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  • Coronavirus: le FAES fidèle à sa mission sociale

    Coronavirus: le FAES fidèle à sa mission sociale


    La Délégation départementale de l’ouest, la Protection Civile, la Sécurité Publique et la Police Nationale d’Haïti sont, entre autres institutions, qui ont apporté leur soutien dans le cadre de cette distribution qui vise à aider les personnes les plus pauvres durant la période marquée par la présence de la covid-19 sur le territoire national.

    En cette occasion, le responsable du Fonds d’Assistance Economique et Sociale a renouvelé son engagement d’accompagner les couches défavorisées.

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  • Jovenel Moïse veut voir tous les malfrats derrière les barreaux

    Jovenel Moïse veut voir tous les malfrats derrière les barreaux

    Jovenel Moïse n’est pas resté insensible face ce phénomène.

    « Je m’incline devant le cadavre des gens qui se sont fait assassiner ces derniers jours », a-t-il dit lors de son intervention.

    Le garant de la bonne marche des institutions assure avoir passé des instructions nécessaires aux autorités compétentes pour qu’elles puissent prendre des mesures adéquates afin de mettre la main au collet des bandits qui ne cessent de semer le deuil dans les familles haïtiennes.

    À cet effet, il exhorte la police à travailler de commun accord avec la justice pour appréhender les criminels, prévenir les actes de l’insécurité.

    Quant aux organisations de droits humains, le président Moïse les invite à collaborer avec les autorités étatiques, les secteurs organisés de la société civile pour déraciner les problèmes relatifs à la violation de droits humains dans le pays.

    Ce lundi 29 mars, des agents de la PNH ont tué dans l’œuf un mouvement de protestation devant les locaux du ministère de la justice au cours duquel les initiateurs ont voulu dénoncer l’insécurité grandissante dans le pays.

    Les forces de l’ordre, présentes dans les parages du MJSP, ont lancé des gaz lacrymogènes pour disperser les protestataires.

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  • Emmanuel Elgin a été révoqué du service de sécurité de la BRH

    Emmanuel Elgin a été révoqué du service de sécurité de la BRH

    Le démenti a été apporté par la BRH dans un message publié sur son compte twitter.

    ” La BRH tient à préciser pour l’opinion publique que le nommé Emmanuel Elgin, cité dans l’assassinat de notre collaborateur Norvella Bellamy et sa femme, est un ancien agent de sécurité révoqué depuis septembre 2019″, lit-on dans ce message de la BRH.

    Rappelons qu’une photo d’Emmanuel Elgin, avec l’uniforme du service de sécurité de la BRH faisant le tour des réseaux sociaux, laisse croire que ce dernier serait toujours un employé de la banque centrale.

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  • Un sit-in pour réclamer justice et sécurité dispersé de force par la police

    Un sit-in pour réclamer justice et sécurité dispersé de force par la police

    Il est 9h30, des citoyens se rassemblent devant le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique (MJSP). Ces derniers sont venus protester contre la montée de l’insécurité dans le pays et exiger justice pour Nancy Dorléans et Sébastien Petit, assassinés au cours de la semaine dernière.

    “La raison de notre présence (Nou p ap domi) devant le MJSP, c’est pour protester contre les massacres perpétrés durant les mois derniers. Des bandits continuent d’endeuiller les familles sans qu’aucune décision ne soit prise par les autorités étatiques. Nous sommes à bout de souffle et nous ne pouvons plus tolérer cela. Comment accepter la mort d’une fillette de 14 ans par un agent de sécurité sans l’intervention de la police ? Les massacres de Tokyo, de Cité Soleil de La Saline ne peuvent rester impunis, nous voulons et exigeons des réponses “, a déclaré Salvatory Saint Victor, l’un des porte-parole de “Nou p ap domi”.

    Quelques minutes plus tard, des policiers du Corps d’intervention et de maintien de l’ordre (CIMO) ont été déployés sur les lieux. Sans hésitation, ces derniers ont lancé plusieurs grenades lacrymogènes sur le groupe de citoyens réunis. Ils ont aussi tenté d’arracher la banderole des mains de manifestants. Pourtant, ces derniers n’opposaient aucune résistance.

    “Ils veulent nous faire décamper sans nous expliquer la raison. Si nous sommes venus aujourd’hui devant le Ministère de la Justice, c’est pour demander qu’une enquête soit ouverte pour découvrir l’auteur de l’assassinat de Nancy et Sébastien”, a confié Edlyne Christelle Rémy, la marraine de Nancy Dorléans.

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  • Frais de stage : L’Université Quisqueya étouffe ses étudiants en médecine

    Frais de stage : L’Université Quisqueya étouffe ses étudiants en médecine

    Les étudiants protestaires ne veulent plus verser de frais exigé par l’UNIQ pour se procurer les matériels médicaux dans le cadre de leur stage, car, selon eux, ils avaient déjà payer le frais de l’internat depuis la 1ère année de la faculté conformément aux clauses passées au moment de leur intégration.

    “Une partie de l’argent que les étudiants ont déboursé pour le paiement de la 1ère année de la faculté devrait être réservée pour l’nternat, c’est au beau milieu de l’année que les responsables nous ont exigé un frais spécifique pour nos stages. Les étudiants ont dû alors déboursé une somme de 51 mille gourdes supplémentaires “, a expliqué l’un des protestataires.

    “Malgré l’argent qui a été versé, les étudiants ont débuté, en janvier 2020, leur stage sans les équipements adéquats”, a poursuivi le protestataire rappelant que les étudiants ont été contraints d’ arrêter en mars dernier leur stage à cause de la présence de la covid-19.

    À présent l’université fixe la reprise de internat pour le 1er juillet prochain. A cet effet, ils ont mis un bus disponible à l’université pour déposer les étudiants qui ont accepté de payer l’argent demandé pour l’internat à leur site respectif. “Nous allons bloquer le départ du bus, a dit un protestataire avant d’ajouter que les étudiants ont plus que jamais besoin d’équipements en cette période marquée par la pandémie.

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  • Haïti-Accident : 77 victimes enregistrées par Stop Accidents

    Haïti-Accident : 77 victimes enregistrées par Stop Accidents

    D’après ce dernier bilan de Stop Accidents, au moins 77 victimes ont été recensées dont 68 blessés et 9 morts. Les zones concernées par ces accidents sont Girardo, Charrier (Cap-Haïtien), Route 9, Aux Poteaux, Chalon, Thomonde, Petit-Goâve, Arcahaie, Delmas 75, Ganthier…

    Les responsables de cette organisation ont attiré l’attention des autorités sur les difficultés rencontrées par les blessés pour avoir accès à des soins de santé dans les hôpitaux. Ils ont demandé aux autorités de “renforcer les structures de prise en charge”.

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  • Haïti-Insécurité : Un jeune homme tué par balle à Canapé-Vert, un policier indexé

    Haïti-Insécurité : Un jeune homme tué par balle à Canapé-Vert, un policier indexé

    Ce témoin n’était pas en mesure de fournir beaucoup plus de détails sur ce meurtre. Mais, il croit que c’est un agent de la police nationale qui lui a tiré dessus. Le corps sans vie du jeune homme est resté allongé sur le sol là où il a été tué jusqu’à ce matin.

    En réaction, des membres de la population de Canapé-Vert ont bloqué la route à hauteur de Débrosse ce matin.

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  • Détournement d’un autobus de la compagnie Haïti-Trans par des bandits

    Détournement d’un autobus de la compagnie Haïti-Trans par des bandits

    D’après certaines informations, les bandits armés ont contraint le chauffeur du bus à leur laisser le volant. Ainsi, ils sont répartis dans des directions inconnues.

    Cependant, si les responsables n’avaient plus aucune information concernant le conducteur et les passagers aux environs de 22:30, plus tard, Gérald Désir a confirmé que les victimes ont été relâchées.

    Toujours selon Gérald Désir, cet autobus est le troisième que les bandits ont détourné pour la compagnie de transport Haïti-Trans. Un Yatch et un Pickup Ford ont déjà été volés par les ravisseurs.

    Rappelons que cet autobus détourné était en route pour Port-au-Prince, il avait quitté la vile du Cap-Haïtien autour de 14 heures.

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  • Municipales – France : le triomphe des Verts met Macron au défi

    Municipales – France : le triomphe des Verts met Macron au défi

    par Service politique de l’AFP

    Lyon, Bordeaux, Strasbourg… en raflant un nombre historique de grandes villes, les Verts sortent grandissimes vainqueurs des municipales, une réalité dont Emmanuel Macron devra tenir compter au moment de recevoir lundi les membres de la Convention citoyenne pour le climat.

    Trois mois après un premier tour déjà chamboulé par la crise du coronavirus, le deuxième tour a de nouveau été marqué dimanche par un taux d’abstention record, autour des 60%, malgré des précautions sanitaires exceptionnelles et le port du masque obligatoire dans les bureaux de vote.

    Cette désaffection des électeurs a suscité la « préoccupation » d’Emmanuel Macron. Mais elle n’occulte pas la hauteur de la vague verte qui a déferlé sur les grandes villes de France, jusqu’à Paris où la maire socialiste sortante Anne Hidalgo a été réélue après avoir endossé elle-même un programme résolument écolo aux côtés de ses partenaires d’EELV.

    Ailleurs, les Verts ont volé de succès en succès. A Lyon, ils ont même fait coup double: Bruno Bernard s’y est adjugé la métropole, siège du véritable pouvoir, et Grégory Doucet la ville, en battant Yann Cucherat, poulain du maire sortant Gérard Collomb. Les Verts ont également pu revendiquer la victoire à Strasbourg, avec Jeanne Barseghian, et à Bordeaux, avec Pierre Hurmic qui a devancé le maire LR sortant Nicolas Florian, soutenu par LREM. Un petit séisme après 73 ans d’élections de maires de droite sur les rives de la Garonne.

    La situation est plus confuse à Marseille où la candidate écologiste Michèle Rubirola, à la tête d’une coalition de gauche, a revendiqué une « victoire relative » après 25 années de règne de la droite. Mais la candidate LR Martine Vassal a insisté qu’il n’y avait à ce stade « pas de majorité à Marseille », donnant rendez-vous à l’élection du maire par le conseil municipal vendredi prochain.

    D’autres grandes villes – Grenoble, Besançon, Tours Poitiers, Annecy… – sont tombées dans l’escarcelle des Verts, qui ont longtemps servi de force d’appoint mais s’affirment comme les premiers à gauche avant les prochaines échéances électorales.

    – Fiasco de LREM –

    « C’est un jour historique pour l’écologie », s’est félicité le secrétaire national d’EELV Julien Bayou.

    Cette déferlante devrait amener Emmanuel Macron à intervenir dès lundi matin en recevant à l’Elysée les membres de la Convention citoyenne sur le climat à qui il entend apporter des « réponses fortes » et « à la hauteur des enjeux et des attentes », fait savoir l’Elysée à l’AFP.

    Le chef de l’Etat devrait de manière générale préciser, dans les jours qui viennent, son intention affichée de « se réinventer » pour les deux dernières années de son mandat, avec un probable remaniement à la clé. Mais les résultats de dimanche rendent la thématique écologiste incontournable.

    Le triomphe des écologistes contraste avec le fiasco de La République en marche qui n’ont remporté aucune grande ville et connu pour unique satisfaction la confortable réélection d’Edouard Philippe au Havre, même si le Premier ministre n’est pas encarté LREM.

    Restera-t-il à la tête du gouvernement ? Emmanuel Macron l’a félicité pour sa « belle victoire » et les deux têtes de l’exécutif se verront « un petit moment en tête-à-tête » lundi.

    Très affaiblis au plan national, le Parti socialiste et Les Républicains comptaient sur ces élections pour se refaire une santé localement. Si les Verts ont dominé la soirée, le PS a néanmoins réussi à conserver Paris, Lille, où Martine Aubry s’est imposée d’un cheveu face au candidat écologiste Stéphane Baly, Rennes, Nantes, Le Mans, Clermont-Ferrand, Dijon et a ravi Nancy et Montpellier.

    Les Républicains ont quant à eux confirmé leur implantation en remportant dès le premier tour bon nombre des villes de plus de 9.000 habitants qu’ils contrôlaient. Dimanche, ils ont vu Jean-Luc Moudenc reconduit de peu à la tête de Toulouse, comme Christian Estrosi à Nice. 

    Principal adversaire d’Emmanuel Macron au plan national, le Rassemblement national a remporté Perpignan. Avec ce succès, Louis Aliot redonne au parti de Marine Le Pen le contrôle de sa première ville de plus de 100.000 habitants depuis 1995 et Toulon.

  • Lettre ouverte du parti Fusion au Secrétaire Général des Nations unies

    Lettre ouverte du parti Fusion au Secrétaire Général des Nations unies

    Port au Prince, le 28 juin 2020

    Monsieur Antonio GUTERRES

    Secrétaire Général des Nations unies,

    En ses bureaux

    Monsieur le Secrétaire Général

    Les Partis Politiques signataires de la présente note vous saluent très cordialement. Ils prennent l’occasion pour souligner à votre attention leurs préoccupations après la présentation de votre rapport à la réunion du Conseil de Sécurité sur Haïti le 19 juin dernier eu égard à la mission assignée au Bureau Intégré des Nations unies en Haïti (BINUH). 

    Depuis 1990, les Nations unies maintiennent en Haïti sous diverses appellations des missions de maintien de la paix.  Le 16 octobre 2019, le Conseil de Sécurité a décidé de mettre en place le BINUH pour une période initiale de douze mois. La mission qui lui est assignée reste invariable : instaurer une stabilité permanente en Haïti de manière à atteindre les objectifs du développement durable au regard de la pauvreté, des inégalités, du climat, de la dégradation de l’environnement, de la prospérité, de la paix et de la justice à l’horizon 2030. A ce compte, le Secrétaire Général devrait soumettre, chaque 120 jours, un compte rendu sur l’évolution de la situation en tenant compte de l’application de la résolution, des cas de non-exécution et des mesures prises pour y remédier.

    C’est dans ce contexte, Monsieur le Secrétaire Général, qu’a été présenté devant le Conseil de Sécurité le rapport de la mission sur la situation en Haïti. Ce rapport porte sur les points suivants :

    • Politique et bonne gouvernance
    • Lutte contre la violence de proximité
    • Justice et État de droit
    • Droit de la personne
    • Chômage, jeunesse et groupes vulnérables
    • Services sociaux de base et résilience des ménages
    • Dispositif opérationnel et intégration
    • Exploitations et atteintes sexuelles 
    • Observations

    On peine à croire que le rapport a été conçu en conformité avec les exigences contenues dans la mission du BINUH. Considérons de plus près les trois premiers points du rapport : Politique et bonne gouvernance, Lutte contre la violence de proximité, Justice et État de droit.

    Politique et bonne gouvernance

    Ce premier point traite de la pandémie du CORONAVIRUS en Haïti et des mesures prises par le gouvernement ; du dysfonctionnement des institutions de l’État, des efforts du Président Jovenel Moïse pour parvenir à un consensus politique et de ses difficultés à élaborer un programme ambitieux de reformes et de relance de l’économie ; de l’apport du BINUH dans la mise en œuvre d’un projet de révision de la Constitution et de la tenue prochaine d’élections législatives et locales.  

    Monsieur le Secrétaire Général,

    Le plan de gestion de la COVID-19 (s’il y a effectivement eu un plan élaboré et assumé) a plutôt servi, en des mesures disparates, les intérêts de l’Exécutif. À la suite du lancement de la campagne nationale de nettoyage le jeudi 2 avril 2020 dans les locaux du ministère de la Communication, l’actuel Ministre des Travaux publics, Transport et Communication tablait sur le recensement d’ici le 15 mai, de 1000 à 1500 morts par jour dans le pays. La stratégie adoptée, associée au mode actuel de gestion de cette crise par les autorités gouvernementales, dénote très clairement une poursuite volontaire et délibérée du laissez-faire face à une contamination massive et, par ricochet, l’acceptation anticipée d’un fort taux de décès. Le budget préparé par les autorités gouvernementales ressemble bien à un exercice élémentaire de pose de chiffres en ignorant totalement certaines réalités cruciales. Comment juger de la crédibilité d’un budget de plan de réponse quand ses premières lignes consacrent plus de 120 millions de gourdes à l’acquisition de téléviseurs, de réfrigérateurs, de jeux de couverts… ? Pourtant, les autorités invitent la population au port du masque sans aucune prévision d’acquisition. 

    Selon le BINUH, « les autorités ont encore grande peine à ouvrir des centres médicaux dédiés au traitement des patients atteints de Covid-19. Pays de plus de onze millions d’habitants, Haïti n’a actuellement la capacité de traiter que quelques centaines de patients à la fois, même si de nouveaux lits se libèrent chaque jour ». Et pourtant, « l’État Haïtien a placé une commande de plus de 18 millions de dollars pour l’acquisition de matériels hospitaliers conformément au plan de préparation de réponse du MSPP au CORONAVIRUS auprès de la firme Bowang Co. Cette commande, une première partie d’une plus globale de 27 millions, doit arriver en Haïti par avion autour du 10 avril ». (Propos du Premier Ministre actuel recueillis par le Nouvelliste dans sa publication en date du 30 Mars 2020)

    Politique et Gouvernance !  

    La Constitution de 1987 amendée est élaborée dans le souci d’une politique claire et transparente d’équilibre entre les trois pouvoirs de l’état. Qu’est-ce qui pourrait justifier alors dans le contexte actuel l’absence du parlement ? Pourtant, le rapport en fait mention comme s’il s’agissait d’un mode de fonctionnement de la démocratie (donc normal). 

    Ce manquement conduit à la concentration des pouvoirs aux mains d’un seul représentant de l’État : le Président de la République. II met en place, seul, un gouvernement de facto, fait publier des décrets en prétextant du dysfonctionnement du parlement.  Il revient, ici, de se poser clairement la question suivante : le Pouvoir Exécutif en place, a -t-il organisé régulièrement les élections comme le veut la Constitution ?

    Le Président de la République à qui il incombe la noble tâche de veiller au bon fonctionnement des institutions a délibérément choisi de ne pas organiser les élections pour renouveler un premier tiers du sénat en octobre 2017, un second tiers du sénat en octobre 2019, et à cette même date la chambre des députés dans son ensemble. Depuis le mois de janvier 2020, le Président gouverne sans contre-pouvoir, par décret, ce que la constitution ne lui permet pas de faire.

    Démocratie et bonne gouvernance marchent de pair dans le respect des prescrits constitutionnels. La bonne gouvernance recouvre aussi bien la capacité du gouvernement à gérer efficacement ses ressources, à mettre en œuvre des politiques pertinentes assurant la protection et la sécurité des citoyens, à veiller également au respect et au bon fonctionnement des institutions étatiques ainsi que l’existence d’un contrôle démocratique sur les agents chargés de l’autorité. 

    Monsieur le Secrétaire Général,

    Le deuxième point du rapport, lutte contre la violence de proximité, fait état de la hausse générale de la criminalité, de la violence et de l’insécurité au cours des premiers mois de 2020 ainsi que de la collaboration du BINUH et du PNUD avec les autorités nationales dans le cadre d’un projet de fonds pour la consolidation de la paix. 

    Depuis le retour à l’ordre constitutionnel en l’année 1994, la lutte contre la violence de proximité a été engagée par les Nations Unies. Aujourd’hui encore, le même problème, en prenant des dimensions inimaginables, se pose dans toute son acuité. Que peut faire une Commission haïtienne de désarmement, de démobilisation et de réinsertion face à ce fléau ?  L’organisation mondiale sait que cette entité était déjà créée sous la présidence de feu le Président René Préval et que la montagne avait accouché d’une souris.

    Les Nations unies, le Conseil de Sécurité, sont-ils préoccupés de ce qui se passe dans le pays concernant l’occupation du territoire par les gangs armés et la terreur qu’ils répandent au su et au vu du gouvernement ? 

    Les Nations unies et le Haut-Commissariat des Droits de l’Homme ont produit un rapport « sur les allégations de violations et abus des droits de l’homme lors des attaques dans le quartier de Bel-Air, à Port-au-Prince, du 4 au 6 novembre 2019 ». Dans le résumé exécutif, ils relatent : « environ 30 résidences et 11 voitures ont été incendiées au cours de ces incidents. Deux des décès enregistrés sont attribués à des agents de la Police Nationale d’Haïti résidant dans le quartier de Bel-Air et qui n’étaient pas en service au moment des faits. Trois membres actifs de la Police Nationale d’Haïti auraient également participé aux attaques aux côtés des gangs ». Un représentant des autorités aurait proposé la somme de cinq millions de gourdes aux cinq (5) représentants d’organisations locales pour attaquer les riverains du Bel Air. De plus, ils relatent que la Police Nationale d’Haïti, bien qu’informée des attaques, n’est pas intervenue alors que le quartier du Bel Air est entouré de postes de police. 

    Monsieur le Secrétaire Général,

    Le troisième point du rapport, “Justice et État de Droit”, traite des actions du BINUH et d’autres organismes compétents des Nations Unies visant au renforcement du système judiciaire dans le contexte de la pandémie et des effets de cette dernière sur le système carcéral : l’administration pénitentiaire et les détenus. Il fait état des graves difficultés financières de l’unique force de sécurité du pays (la PNH) et de la nomination d’un nouveau directeur à la Direction de l’inspection judiciaire du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire le 19 mars 2020. 

    Dans son approche particulière, le rapport a amoindri considérablement la notion de « Justice et État de Droit ». 

    Selon les Nations unies, dans le Rapport du Secrétaire Général  sur le rétablissement de l’état de droit et administration de la justice pendant la période de transition dans les sociétés en proie à un conflit ou sortant d’un conflit (S/2004/616)), L’État de Droit est décrit comme «un principe de gouvernance en vertu duquel l’ensemble des individus, des institutions et des entités publiques et privées, y compris l’État lui-même, ont à répondre de l’observation de lois promulguées publiquement, appliquées de façon identique pour tous et administrées de manière indépendante, et compatibles avec les règles et normes internationales en matière de droits de l’homme. Il implique, d’autre part, des mesures propres à assurer le respect des principes de la primauté du droit, de l’égalité devant la loi, de la responsabilité au regard de la loi, de l’équité dans l’application de la loi, de la séparation des pouvoirs, de la participation à la prise de décisions, de la sécurité juridique, du refus de l’arbitraire et de la transparence des procédures et des processus législatifs ».

    Pourquoi alors ce silence sur l’inexistence des contre-pouvoirs ? Pourquoi ne pas avoir mentionné l’arbitraire, l’omnipotence de l’Exécutif ? Pourquoi se taire sur le dysfonctionnement de la Justice et les différentes violations de la Constitution par le Pouvoir Exécutif dans le contexte actuel ?

    Monsieur le Secrétaire Général,

    Les Partis et Organisations Politiques signataires de la présente, prennent acte de l’ensemble des considérations concernant la lutte contre la COVID-19 et les principaux objectifs du BINUH en Haïti portant sur des observations factuelles.

    Le rapport présenté devant le Conseil de Sécurité, cependant, ne tient pas compte de deux facteurs importants et même primordiaux, dans la compréhension de la crise qui secoue actuellement Haïti.

    Le premier concerne l’échec des négociations entamées sous l’égide du BINUH en collaboration avec la Nonciature Apostolique.  À aucun moment, il n’est fait mention de la mauvaise foi de l’équipe de la Présidence qui s’est toujours refusée à mettre sur la table des discussions le mandat présidentiel, l’une des revendications principales des forces politiques et des représentations des secteurs de la société civile.  

    C’est pourtant l’une des raisons fondamentales de l’échec des pourparlers.  Aujourd’hui, juristes, universitaires de toutes tendances argumentent, à partir d’analyses sérieuses de la Constitution et du décret électoral, que le mandat du Président Jovenel Moïse prendra fin le 7 février 2021 alors que celui-ci prétend rester au pouvoir jusqu’en 2022.  Cette question de la date du départ de l’actuel Président est escamotée. Elle met en question la validité de tous les efforts de relance du dialogue national. 

    Le second facteur qui n’est pas pris en compte dans le rapport est la perception que l’on peut avancer vers l’organisation des indispensables élections pour retourner à une stabilité institutionnelle, à partir de démarches connexes sur la livraison de cartes électorales ou sur la réforme constitutionnelle alors qu’il est évident que l’Exécutif n’a ni les moyens ni la crédibilité pour avancer dans ces domaines si délicats qui permettraient d’assurer la transparence et l’honnêteté de joutes électorales inclusives.  

    Monsieur Jovenel Moïse, Président de la République, seul maître à bord, avance sans balises, sans garde-fous avec un agenda catastrophique. 

    L’implication, désormais prouvée, de l’Exécutif dans le soutien à certains gangs armés pour le contrôle de zones à fort potentiel électoral n’est pas non plus suffisamment signalée dans le rapport, ce qui met en cause l’un des objectifs majeurs de la mission en Haïti qui est le rétablissement et le maintien de la sécurité.   A ce sujet, Jimmy Chérizier, alias Barbecue, ex-policier, chef de gang recherché par la Police, a le 23 Juin 2020, fédéré avec force publicité des groupes armés baptisés « G-9 An fanmi ». Il s’agit d’une coalition de neuf chefs de gangs. Dans son rapport paru le mardi 23 Juin, le Réseau National de Défense des Droits de l’Homme (RNDDH) souligne que « le G-9 est aujourd’hui puissant au niveau du pouvoir. Ses membres participent à des rencontres de haut niveau, sont consultés par les autorités étatiques et leurs conseils sont pris en compte“. Le RNDDH exige la fin de la protection des gangs en Haïti par le pouvoir en place.

    Monsieur le Secrétaire Général, 

    En ignorant les dispositions constitutionnelles, en faisant fi du cadre réglementaire de fonctionnement des institutions de l’État, en s’écartant délibérément des principes de la Charte des Nations unies, en ayant une conception étroite et partiale de la démocratie, l’Exécutif marche vers une précipitation qui risque de tout chambouler. 

    Il est donc indispensable que les Nations unies œuvrent réellement dans l’intérêt collectif du peuple haïtien, qu’elles contribuent effectivement au rétablissement et au maintien de la sécurité, au fonctionnement des institutions dans le respect des normes. 

    Le Président Jovenel Moïse ne pourra pas organiser, seul et par décret, des élections, honnêtes, inclusives, transparentes et crédibles.  Aucune révision constitutionnelle ne peut se concevoir en dehors d’un consensus national. Rien ne peut arrêter la marche du temps, il est désormais inévitable de préparer, en toute raison, une transition pacifique au travers d’un réel dialogue inclusif et d’un plan de sauvetage national.

    Les Partis et organisations politiques vous prient, Monsieur le Secrétaire Général, de recevoir l’expression de leurs hautes considérations. 

    Suivent les signatures

    Edgard Leblanc Fils                                                                            Sadrac Dieudonné 

                OPL                                                                                            MOCHRENHA

    Edmonde Supplice Beauzile                                                                     Génard Joseph

         PFSDH (FUSION)                                                                                  VÉRITÉ

    Kénol Mathieu                                                                                                Paul Denis

       VEYE YO                                                                                                        INIFÒS

    Marjory Michel                                               et                                      Nenel Cassy

    Secteur Démocratique et populaire

     Jean Baptiste Bien Aimé                               et                                      Hugues Celestin

    Initiative Patriote Marien – IPAM

    Youri Latourtue                                                                                  Sorel Jacinthe

           AAA                                                                                                   INITE

    CC : Conseil permanent de l’OEA, Conseil de l’Union Européenne, Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme.

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