière.
Une méthode encore moins chère est celle administrée par des « médecins feuilles » ou matrones (personnes pratiquant la médecine naturelle), qui composent des doses à base de plantes, de comprimés et d’alcool.C’est une méthode médicamenteuse traditionnelle locale qui entraine des risques importants.
« Je leur compose une dose préparée avec des feuilles telles que : racines de verveine, de campêche, et d’acajou, mélangés avec une plante communément appelée ‘cresson dent noir’, des comprimés de chloroquine et de Saridon (paracétamol, propyphénazone et caffeine), de 6 à 12 comprimés antibiotiques et de vin ou clairin (eau de vie haïtienne). Si la dose ne réussit pas, alors on administre un purgatif à la femme… Dans certains cas il faut attendre environ 22 jours pour obtenir le résultat escompté », révèle une femme qui pratique la médecine traditionnelle depuis 50 ans. Pénaliser les femmes ou dépénaliser l’avortement ?
Dans la société haïtienne, le sexe est un sujet tabou. Mais l’avortement l’est encore davantage. D’ailleurs la loi haïtienne le condamne sous toutes les formes. L’article 262 du Code Pénal punit au même titre que la femme qui se fait avorter, les personnes qui l’ont aidée ou assistée. Une pharmacie à la rue Mgr. Guilloux au centre-ville de Port-au-Prince. Photo : AKJ/ Marc Schindler St-Val
Le débat sur la possibilité d’une légalisation de l’avortement est très controversé. Les discours, depuis le coup d’envoi officiel des discussions autour de cette problématique lancé par le MSPP en mai dernier, sont une preuve. Mais une telle controverse demeure inévitable et nécessaire, compte tenu de la gravité du problème, d’après la Ministre de la santé.
« Dans le monde entier, l’avortement reste et demeure un sujet de grandes controverses », avance la première responsable du MSPP dans un article du Nouvelliste. « La législation haïtienne prévoit jusqu’à la condamnation à perpétuité contre ceux qui sont impliqués dans l’avortement. Par conséquent, beaucoup de femmes mortes suite à une telle pratique sont enregistrées sous d’autres rubriques. »
Plusieurs acteurs religieux s’opposent à tout projet de loi visant à légaliser l’avortement en Haïti.
SOFA pense que la dépénalisation de l’avortement est urgente.
« Tant que l’Etat maintient que c’est un crime, c’est qu’il ne va rien faire pour s’assurer que les femmes qui sont dans une situation où elles doivent avoir recours à l’avortement le fassent dans des conditions où leur vie ne soit pas en danger. Actuellement, n’importe quelle personne peut sévir contre elles », s’inquiète Benoit. « Certaines femmes se font charcuter par des médecins et n’ont aucun recours. »
Une femme, âgée de 43 ans, avec deux enfants à sa charge, savait qu’il était risqué de se faire avorter. Mais malgré tout, elle l’a fait : « Mon mari était brutal, je savais que tôt ou tard on allait se séparer, alors j’ai avorté pour qu’il ne me quitte pas avec un enfant de plus. J’en avais déjà deux. »
Ayiti Kale Je a décidé de cacher les Identités des femmes et des divers fournisseurs de l’avortement interrogés pour cette histoire, en raison des pénalités sévères que la loi haïtienne pourrait leur imposer.
Avocats sans frontières Canada (ASFC) en collaboration avec l’Institut inter Universitaire de Recherche et de Développement (INURED) a présenté devant des experts et représentants de l’ONU et autres acteurs clé à New-York, une étude sur l’aide aux victimes du choléra en Haïti. Rappelons que le Secrétaire général Ban Ki-moon à l’époque avait dévoilé en 2016 la stratégie de l’ONU pour lutter contre le choléra en Haïtiet convenait que des consultations sur le terrain et des évaluations supplémentaires seraient nécessaires pour savoir si le programme d’assistance matérielle et financière pouvait inclure une composante individuelle.Trois ans plus tard, les consultations et évaluations supplémentaires pour un éventuel programme d’assistance individuelle n’ont pas été réalisées.
« Cette étude vient combler un vide dans le débat sur les meilleures façons pour l’ONU de redresser les torts causés par l’épidémie de choléra », a souligné Me Pascal Paradis, Directeur Général d’ASFC « C’est la première étude à combiner une enquête de terrain rigoureuse sur les besoins et attentes des victimes avec une analyse en profondeur de la faisabilité d’une assistance individualisée aux victimes du choléra et ce, à la lumière des standards internationaux en matière de droits humains, des considérations médicales et des expériences comparées d’autres programmes d’assistance de grande échelle. S’il est vrai que l’approche communautaire permet de toucher un grand nombre de victimes, elle peut être complémentée par une assistance individuelle pour les personnes les plus gravement touchées par cette épidémie ».
Cet étude présente des informations tirées de l’enquête menée sur le terrain auprès de victimes par l’INURED avec des experts nationaux et internationaux. Il ressort entre autres :
Que les besoins, attentes et préoccupations des victimes du choléra doivent être au coeur de toute forme d’assistance matérielle ou financière leur étant destinée ;
Que les victimes consultées désirent une réponse de l’ONU qui combinerait à la fois des projets pour les communautés et une aide ciblant les besoins spécifiques des personnes ayant été le plus affectées par le choléra ;
Qu’il est possible de mettre en oeuvre un mécanisme d’assistance individualisée simple, rigoureux, transparent, inclusif et adapté aux réalités contextuelles d’Haïti qui complèterait l’approche communautaire actuellement privilégiée par l’ONU.
Cette étude sera également présentée aux autorités haïtiennes, aux victimes et aux organisations de la Société Civile en Haïti au cours des prochaines semaines.
Samedi 20 juillet se déroulera la 7ème édition du Festival du tourisme éco-montagne à Vallue, 12ème section de Petit-Goâve, à 60 km au Sud de Port-au-Prince. Exposition, conférence, visite du Jardin Lobo, animation, dégustation, etc… Carte blanche à la gastronomie locale, une occasion idéale pour un voyageur de découvrir et de savourer la cuisine traditionnelle. Frais de participation :2,000.00 Gourdes adulte, 1,500.00 Gourdes enfants et adolescents de 7 à 14 ans. Ces frais vous donnent accès à ces services : – buffet gastronomique ventre déboutonné – dégustation de nos produits – visite guidée – conférence – animation etc… Hébergement : Prix des chambres : – CC-simple 3,325.00 Gourdes – CC-double 4,275.00 Gourdes – CC-2 lits (2-3 pers) 6,270.00 Gourdes Pour informations et réservations à « Hostellerie la montagne », situé à l’entrée à Morne Tapion, Petit-Goâve, Route Nationale #2 Téléphonez à +509 3231-8871 / 3239-2323 Ou contactez par email à : absept60@gmail.com Places limitées, réservez et confirmez avant d’arriver.
Selon les prescrits de la Constitution l’État doit tout mettre en œuvre pour permettre à tout un chacun d’avoir accès à l’éducation. Les personnes handicapées en tant que citoyens à part entière doivent pouvoir bénéficier de ces prérogatives constitutionnelles au même titre que les autres haïtiens. À cet effet, le Bureau du Secrétaire d’Etat à l’Intégration des Personnes Handicapées (BSEIPH) et le Centre Polyvalent de Formation Professionnelle de Carrefour (CPFP-C) lancentdu 16 juillet au 1er septembre 2019, un appel à candidature pour 15 bourses d’études : Formations concernées par ces bourses :
Informatique ;
Construction bâtiment ;
Construction métallique ;
Mécanique auto ;
Ferronnerie ;
Travaux du bois (menuiserie et ébénisterie) ;
Coupe et confection ;
Dépannage électronique ;
Charpenterie ;
Electricité ;
Carrelage ;
Vitrerie.
Inscriptions : Du 16 juillet 2019 au 1er septembre 2019, les postulants peuvent passer s’inscrire munis des pièces mentionnées dans l’appel à candidature du lundi
Mardi, son club Qarabağ FK (Azerbaïdjan) a annoncé sur sa page Facebook qu’il avait décidé de se séparer de Wilde-Donald Guerrier actuellement en Haïti, justifiant cette décision par le fait que Guerrier qui est actuellement en Haïti n’a pas rejoint le club à la date convenue et qu’il n’a pas participé à la réunion avec le Partizani lors de la phase de qualification de la Ligue des champions, ni au camp d’entraînement, tout en lle remerciant et lui souhaitant bonne chance dans sa carrière. Réagissant à cette annonce Wilde-Donald Guerrier (dont la valeur comme joueur est estimée à un peu plus d’un millions de dollars) a expliqué « Mon contrat arrivait à terme [20 juin 2020] Avant de revenir en Haïti, le FK Qarabag et moi avions conclu un accord verbal (dans lequel il avait exposé ses conditions) selon lequel je rempilerais au club à condition qu’il respecte cet accord […] Sans respecter l’accord verbal conclu, les dirigeants ont voulu que je revienne à l’entraînement. Je leur ai dit non, qu’ils devraient d’abord me payer comme entendu. Ainsi, à l’amiable, ils ont a pris la décision d’annuler l’accord verbal ». En savoir plus sur les saisons de Wilde-Donald Guerrier : 2009-2011 (Haïti, Violette AC) 2011-2013 (Haïti, América des Cayes) 2013-2016 (Pologne, Club Wisla Cracovie / 70 matchs, 20 buts) 2016-2017 (Turquie, Club Alanyaspor / 24 matchs, 4 buts) 2017- 2019 (Azerbaïdjan, Club Qarabağ FK / 67 matchs 6 buts). Champion d’Azerbaïdjan en 2018, lors de la phase préliminaire de la Ligue des champions 2018-2019 en marquant le but de la victoire [1-0] sur le club slovène de l’Olimpija Ljubljana, le 11 juillet 2018. Prochain Club…. à suivre
Mardi, Joseph Frantz Nicolas, le Directeur Général du Fonds National de l’Éducation (FNE), accompagné de certains de ses conseillers techniques et de Charles Levelt Joseph Consultant du Programme Spécial de Gratuité de l’Éducation (PROSGATE), a rencontré des représentants de la Conférence des Écoles Épiscopales d’Haïti (CEEH), de la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti (FEPH) et de la Fédération Nationale des Maires Haitiens (FENAMH), 3 organisations qui assuraient la gestion des fonds destinés à la prise en charge des frais de scolarité des enfants en situation difficile. Joseph Frantz Nicolas, l’objectif de cette réunion était de discuter de l’utilisation de la subvention accordée à ces organisations pour la scolarité des élèves au cours de l’année scolaire 2018-2019 (CEEH 40 millions de Gourdes, FEPH 30 millions et FENAMH 2 millions). La planification de la subvention des coûts de scolarité pour 2019-2020 a été également abordée. Le Révérend Père Jean Loudeger Mazile de la CEEH a remercié l’État haïtien pour cette aide aux enfants défavorisés promis un rapport définitif dans les prochains jours et encouragé le Gouvernement à continuer de rendre accessible l’Éducation aux enfants pauvres en les aidant à supporter les frais scolaires. Paul Etzaire, de la FEPH, assure que 400 écoles englobant un effectif de plus de 11,000 enfants ont été touchées par la subvention, alors que 96% du montant accordé par le FNE a été dépensé en date du 5 juillet dernier. De son côté, Chery Jean Joël dReprésentant de la FENAMH, a fait savoir que le Président de la Fédération fera parvenir sous peu le rapport des dépenses relatives à la subvention 2018-2019. Rappelons que l’article 27 de la loi portant création et organisation du FNE évoque la prise en charge des coûts de scolarité du Programme Spécial de Gratuité de l’Éducation, comme faisant partie de la nature des dépenses du Fonds National de l’Éducation.
Questionnements sur les projets de logements de la reconstruction
Port-au-Prince, HAÏTI, 8 janvier 2013 – Des questionnements hantent les quatre principaux projets de logements des administrations René Préval et Michel Martelly dans le cadre du processus de la reconstruction d’Haïti. Qui occupe ces logements? Qui contrôle les projets? Les résidents peuvent-ils payer les loyers ? Et, sont-ils de véritables victimes du tremblement de terre?
Quatre ans après le séisme du 12 janvier 2010 qui a tué plus de 200 000 personnes, fait au moins 1.3 million de sans abri et endommagé ou détruit près de 172 000 maisons ou appartements, ces nouveaux projets logent des personnes qui ne sont pas nécessairement des victimes, tandis que plus de 200 000 déplacés croupissent encore dans les camps ou dans trois grandes zones anarchiques appelées Canaan, Onaville et Jérusalem (dans l’axe nord/nord-est de la capitale). Au total, les projets ont permis de construire pas moins de 3 588 maisons ou appartements, pour un coût total avoisinant US$ 88 millions, selon les chiffres du gouvernement. (Il convient de noter, en revanche, que les bailleurs de fonds internationaux et les agences humanitaires privées ont dépensé plus de cinq fois ce montant – environ US$ 500 millions – pour des « abris provisoires », appelés « T Shelters ». Lire Ayiti Kale Je #9 Trois des nouveaux projets sont regroupés dans la zone de Zoranje, non loin du centre-ville, sur la frontière communale de Cité Soleil et de Croix-des-Bouquets (périphérie nord). On y trouve les maisons de l’ « Expo Habitat », celles construites par le gouvernement du Venezuela et le projet dit « 400% ». (La zone de Zoranje abrite aussi le projet de logements « Village de la Renaissance », construit pendant la présidence de Jean-Bertrand Aristide.) Le quatrième est le Village Lumane Casimir de Morne à Cabri, situé à 25 kilomètres au nord-ouest de la capitale sur l’autoroute menant vers Mirebalais (Est). Vue d’un carrefour se trouvant au cœur du site logeant les maisons vides du Village Lumane Casimir à Morne à Cabri le 19 septembre 2013 – Photo : AKJ/Marc Schindler Saint-Val Une enquête menée par Ayiti Kale Je (AKJ), qui a effectué plus d’une vingtaine d’interviews et plusieurs visites de terrain, a révélé que certains de ces projets sont caractérisés par la quasi inexistence des services de base, des actes de vandalisme, des vols et des soupçons de gaspillage. Expo : De l’inauguration à la « squattérisassion » Le 21 juillet 2011, le Président Martelly, l’ex Président des États Unis Bill Clinton et le Premier Ministre de l’époque Jean Max Bellerive inaugurent l’Expo Habitat : une exposition d’à peu près 60 prototypes d’habitats à Zoranje. Constituant un des premiers projets approuvés par la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH), l’Expo a coûté plus de US$ 2 millions en termes de financement public pour la reconstruction. Les compagnies étrangères et haïtiennes venues exposer leurs modèles ont dépensé au moins US$ 2 millions de plus. L’idée était que les entreprises étrangères et haïtiennes parviennent à choisir parmi les modèles avant de s’engager dans la reconstruction.
L’Expo est considérée par tous comme un échec. Peu de gens l’ont visitée et très peu ont choisi un modèle pour reconstruire. Beaucoup parmi les modèles coûtaient chers. Lire Ayiti Kale Je #20
« Nous avions vu des solutions très atypiques, qui certaines fois ne correspondaient pas à notre manière de vivre. En tant qu’Haïtien, nous ne voyons pas la question de logements de cette manière. C’était des trucs importés », critique David Odnell, directeur de la division logement à l’Unité de Construction de Logements et de Bâtiment Public (UCLBP), une des trois agences gouvernementales qui s’occupent du logement en Haïti, dans une entrevue le 19 novembre 2013. Aujourd’hui, les maisons abimées, dont la peinture est écaillée, abritent plusieurs dizaines de personnes investissant bon gré mal gré la majorité de ces habitations nichées au milieu de nombreuses herbes folles dans un espace fréquenté par des dizaines de cabris.
« Toutes les maisons ont de nouveaux propriétaires. Ils s’en ont accaparées », confie une jeune fille enceinte, dont les parents sont, d’après elle, « les locataires ».
A quelques pas, se trouve la maison d’une autre jeune femme se disant « propriétaire » du logis de la fille. Elle tient un bébé dans ses bras. Comme la fille, elle veut garder l’anonymat, mais déclare : « Je n’ai suivi aucune procédure pour l’avoir. J’étais là, c’est mon frère qui assurait la sécurité de la maison… Non, personne n’est venu nous demander de payer. Personne ne vient nous parler. De toute façon, à qui irait-on payer? » Une femme cuisinant devant l’une des maisons modèles du site de l’Expo Habitat le 19 septembre 2013 – Photo : AKJ/Marc Schindler Saint-Val
Selon au moins quatre sources, des évidences sur le terrain et un consultant dans un projet de l’État, ce sont des personnes déjà locataires dans le secteur de Zoranje qui ont saisi la grande majorité des maisons de l’Expo tout en mettant quelques-unes en location.
« C’est possible », reconnaît l’architecte Odnell de l’UCLBP. « Parce qu’il y a un vide. C’est parce qu’il y a absence de l’État. Je n’appellerai pas cela ‘gaspillage’, mais plutôt mauvaise planification, parce qu’on pourrait les récupérer dans l’avenir. » L’homologue d’Odnell à l’agence gouvernementale Fonds d’ Assistance Économique et Sociale (FAES), qui est aussi impliquée dans la question logement, est du même avis. « En dehors de la semaine où les gens lui rendaient visite, l’Expo est tombée à l’eau. Personne ne va là-bas. Personne ne la maintient en vie. Les entrepreneurs partent et ne font pas la promotion de leur logement »,estime Patrick Anglade. « C’est un problème qu’on peut résoudre, mais il faut savoir comment s’y prendre. » Contactée à propos de l’Expo, l’agence étatique de logements sociaux l’Entreprise Publique de Promotion de Logements Sociaux (EPPLS) a répondu « absent ».
« Nous n’avons aucun rapport avec [l’Expo] », déclare Miaud Thys, directeur général de l’institution. Les maisons de Chavez : de la « squattérisassion » à l’anarchie
Non loin de l’Expo, se trouvent 128 appartements construits pour un montant de US$ 4,9 millions par le gouvernement vénézuélien durant la présidence de Hugo Chavez, d’où le nom de « Kay Chavez yo », ou en français, « Les maisons de Chavez ». La majorité de ces appartements parasismiques – de toutes les couleurs et comportant chacun deux chambres à coucher, une salle de bain, un salon, une salle à manger et cuisine – sont « squattérisés ». Sur les 128 appartements, seulement 42 ont des habitants « légaux », invités par l’ambassade du Venezuela. Vides pendant 15 mois, avant de connaitre l’invasion, certains ont été vandalisés. De nombreux matériels et objets, dont des toilettes et des serrures, ont été emportés. Lire Ayiti Kale Je #12
« Il n’y a rien, ce sont des gens qui ont investi de manière illégale les maisons » avoue Thys, directeur général de l’EPPLS. « A présent nous essayons de les récupérer. Nous le savons, nous sommes au courant de cela. » Une des maisons du projet de l’ex président Vénézuélien Hugo Chavez, en train d’être élargié sans aucun contrôle, le 19 septembre 2013 – Photo : AKJ/Marc Schindler Saint-Val
Sur le terrain, les habitants vivent tant bien que mal dans leur domicile. Ils changent les portes et fenêtres, ajoutent des barrières en fer forgé ou érigent des clôtures.
En face d’une maison en phase d’agrandissement, des journalistes ont rencontré Jules Jamlee assis sur une chaise délabrée, entouré de quelques voisins. Comme eux, il est catégorique et confie qu’il ne va pas lâcher prise. « Le président sait pertinemment que nous sommes des révolutionnaires. Il y a des choses qu’il va nous dire, il sait bien que nous n’allons pas être d’accord avec lui », déclare-t-il. Thys lui répond du tac au tac. « Nous ne pouvons pas les perdre. Révolutionnaires ou pas », dit-il. « Nous allons entamer le processus pour les récupérer. Nous allons leur envoyer des correspondances… On va débuter comme on devrait le faire. Le cas échéant, on va appliquer la politique de la carotte et du bâton ». Jusqu’à présent, « Kay Chavez yo » ne disposent pas d’eau. Les habitants se plaignent de l’absence de toilettes ou de commodités défectueuses. Ce qui explique le fait que des personnes se disent obligées de faire leurs besoins physiologiques à même le sol.
Dans une enquête effectuée par AKJ en juin 2013, sur dix personnes interrogées, 6 affirment qu’ils vont chercher de l’eau ailleurs et 4 confient que leurs toilettes ne fonctionnent pas. De nouveaux propriétaires pas 400% contents
Connu sous le nom de « 400% » parce que le président Martelly a promis de construire 400 maisons en 100 jours, ce projet a été inauguré le 27 février 2012.
En plus des maisonnettes, le projet – construit grâce à une subvention de US$ 30 millions de la Banque interaméricaine de développement – comportait, entre autres, la construction de trois kilomètres de routes en adoquín, un système d’adduction d’eau (mais l’eau est disponible seulement récemment), des circuits électriques, des lampadaires de rues, un terrain de basket et une place publique.
Cependant, seule une partie des bénéficiaires sont de véritables victimes du séisme. Nombreux sont les employés de l’administration publique. Les maisons ont été attribuées au départ avec empressement, ce qui a créé des complications, parce qu’elles ne sont pas des cadeaux. Les bénéficiaires doivent payer une hypothèque sur cinq ans.
« Dans la première phase, et comme on était pressé… nous n’étions pas trop sévères. Des gens ont pu bénéficier de logements sans avoir pour autant la capacité totale de payer », admet Anglade dans une entrevue le 2 octobre 2013. Un des résidents du projet 400% revenant avec un saut d’eau le 19 septembre 2013 – Photo : AKJ/Marc Schindler Saint-Val Les prêts hypothécairessont entre 1 500 (US$ 39) et 2 000 gourdes (US$ 46) par mois. Il est stipulé dans le contrat que « le non-paiement par le locataire-acquéreur de trois (3) mensualités consécutives entraine l’application d’une pénalité de 5% du montant de la mensualité impayée » et que le « non-paiement pourrait entraîner l’expulsion. » Le contrat provoque des grincements de dents. Des dizaines de personnes rencontrées sur le site s’en plaignent.
Le FAES admet qu’il a un défi.
« Le taux de récupération n’atteint pas 100%. Il n’atteint même pas 70%. Ce qui veut dire que nous avons 30% de personnes qui sont en retard de paiement », explique Anglade.
Une mini-enquête faite par AKJ donne une idée de la raison de ces retards de paiements. Sur dix personnes interrogées, 5 affirment être des chômeurs.
« Le président ne nous donne pas de maisons. Il nous les vend. Les maisons sont trop chères. Quelle activité exerce-t-on dans le pays, on ne travaille pas, comment trouver 1 500 gourdes par mois ? », se questionne Yves Zéphyr, chômeur et père de deux enfants, qui habite la cité depuis novembre 2012. Yves Zéphyr avec la fiche de paiement récent de sa femme, le 19 septembre 2013 – Photo : AKJ/Marc Schindler Saint-Val
Lorsque le projet a été lancé, le gouvernement n’a reçu de financement que pour la préparation du terrain, les maisons et l’électricité. Aucun fonds pour les autres services nécessaires dans le cadre d’un projet de logements situé loin du centre-ville de Port-au-Prince, comme l’accès à l’eau et le service de vidange, un marché, des écoles, une clinique et un système de transport abordable.
« Il existait de l’espace pour tous les services. Tout ceci était dans le plan de base. Mais malheureusement on n’est pas arrivé à les implémenter. Donc, finalement, ce sont uniquement les logements qu’on a érigés. Et, l’eau, ce n’est que récemment que ça a commencé à fonctionner après avoir trouvé du financement pour le faire », admet Odnell.
Sur le terrain, AKJ a trouvé de nombreux résidents heureux, il y a des maisons manquantes. Certaines des habitations sont incapables de supporter la moindre pluie. Sur 10 familles, 8 ont des installations électriques, mais leur maison n’est que rarement alimentée en électricité, d’après elles.
Des fosses septiques de certaines maisons posent également des problèmes. La toilette de la maison d’Yves Zéphyr non utilisée pour son manque de profondeur, le 19 septembre 2013 – Photo : AKJ/Marc Schindler Saint-Val
« Elles peuvent être remplies dans un quart d’heure », dénonce André Paul, habitant le projet depuis juillet 2013. « Certaines sont bloquées, d’autres remplies. »
L’EPPLS, qui partage la responsabilité du site avec le FAES promet d’agir : « Nous allons porter des corrections. Les fosses septiques sont mal établies. De toutes les façons, nous allons corriger ce qui requiert des corrections. »
« Le projet est inachevé », ajoute de son côté Odnell. « Les gens vont y rester, c’est à l’Etat de le continuer. Il faut améliorer le cadre de vie des occupants. Il faut leur donner les infrastructures nécessaires. Dans la réalisation d’un projet d’habitat, les infrastructures publiques précèdent les logements. Quand on planifie, les services doivent être déjà disponibles. Dans le cas de 400%, c’est le contraire. » Morne à cabri – un projet de logement social ?
Le projet de logement Village Lumane Casimir est financé par les fonds de Petro-Caribe pour au moins US$ 49 millions, d’après le gouvernement. Cette urbanisation, dans une région désertique au pied du Morne à Cabri, comportera 3 000 logements locatifs, dont quelques 1 300 sont déjà prêts. Il tire son nom de celui d’une célèbre chanteuse haïtienne. Lire aussi Ayiti Kale Je #19
Lors de l’inauguration le 16 mai 2013, le président a profité pour faire des remises de clefs à des familles avec une couverture médiatique assez motivée et extraordinaire. Pourtant, de mai à septembre 2013, personne n’y vivait. Ce n’est qu’en octobre 2013 que le village commence à se remplir.
Plusieurs des maisons non encore occupées sont saccagées.
« Entre 120 et 150 logements ont été vandalisés », admet Odnell de l’UCLBP, l’organe qui gère et assure la supervision dudit projet.
Plus d’une cinquantenaire de toilettes, plusieurs dizaines de serrures de portes et fenêtres, d’étriers, d’ampoules, de prises et de fils électriques sont emportés, sans compter les mille et une tentatives visibles d’emporter des lavabos soudés au mur. Certaines maisons ont des portes et fenêtres qui tiennent à peine.
« Les voleurs y viennent toujours », raconte Bélair Paulin, un habitué de la zone, qui dit attendre qu’on l’appelle pour une entrevue le permettant de savoir s’il est ou non un des prochains bénéficiaires.
Plus de 200 familles sont déjà installées. D’autres, munies déjà de leurs clés, viennent au fur et à mesure. Pour le moment, environ 1 100 appartements sont encore vides. Le bureau de recrutement pour les logements du Village Lumane Casimir à Morne à Cabri avec les candidats plein d’espoir devant, le 19 septembre 2013. Photo : AKJ/Marc Schindler Saint-Val
Le 20 décembre dernier, lors d’une visite, le président Martelly a remis des clés à 75 policiers sur un total de 250 qui vont bénéficier d’un logement. Quelques policiers ont dénoncé des responsables de l’Etat qui leur ont demandé de remettre les clés sous prétexte que c’était une remise symbolique.
Toutes les maisons prêtes sont dotées d’une alimentation en eau et électricité, de poubelles flambant neuves, d’un réchaud à gaz, un récipient à traiter l’eau, des plantes en pleine croissance avec un service d’arrosage des parcelles de jardin, et d’une promesse de transport automobile aller-retour à la capitale pour 20 gourdes.
Sous un soleil de plomb, la voix de quelque centaines de nouveaux résidents, le bruit des portes qui s’ouvrent et se ferment, le vent qui se déchaine et le vrombissement des moteurs de voitures roulant à toute vitesse, le village Lumane Casimir de Morne à Cabri commence une nouvelle vie. Un homme se promène dans le Village Lumane Casimir à Morne à Cabri le 19 septembre. Photo :AKJ//Marc Schindler Saint-Val
Selon les déclarations d’Odnell, le village possédera : « un système d’assainissement, un commissariat, un centre de santé, un réservoir d’alimentation en eau potable, une place publique, un terrain de football, une ligne électrique, un pôle commercial, une école professionnelle, un marché public et une école fondamentale ». L’un des plans du projet, c’est que certains des résidents disposent d’un emploi dans un parc industriel de l’autre côté de la route.
« Il y aura un mini parc industriel qui aura toutes les facilités visant à créer des emplois pour sédentariser les bénéficiaires », promet Odnell, qui affirme qu’une entreprise canadienne se dit intéressée à y ouvrir une usine.
Le parc n’est pas encore terminé, et – à la fin de 2013, au moins – il n’a pas été enregistré comme une « zone franche ».
Comme dans les autres projets, les nouveaux résidents ne sont pas nécessairement des victimes du tremblement de terre.
« Il y a trois critères clés pour être éligible : 1) Il faut que la personne soit affectée par le séisme ; 2) la personne doit avoir une famille de 3-5 personnes et 3) il faut que la personne ait un revenu. C’est le plus important, afin de pouvoir payer le loyer. Celui-ci doit être entre 7 000 (US$ 163) et 10 000 gourdes (US$ 233) », d’après Odnell.
Christela Blaise, est l’un des nouveaux locataires de ces maisons. Elle est cosmétologue et vit avec sa grande sœur et l’enfant de celle-ci depuis octobre 2013.
« Apres le séisme, on habitait Bon Repos au bord de la route. Nous ne sommes pas des victimes directes du séisme, mais comme tout le monde on cherchait à s’abriter, on est allé dans un abri provisoire. Mais nous n’y sommes pas restés plus de trois mois avant de retourner dans notre maison», dit-elle. La problématique de logements : Un défi immense L’Etat Haïtien reconnait qu’il fait face à un énorme défi.
Jusqu’à maintenant quelques 150 000 victimes du séisme vivent encore dans environ 300 camps, et peut-etre 50 000 autres dans les trois zones anarchiques appelées Canaan, Onaville et Jérusalem. La moitie des camps n’a pas des services sanitaires, et seulement 8% sont approvisionnés en eau, d’après un rapport de l’UCLBP et le « CCCM Cluster » d’octobre 2013. A l’époque, 103 des camps étaient sous menace d’éviction. Les 7 et 9 décembre 2013, 126 familles ont été forcées de quitter les maisonnettes qu’elles avaient construites à Canaan, non loin du Village Lumane Casimir.
Selon le gouvernement, Haïti a un déficit de logements qui s’accroit à mesure que les gens laissent les villes de province pour rejoindre les villes. « Haïti devra faire face au défi de construire 500 000 nouveaux logements pour répondre au déficit actuel et aux besoins jusqu’à 2020 », note la Politique du logement et de l’habitat (PNLH) de l’UCLBP, publié en octobre 2013. Photo tirée de la nouvelle Politique du Logement et de l’Habitat (PNLH) de l’UCLBP.
La Politique de l’UCLBP reste ambitieuse mais vague. Son résumé exécutif esquissant cinq « axes stratégiques » indique vouloir « accroître l’accès au logement », incluant le logement social répondant aux normes de construction établies et la promotion « des modèles de construction de logements avec un accès aux services urbains de base ». Le langage du document implique que l’Etat cherchera à résoudre le déficit en partenariat avec le secteur privé. Dans l’introduction du document, le premier ministre haïtien Laurent Lamothe relate que « la PNLH, dont la coordination de la mise en œuvre sera assurée par I’UCLBP, définit également le rôle important que le secteur privé est appelé à jouer aux côtés de l’État ». Cette orientation n’est pas forcément à éviter, mais déjà il semble que l’Etat ne va plus construire des logements sociaux accessibles à la majorité de la population. Selon la Banque Mondiale, 80% de la population vit avec un revenu de US$ 2 par jour. Même si un couple combine ses revenus, il aura seulement US$ 60 par mois. Donc, comment pourrait-il payer un loyer de US$ 39 (pour un appartement à « 400% ») à US$233 (Village Lumane Casimir) ?
Parlant le 11 novembre 2013 du Village Lumane Casimir, Lamothe affirme sa fierté du projet, qu’il a classé comme « logement social. » Mais, si le logement en question ne sert pas les pauvres, qui représentent la majorité des victimes du tremblement de terre, par exemple, et s’il est hors de portée de 80% de la population, est-ce vraiment une classification correcte ?
Source: haitigrassrootswatch
Des marchandes de la Croix-des-Bossales, particulièrement les vendeuses de produits de boucherie, ont pris d’assaut une partie de la Place d’italie, au Bicentenaire.
Cette zone située en face du Parlement haïtien a été ainsi transformée en marché public par ces commerçantes, en quête de sécurité, qui ont décidé d’étaler leurs marchandises au petit bonheur depuis samedi dernier.
Les concernées ont expliqué leur action par l’indifférence et le mépris des autorités de l’Exécutif et du Législatif manifestés à leur endroit, alors qu’elles subissent quotidiennement la terreur des gangs armés de La Saline.
Des commerçantes menacent même de venir exposer leurs produits à l’intérieur des bureaux des parlementaires afin de les porter à prendre en compte leurs tourments.
Plusieurs marchands de la Croix des Bossales ont été tués ou grièvement blessés par les bandits armés qui font régner leur loi et rackettent constamment les usagers du marché déserté par acheteurs et vendeurs.
Haiti sera présent lors des Jeux Panaméricaiins de Lima et sera représenté en athlétisme, aviron, haltérophilie, taekwondo, judo et natation, a informé le Comité Olympique Haïtien.
Huit athlètes composent la délégation haïtienne qui auront à défendre le bicolore dans les six disciplines pré-citées lors de cette 18e édition des jeux panaméricains qui se dérouleront au Pérou du 26 juillet au 15 août dans la capitale Lima avec la participation de 12.000 athlètes venant de 41 pays.
Il s’agit de Vanessa Clerveaux et Jeffrey Julmis ( athlétisme en 100m/haies), Edouard Joseph (haltérophilie), Anya Louissaint (taekwondo de 59 kg), Philippe Metellus (Judo de 73 kg), Gabrielle Amoto (Aviron), Emilie Grand Pierre (natation, 100m brasse) et Alexandre Grand Pierre (natation 200 m brasse).
Vanessa Clerveaux est la meilleure espoir de médaille pour Haïti. La sprinteuse, médaillée d’argent sur 100m haies lors des Jeux Centre Amérique et Caraïbes de Barranquilla s’est déjà qualifiée pour les championnats du monde.