L’ex député M. Vickens Derilus, fait état des conditions de vies dégradantes imposées par les gangs dans le bas Artibonite. Il juge que plus de 60% du bas Artibonite sont sous contrôle des deux gangs armés Grand Grif de Savien et Kokorat sans Ras. Certaines villes sont totalement sous contrôle des gangs qui s’évertuent à étendre leur territoire le long de la route nationale numéro 1. Verettes est enclavée puisque les gangs contrôlent totalement les communes de La Chapelle à l’est et de Liancourt à l’ouest.
Les automobilistes et les cultivateurs sont contraints d’utiliser des routes agricoles pour joindre la route nationale. Les gangs ont installé plusieurs postes de péages collectant des montants considérables quotidiennement. L’hégémonie des gangs repose sur une bonne connaissance du terrain et un réseau de renseignement efficace, constate l’ex parlementaire.
Les chefs de gangs sont informés en temps réel des mouvements des blindés sur la route nationale. Grâce aux informations les gangs font un aller retour entre leur repaire et la route nationale évitant ainsi les blindés. De plus grâce à leur réseau d’informateurs les gangs contrôlent les déplacements des citoyens sur la route. Ils peuvent ainsi préparer facilement des embuscades.
L’ex député est critique à l’égard des autorités gouvernementales et policières haïtiennes regrettant qu’aucune action d’envergure n’ait été entreprise pour rétablir l’ordre. Le déploiement de la Force de Répression des Gangs (FRG) aux Gonaïves surprend l’ex député qui ne comprend pas pourquoi les forces spéciales ne soient pas déployées dans les zones en proie à la terreur des gangs. Les communes de Liancourt, Petite Rivière, Marchand Dessalines, sont les principales victimes des gangs et d’autres communes telles Montrouis et L’Estère sont partiellement sous contrôle des gangs.
Une population meurtrie
L’ex député affirme qu’en plus de la terreur des gangs les cultivateurs sont confrontés à une période inhabituellement longue de sécheresse. De nombreuses cultures ont été perdues, dit-il évoquant la situation notamment à Verettes. On assiste ainsi à une décapitalisation des entrepreneurs et à une une paupérisation de la population. De nombreux cultivateurs ont dû fuir leurs habitations pour s’installer chez des familles d’accueil à Saint Marc. Ces gens ont perdu leur dignité et survivent dans la tristesse et l’angoisse.
Au cours des dernières semaines plusieurs notables ont noté une hausse des funérailles à Saint Marc. L’ex parlementaire confirme que de nombreux décès, dûs à des accidents cérébro- vasculaires, ont été enregistrés. Il s’agit notamment de braves cultivateurs qui sont submergés par le stress et l’angoisse.
Une attaque contre l’État
De l’avis de M. Derilus l’offensive coordonnée des gangs contre les départements de l’Ouest et de l’Artibonite s’inscrit dans une démarche visant à désarticuler les structures étatiques et économiques. Il souligne que la chute brutale de la production agricole nationale a entraîné une hausse des importations. Les producteurs étrangers sont des bénéficiaires du chaos haïtien.
Les gangs maintiennent leur emprise en dépit de la présence des unités spécialisées de la Police, des FADH et de la FRG. Des alertes sont lancées régulièrement à Saint Marc. Les gangs annoncent de manière récurrente des offensives contre la Métropole du bas Artibonite. À cause de ces conditions sécuritaires l’ex député ne croit pas que les élections pourront être réalisées en décembre prochain.
LLM / radio Métropole Haïti
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