La situation des enfants, membres des gangs, préoccupe au plus haut point les responsables des entités des Nations Unies en Haïti. De concert avec les autorités haïtiennes, les officiels onusiens s’évertuent à mettre en place un dispositif visant la réinsertion des enfants avant le lancement des opérations de la Force de Répression des Gangs (FRG).

La représentante du Secrétaire Général de l’ONU pour le sort des enfants en conflits armés, Mme Vanessa Frazer, lors de la dernière rencontre du conseil de sécurité sur la crise haïtienne, avait fait état de la détention de nombreux enfants. Certains sont detenus pendant 8 ans sans avoir comparu par devant un juge.

Après une visite d’évaluation dans des centres carcéraux, la responsable de l’ONU avait conclu que la situation des enfants est inacceptable. Les recommandations de l’ONU au gouvernement haïtien concernent la libération éventuelle des enfants détenus et l’enregistrement des enfants ne disposant pas de document d’identité.

Selon les statistiques de l’ONU un membre de gang sur deux est un enfant. En outre les enfants ayant fui la violence doivent être réintégrés avec dignité et les enfants en danger doivent être protégés avant d’être réintégrés. Les enfants qui ont souffert de la violence doivent bénéficier de l’appui nécessaire à se remettre sur pied et à reconstruire leur vie.

Détention préventive prolongée des enfants 

Selon le Collectif défenseur Plus la majorité des mineurs dans les centres carreaux sont en détention préventive prolongée. À l’origine le centre de rééducation pour le mineurs en conflits avec la loi, Cermicol servait à sa mission. Toutefois à cause de la destruction de plusieurs prisons par les gangs le centre accueille plus de 700 détenus dont plus de 500 adultes hommes.

Un responsable de Zanmi Timoun rapporte que certains enfants ont dépassé la majorité légale alors qu’ils sont toujours en détention au cermicol. Selon des spécialistes l’absence des juges et le dysfonctionnement des tribunaux pour enfants font partie des obstacles au bon fonctionnement du cette branche de l’appareil judiciaire.

L’IBESR est impliqué dans la réinsertion 

L’institut du Bien Être Social et de Recherche (IBESR) dans le cadre d’un accord avec la CNDDR prend en charge des enfants membres de gangs et appréhendés par les forces de l’ordre. Depuis 2023 une centaine d’enfants ont bénéficié du programme et ont rejoint leur parents biologiques ou un proche parent. 

Au cours des derniers mois l’IBRSR est intervenu dans la formation de famille d’accueil pour ces enfants. Dans le cadre du dit accord l’IBESR construit un centre d’accueil dans le sud pouvant accommoder 600 enfants.

Élaboration d’un plan de la CNDDR avec le support du BINUH

Dans son dernier rapport le Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti a fait état des efforts déployés pour entre autres promouvoir des réponses intégrées, notamment en intégrant dans le cadre national des approches tenant compte des besoins des jeunes et des enfants.

Ces programmes sont réalisés en collaboration avec l’équipe spéciale interministérielle et interinstitutionnelle chargée du désarmement, du démantèlement et de la réinsertion et la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réinsertion.

En Mai 2026 la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réinsertion, avec le soutien du BINUH, avait présenté aux membres du corps diplomatique sa feuille de route et ses priorités stratégiques, qui mettent l’accent sur des approches par étapes pour le désengagement, la réinsertion et la réintégration des enfants et des jeunes ayant été associés à des gangs, notamment dans le cadre d’initiatives de proximité.

LLM / radio Métropole Haïti 

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