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  • L’inflation explose et se rapproche des 20%

    L’inflation explose et se rapproche des 20%

    Les prix ont continué d’augmenter au cours du mois de juillet 2019, le nouvel Indice des Prix à la Consommation (IPC base 100, 2017-2018)est passé de 121.6 (juin) à 123.5 accusant une hausse mensuelle de +1.6 % et de +19.1 % sur 12 mois, contre respectivement +1.8 % et +18.6 % en juin 2019
    Cette variation haussière provient des fonctions : « Produits alimentaires et boissons non alcoolisées » (+1.4 % sur un mois et +22.4 % sur un an) ; « Articles d’habillement et chaussures » (+2.6 % sur un mois et 19.0 % sur un an) ; « Logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles » (+ 2.2 % sur un mois et +16.2 % sur un an) ; «Santé » ( +2.4 % sur un mois et +27.8 % sur un an) ; Loisirs » ( +3.1 % sur un mois et +32.2 % sur un an) et « Restaurants » ( +2.0 % sur un mois et + 24.6% sur un an).

    Produits qui ont connu les hausses les plus fortes sur an :
    Alimentation :
    Riz en moyenne (+18.4 %), maïs moulu (+27.9 %), biscuits (+25.8 %), viandes (+23.4 %), morue (+19.2 %), œufs (+30.6 %), lait en poudre (+28.6 %), mangue (+31.4 %), noix de coco (+25.2 %), choux (+18.7 %), igname (+31.6 %) et patate (+28.1 %).
    Santé :
    Lunette à verres correcteurs (+27.8%) et frais d’hospitalisation (+21%).
    Loisirs :
    Ordinateur (+38.4%), téléviseur (+33.3%) et radio (+34.2%).
    Articles d’habillement et chaussures :
    Robe (+22.4%), chemise (+23.1%) et pantalon pour homme (+22.7%).
    Biens et services divers :
    Pâte dentifrice (+19.0 %), shampoing (+25.9 %),parfum, eau de toilette (+23.0 %) et montre (+22.1 %).
    Restaurants : Repas pris à l’extérieur (+24.6%)
    Logements, eau. Gaz , électricité et autres combustibles :
    Gaz propane (+33.4%), charbon de bois (+24.0%).
    Les prix des produits importés continuent d’augmenter à un rythme relativement élevé, soit +20.2% en glissement annuel (+1.5% mensuel). Une tendance quasiment similaire est affichée par les produits locaux qui ont crû de +18.5% sur un an (+1.8% mensuel)
    Indice des Prix à la Consommation (IPC) pour l’ensemble du pays par fonctions de consommation :

    Indice général :+19.1% sur un an et + 1.6% pour le mois de juillet 2019

      • Produits alimentaires et boissons non-alcoolisé : mois +1.4 %, année +22.4 %
      • Boissons alcoolisées et tabac : mois +0.9 %, année +12.2 %
      • Articles d’habillement et chaussures : mois +2.6%, année +19.0 %
      • Logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles : mois +2.2 %, année +16.2 %
      • Meubles, articles de ménage et entretien courant du foyer : mois +1.8% année +21.7%
      • Santé : mois +2.4 %, année +27.8 %
      • Transport : mois +1.0 %, année +7.5 %
      • Communications : mois +0.1 %, année +4.0 %
      • Loisirs : mois +3.1 %, année +32.2 %
      • Enseignements : mois 0.0 %, année +10.2%
      • Restaurants : mois +2.0 %, année +24.6 %
      • Biens et services divers : mois +1.2 %, année +18.5 %

      Évolution annuelle de l’IPC juillet 2018 à juillet 2019 :
      IPC global :
      2018 : juillet 12.1% ; août 12.7% ; septembre 13.2% ; octobre 14.4% ; novembre 14.5% ; décembre 2018 15.1% ; 2019 : janvier 15.5% ; février : 17.0 % ; mars 16.7 % ; avril 17.7% ; mai 18.0 % ; juin 18.6% ; juillet 19.1%
      IPC des produits locaux :
      2018 juillet 11.8% ; août 12.1% ; septembre 12.4% ; octobre 13.3% ; novembre13.8% ; décembre 2018 14.3% ; 2019 : janvier 15.2% ; février 15.9% mars 15.8 % ; avril 16.8 % et mai 17.2 % ; juin 18.0% ; juillet 18.5%
      IPC des produits importés :
      2018 juillet 12.7% ; août 13.6% ; septembre 14.0% ; octobre 16.0% ; novembre 16.8% ; décembre 2018 17.3% ; 2019 : Janvier 18.2% ; février 19.0% ; mars 18.7 % avril 19.1 % et mai 19.6% ; juin 20.0% ; Juillet 20.2%
      IPC par région géographique (juillet 2019) :
      Dans l’inflation au niveau régional, des variations mensuelles (hausse de l’IPC) sont observés au niveau de toutes les régions géographiques du pays. On notera toutefois que les variations régionales annualisée les plus significatives ont été observées au niveau des régions transversales +19.0%, l’Aire Métropolitaine +17.6% et le Reste Ouest +17.5%
      Aire Métropolitaine : mois +1.8 %, année +19.4 %
      (Port-au-Prince, Delmas, Pétion-ville, Carrefour et Croix des Bouquet) ;
      Reste Ouest : mois +1.4%, année +18.3 %
      (Départements du Sud-Est et de l’Ouest sans l’aire métropolitaine) ;
      Nord : mois +1.1%, année +18.7 %
      (Département du Nord, du Nord Est et du Nord-Ouest) ;
      Sud : mois +1.6%, année +19.7 %
      (Département du Sud, de la Grande-Anse et des Nippes) ;
      Transversale : mois + 1.6%, année +19.2 %
      (Département du Centre et de l’Artibonite).

    • Arrivée de 258,000 barils de pétrole

      Arrivée de 258,000 barils de pétrole


      Fils-Aimé Ignace Saint-Fleur, Directeur général du bureau de monétisation des programmes d’aide au développement (BMPAD) a confirmé l’arrivée hier dimanche 1er septembre dans le pays d’une cargaison de 258,000 barils de pétrole (kérosène, diesel et gazoline), dont une partie, 53,000 barils, est arrivée samedi.
      Alors que le pays fait face à une pénurie de carburants ou une rareté organisée ; que depuis plus d’une semaine, plusieurs station d’essence de la Capitale sont fermées fautes de carburants, d’autres assiégées par d’interminables files d’attentes d’automobiles et une grande quantité de taxi-moto à la recherche du précieux liquide, dont le prix ne cesse d’augmenter et qui leur ait vendu après des heures d’attentes en quantité limité… M. Saint-Fleur précise que les produits pétroliers qui sont déjà au terminal de Thor, à bord du navire EVIE-PG, sont répartis en 40,000 barils de diesel, 12,000 de gazoline et environ 1000 barils de kérosène ; en ce qui concerne l’arrivée de dimanche, le navire ARTEMIS contiendra 205,000 barils de produits pétroliers à destination d’Haïti : 100,000 barils de diesel, 70,000 barils de gazoline et 35,000 barils de kérosène.
      Aussi, Fils-Aimé Ignace Saint-Fleur invite t-il la population au calme et dément quelqu’une rareté sur le marché local, selon lui il s’agissait plutôt de rationnement au niveau des stations service.

    • C'est la rentrée pour 12 millions d'élèves en France

      C'est la rentrée pour 12 millions d'élèves en France

      Terminées les vacances ! Aujourd’hui, plus de douze millions d’élèves français font leur retour sur les bancs de l’école avec un mélange d’excitation et d’angoisse. Écoliers, collégiens et lycéens entament ce lundi une nouvelle année marquée par l’abaissement à trois ans de l’âge de l’instruction obligatoireet la réforme du baccalauréat.

      Dans les faits, ils seront 6,7 millions à (re)prendre le chemin de l’école primaire, 3,4 millions pour celui du collège et 2,3 millions pour celui du lycée.

      Les 871 000 enseignants avaient, eux, déjà découvert leurs salles de classe et pris connaissance de leur emploi du temps dès vendredi dernier.

      Cette année, le coût de la rentrée scolaire augmente de 0,17% comparé à la rentrée 2018 avec des disparités en fonction des niveaux, selon l’enquête annuelle de la Confédération syndicale des familles, basée sur l’analyse des réponses de 114 familles en France.

      Les parents devront ainsi débourser 159 euros en moyenne pour un enfant entrant au CP contre 165 euros l’année dernière, soit une baisse de près de 4%. Même tendance à la baisse d’un peu moins de 4% pour une rentrée en seconde où le panier moyen est de 389 euros en seconde générale. En revanche, les parents d’élèves entrant au collège mettront plus la main à la poche: la rentrée coûtera 361 euros pour les élèves de sixième (+ 5,6%).

      La dépense moyenne par élève et par an s’élève à 6 550 euros par écolier dans le primaire (maternelle et élémentaire), 8 710 euros par collégien, 11 060 euros par lycéen général et technologique et 12 730 euros par lycéen professionnel.

      Et pour la troisième année consécutive, le gouvernement français a maintenu son opération la rentrée en musique. Il encourage les établissements à accueillir les enfants par “des chants ou des concerts“.

      Un baccalauréat nouvelle formule en juin 2021

      Le nouveau bac, qui prendra en compte le contrôle continu, ne verra le jour qu’en juin 2021. Mais il se prépare en amont. Des changements interviendront donc dès cette année pour les élèves de première, qui seront les premiers à passer l’examen sous sa nouvelle forme.

      Les séries S, ES et L sont supprimées et remplacées par des enseignements de spécialités, qui demandent des aménagements spécifiques.

      Cette réforme a cristallisé les tensions au moment du bac avec une grève de certains correcteurs. Plusieurs organisations syndicales ont d’ores et déjà annoncé en juillet le dépôt de préavis de grève sur l’ensemble du mois de septembre pour d’éventuelles actions.

      Source: Euronews

    • Labor Day: une dame perturbe la prise de parole de Michel Martelly

      Labor Day: une dame perturbe la prise de parole de Michel Martelly

      Après que Sweet Micky a reçu une distinction comme légende de la musique haïtienne de la part de Venus Production, une femme, vêtue d’une robe rose, a brandi une pancarte sur laquelle était inscrit:” kot kòb petrocaribe a?”, au moment où Michel Martelly s’apprêtait à prendre la parole pour remercier Venus Production. 

      Les organisateurs, les agents sécurités ne pouvaient retenir cette dame qui empêchait littéralement Michel Martelly de prendre la parole. 

      Soulignons que des activistes haïtiano-américains ont demandé, dans une correspondance adressée au maire de New York, Bill De Blasio, la semaine dernière, d’écarter Michel Martelly du West Indian parade organisé à l’occasion du Labor Day (la fête du Travail) aux États-Unis.

      « Nous vous écrivons pour vous demander de refuser la participation de Michel Martelly à toutes les activités entourant le défilé de la fête du Travail sur Eastern Parkway. Nous croyons que les New-Yorkais que nous sommes et le New-Yorkais que vous êtes avons la responsabilité citoyenne de dénoncer une atteinte imminente aux valeurs d’égalité et de justice qui font de New York une ville de diversité et de tolérance, ce qui fait notre fierté », peut-on lire dans cette correspondance.

      Source: Haiti24

    • Guy Étienne: La loi sur les frais scolaires «risque de tuer les écoles privées de qualité»

      Guy Étienne: La loi sur les frais scolaires «risque de tuer les écoles privées de qualité»

      Implications de la loi sur les frais scolaires, insuffisances du programme de l’éducation nationale, inadéquation de l’enseignement haïtien avec les besoins de développement … en marge de la rentrée, Ayibopost rencontre Guy Étienne, directeur du Collège Catts Pressoir

      Cette semaine, une délégation du collège Catts Pressoir représente Haïti aux Olympiades internationales de géosciences en Corée du Sud. Depuis trois ans, l’école, dirigée par Guy Étienne, ne passe jamais inaperçue dans la compétition.
      En 2017, la délégation est revenue avec une médaille d’or collective, une médaille de bronze et le trophée de l’UNESCO. L’année suivante, c’était une médaille de bronze et deux autres respectivement en or et en argent. « Les organisateurs insistent pour la présence d’Haïti », se réjouit Guy Étienne, responsable de cet établissement, multiples fois primé internationalement pour la qualité de l’éducation dispensée.
      Entre-temps, la rentrée des classes approche. Avec elle s’amènent les traditionnelles difficultés pour les parents de s’organiser, l’indisponibilité des manuels subventionnés à quelques jours de l’ouverture des classes, couplée à la profonde crise politique et économique que confronte Haïti.
      En toile de fond se défilent les carences inhérentes au système éducatif haïtien. « Cette situation est en grande partie due au manque de qualification des professeurs (dont les deux tiers n’ont pas reçu de réelle formation pour enseigner), aux mauvaises conditions d’apprentissage (classes surchargées, fournitures scolaires trop chères), et à la non-application des normes et standards pour un enseignement de qualité », observait Josette Bruffaerts dont l’ONG, Haïti Futur, renforce différents établissements à travers le pays.
      En vrai, l’instruction offerte dans les écoles se trouve déphasée par rapport aux besoins réels du pays. Pour Guy Étienne, « le programme utilisé en Haïti ne s’harmonise pas avec les grands besoins de développement. » Ayibopost l’a rencontré pour passer en revue les maux du système éducatif haïtien. Par souci de clarté, l’entrevue a été condensée et éditée.


      Ayibopost: Quelle est votre position sur la loi concernant l’augmentation des frais scolaires ?
      Guy Etienne: Dès la publication de cette loi au niveau du parlement, nous avions sollicité une rencontre avec les parlementaires qui l’avaient élaboré pour leur faire comprendre que c’est une loi qui risque de tuer les écoles privées de qualité.
      Quand on constate que le taux d’inflation actuellement est de 19%, le dollar américain est passé de 64 gourdes en septembre dernier à 94 gourdes et même 96 gourdes dans certaines entreprises, quand on constate que les taux d’intérêt au niveau des prêts hypothécaires passent de 12 à 24% donc 100% d’augmentation, quand on voit que les assurances que nous offrons autrefois à tout le personnel de l’école grimper de 125%, hormis l’augmentation du coût de la vie, comment une école peut-elle garder le même prix et offrir un enseignement de qualité.

      J’estime que c’est tout simplement demander aux écoles privées de fermer leurs portes.

      J’estime que c’est tout simplement demander aux écoles privées de fermer leurs portes.
      Mon opinion est que les écoles privées offrent un service public. Les écoles privées suppléent à une défaillance de l’État. Normalement, l’Etat aurait dû offrir un enseignement de qualité à tous les enfants du pays ce qui n’est pas le cas.
      Au lieu de chercher à pénaliser celles qui donnent un service de qualité, il faudrait que l’Etat prenne ses responsabilités et crée des écoles publiques de qualité capables de recevoir les enfants, à ce moment, les écoles publiques n’auraient plus leur raison d’être.
      Je pense également que cette loi ne tient pas compte de la réalité d’une école de qualité.
      Nous venons de créer un centre de technologie éducative équipée d’un atelier de robotique, d’une salle de soudure électronique, une salle de réalité virtuelle et augmentée, tout ça coûte de l’argent. Et les bénéficiaires sont les enfants et surtout le pays.
      Si maintenant, on ne peut plus investir, le pays tout entier va payer les conséquences.
      Comment les parents ont-ils réagi face aux augmentations des frais?
      Tous les parents ont accepté parce qu’ils comprennent ce que nous faisons avec leur argent.

      J’estime en plus que c’est criminaliser les directeurs d’écoles que de les convoquer au Parquet du tribunal.

      J’estime en plus que c’est criminaliser les directeurs d’écoles que de les convoquer au Parquet du tribunal alors qu’il y a un ministère de l’Éducation nationale qui devrait jouer le rôle de contentieux pour des discussions entre les parents et une direction d’école.
      Personnellement, j’ai été choqué de la façon dont l’État a géré cette situation.
      En principe, on n’a pas le droit de passer outre une loi. (…) On a consulté beaucoup de parents pour entendre leurs opinions.
      Le premier devoir de l’état haïtien est de protéger l’éducation. Cependant, je reconnais que l’État via le ministère de l’Éducation nationale doit absolument exercer un contrôle sur les écoles par rapport à la qualité de la formation qu’elles offrent aux élèves. C’est obligatoire.

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      Que répondez-vous à ceux qui dénoncent les abus?
      Il faut absolument que le ministère de l’Éducation exerce un contrôle sur les écoles. Il ne faut pas oublier qu’une école privée est une initiative privée. Quand une école augmente ses prix, l’État devrait lui demander d’en faire la justification.
      Au Collège Catts Pressoir, l’année scolaire (frais scolaires et écolages pour les 10 mois) coûte au parent 1,300 dollars américains l’année, ce qui veut dire 130 $ le mois. Et nous n’avons pas voulu augmenter démesurément nos frais pour ne pas fermer la porte de l’éducation à une catégorie socio-économique.
      Quand vous regardez les écoles étrangères, et dites étrangères, ce que l’écolage et les frais scolaires coûtent à un parent au collège Catts Pressoir pour l’année, c’est ce que des parents paient dans ces écoles par mois.
      À ce niveau-là, lorsque les écoles privées ne peuvent plus investir parce qu’ils n’ont pas le droit d’augmenter [les frais], la qualité va baisser et les familles vont se retourner vers les écoles étrangères alors qu’elles auraient dû se tourner vers des écoles publiques de qualité.
      Des élèves du Catts Pressoir sont en Corée du Sud cette semaine pour prendre part aux Olympiades scientifiques. Comment est-ce qu’ils se sont préparés pour cette compétition ?
      Au-delà du programme officiel du Ministère de l’Éducation nationale et du programme international que nous appliquons à l’école, nous leur donnons une préparation spéciale. Pendant toutes les vacances d’été avant le voyage, ils ont une formation intensive et une formation sur le terrain.
      Vous parlez de cours rajoutés au programme officiel. Est-ce dire que le programme officiel appliqué en Haïti n’est pas complet ?
      Non. Le programme officiel qu’on utilise en Haïti ne répond pas aux grands développements technologiques, ne s’harmonise pas avec les grands besoins de développement. C’est un programme à repenser absolument. Nous autres, étant donné que nos élèves participent à plusieurs compétitions internationales, nous sommes obligés de les préparer en conséquence.
      Qu’est-ce qu’il conviendrait de rajouter au programme du ministère de l’Éducation nationale ?
      Il faut enlever tout ce qui n’a aucun rapport avec un développement réel. Les programmes qu’on utilise ici en Haïti inspirent des stratégies qui se basent sur des projections sur le passé, ils font comprendre qu’on peut encore utiliser les solutions d’hier pour les problèmes d’aujourd’hui et éventuellement aller vers l’avenir toujours avec les mêmes solutions, ce n’est pas possible.
      La science et la technologie vont tellement vite qu’on a plus le choix. Il faut harmoniser les programmes en fonction des grands besoins de développement. Arrêtez de faire des projections sur le passé, pensez de préférence à préparer les enfants pour l’avenir.
      Un élève qui est rentré en première année fondamentale l’année dernière sera en terminal en 2030. Ce qui veut dire qu’il faut préparer ces élèves pour les grands changements technologiques de 2030.

      [yotuwp type=”videos” id=”xZaPJ2K1miw” ]

      Au-delà des cours techniques, qu’en est-il de la refondation de l’être haïtien ?
      Le modèle de société qu’il nous faut pour aller vers le développement n’est pas pris en charge par le programme de l’éducation nationale. Les élèves continuent d’apprendre les concepts par cœur, sans comprendre et sans pouvoir rien appliquer.
      Actuellement, internet offre aux enfants la possibilité d’avoir les informations en un tour de main. Il faut un système éducatif qui développe de préférence le jugement chez les élèves, l’esprit critique, les compétences et la modélisation.
      Pour cela, il faut absolument faire la formation des enseignants.
      Utilisation des nouvelles technologies dans l’éducation en Haïti
      Comment voyez-vous l’utilisation des smartphones et de l’internet dans l’éducation en Haïti ?
      J’ose répondre qu’on laisse trop de temps aux enfants. Trop de temps sur les réseaux sociaux. Cela pourrait être positif, mais malheureusement [l’utilisation sans assistance] a un impact négatif sur ces derniers. On parle ces temps-ci d’addiction.
      Quand on voit un enfant constamment sur sa tablette, certaines personnes s’énervent, se plaignent qu’il devient addict… mais autrefois, il y a des jeunes qui adoraient lire et qui avaient toujours un roman en main. Est-ce qu’on criait après ces enfants-là pour leur « addiction aux livres » ?
      Lorsqu’un enfant est constamment sur ces outils technologiques, si des éducateurs avisés ne les orientent pas vers une utilisation instructive, à ce moment-là, oui l’enfant va mal les utiliser… Et j’ai l’impression que de manière générale, les jeunes sont plus branchées sur Facebook, Instagram, etc. Ces réseaux sociaux véhiculent parfois des insanités, c’est dangereux et pour éviter que nos jeunes ne tombent dans cette situation dangereuse, nous devons rationaliser l’utilisation.
      Il n’y a pas beaucoup d’écoles à utiliser la technologie comme support pédagogique et c’est vraiment dommage.
      Serait-ce préférable de bannir l’utilisation des téléphones portables dans les salles de classe en Haïti ?
      Ça dépend de l’utilisation qui en est faite. On ne va pas permettre à un élève, tandis qu’il est en salle de classe, d’appeler quelqu’un ou de texter. C’est interdit [au Collège Catts Pressoir]. Nous encourageons les parents à ne pas donner aux enfants un smartphone comme outil pédagogique. Nous recommandons de préférence des tablettes ou un laptop. Parce qu’avec le téléphone, n’importe quoi peut se faire.
      Je crois qu’il faut qu’on soit rationnel sur l’utilisation de ces outils.

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      Que vouliez-vous dire quand vous avez twitté qu’Haïti peut devenir compétitif par l’éducation ?
      Par éducation de qualité : on forme les élèves pour répondre à des besoins de développement. Particulièrement quand on voit les Objectifs de développements durables (ODD). Et si le système éducatif haïtien prend en compte ces besoins de développement, Haïti peut exploser et doit devenir compétitif.

      Chaque jeune haïtien est un potentiel de compétence dormant. Un potentiel qu’on n’exploite pas. Quand ils quittent le pays, ils explosent.

      Chaque jeune haïtien est un potentiel de compétence dormant. Un potentiel qu’on n’exploite pas. Quand ils quittent le pays, ils explosent.
      Avec un système éducatif de qualité, Haïti peut rentrer sur le marché de la technologie de manière générale et devenir compétitif.
      Avec un système éducatif rationnel, scientifique et de qualité, on peut multiplier la quantité d’ingénieurs, de professionnels, et on peut transformer le jeune haïtien de simple consommateur de la technologie en producteurs.
      Au-delà la faible présence de la technologie et de la science dans le curriculum officiel, quels sont les autres maux de l’éducation en Haïti ?
      Il y a une carence de compétences préoccupantes. Je commencerais par la formation des directions d’école. Il y a une carence au niveau de la formation des enseignants qui est extrêmement préoccupante, inquiétante. Trouver un professeur capable d’utiliser la technologie ne serait-ce que pour préparer ses cours est un gros problème.
      Donc la qualité des centres de formation des enseignants qui sont par exemple, les facultés des sciences de l’éducation, les Centres de Formation des Enseignants de l’École Fondamentale (CFEF), les Écoles Fondamentale d’Application et Centre d’Appui pédagogique (EFACAP)… toute institution qui devrait préparer des enseignants doit être renforcée, de qualité pour nous assurer de la multiplication de la formation des enseignants.
      Il faut aussi un accompagnement économique pour les écoles parce que le matériel coûte excessivement cher.
      Quand on compare la population scolarisée par rapport à la population scolarisable, je dis qu’il y a un travail énorme à faire. Qui dit qualité d’enseignants dits qualité de l’enseignement aussi.
      Il n’est pas normal que des parents investissent autant d’argent d’argents et qu’il n’y ait que 24 000 candidats à réussir leur bac.
      La grande question demeure : que deviennent ceux qui quittent l’école.
      Il faudrait que l’État soit capable de mettre en place une structure et des infrastructures pour récupérer les élèves qui ne peuvent pas continuer à aller à l’école. Il faut les récupérer et les canaliser vers d’autres types de formation.
      Comment un parent haïtien non fortuné peut-il mettre toutes les chances de son côté pour la réussite de son enfant ?
      Il doit faire des exigences à l’État haïtien. Parce que l’éducation est une responsabilité de l’État. Les écoles privées existent parce que les écoles publiques sont défaillantes. Il faudrait que les parents se mettent ensemble pour faire des exigences à l’État haïtien pour que les écoles publiques soient de qualité.
      Dans la triste réalité actuelle, on constate que les écoles publiques ne sont pas de qualité. Il faudrait que plusieurs parents se mettent ensemble et fassent des propositions aux éducateurs de leurs zones pour pouvoir améliorer la qualité de l’éducation.
      Il faut que les parents « s’investissent » également.

    • Le cancer du sein, un assassin silencieux en Haïti

      Le cancer du sein, un assassin silencieux en Haïti

      En Haïti, le cancer du sein occupe la première place chez les femmes, tant parmi les cancers détectés que parmi les décès recensés. Les hommes aussi sont concernés

      Mariée et mère de deux enfants, Natacha Gué Joseph a connu un calvaire qui a mis à rude épreuve sa famille. « Quand j’ai appris que je souffrais d’un cancer du sein, j’ai cru que j’allais mourir, commence la survivante. J’avais une amie atteinte de la maladie, elle était morte deux années avant que je sois diagnostiquée. Ce n’était vraiment pas facile pour moi. »
      « J’ai vécu au jour le jour, dit-elle. Parfois je me sentais l’âme d’une battante, prête à tout pour survivre. Mais parfois aussi, je n’avais ni volonté ni motivation. J’attendais la mort ; je me disais que ce serait la fin de toute cette épreuve. »

      Le cancer du sein ne commence pas toujours par une inflammation.
      Marie-Elsie Carrenard

      Natacha Gué Joseph a été diagnostiquée d’un cancer du sein en 2017. Il était déjà au stade 3. Elle n’avait pas trop prêté attention aux signes avant-coureurs, parce qu’ils étaient semblables à ceux qui précédaient les règles. « Je ressentais des démangeaisons au niveau du sein, mais je croyais que c’était normal, explique-t-elle. Puis j’ai observé une petite inflammation, de la taille d’un petit pois. Quand elle a commencé à grandir, je me suis alarmée. Mais je ne pensais pas au cancer parce que 6 mois avant, j’avais fait une sonographie de mes seins, et tout paraissait normal. »
      Marie-Elsie Carrenard est médecin familial, spécialiste des cancers à l’hôpital chirurgical de Christ-Roi. Elle explique que le cancer du sein peut être très subtil. « Il ne commence pas toujours par une inflammation, dit-elle. De plus, au début il ne fait pas mal. Mais en même temps, toute douleur au niveau du sein ne signifie pas qu’on a un cancer. C’est pour cela qu’au moindre doute il faut consulter un médecin. »
      Plusieurs stades de développement
      Le cancer du sein comprend 5 stades, de 0 à IV. Au premier stade, la maladie n’a pas encore atteint d’autres cellules du sein. Aux stades I et II, il y a plus de cellules cancéreuses, mais les chances de guérison sont élevées. Mais dès qu’il est diagnostiqué aux stades III ou IV, il devient plus difficile d’en guérir.
      S’il est détecté de manière précoce, en général jusqu’au stade II, on n’enlève que la partie du sein qui est affecté. Pour Natacha Gué Joseph, c’était le sein en entier. « Quand j’ai appris qu’on allait m’enlever un sein, j’ai senti un choc, témoigne-t-elle. Je n’étais pas prête. J’ai demandé au médecin s’il n’y avait aucune autre solution. Il n’y en avait pas beaucoup. Mais au lieu d’enlever le sein immédiatement, il a décidé de procéder à la chimiothérapie d’abord, afin d’affaiblir le cancer. L’opération viendrait après. »

      Après chaque séance de chimio, je croyais que je serais morte le lendemain.
      Natacha Gué Joseph

      L’ablation du sein est souvent inévitable. Mais parfois, le cancer est à un stade trop avancé et a déjà atteint d’autres parties du corps. C’est surtout le cas dans les cancers de stade IV. On parle alors de cancer métastatique. Les cellules cancéreuses se sont propagées dans les os ou le foie, les poumons, etc. Dans ces cas, l’ablation du sein ne sert pas à grand-chose.
      La chimiothérapie, un calvaire sans nom
      La chimiothérapie est la méthode la plus utilisée pour lutter contre le cancer. « La patiente doit subir au minimum quatre à six séances à raison d’une séance tous les 21 jours, précise Marie-Elsie Carrenard. Parfois les séances ont lieu plus fréquemment. Après la chimio, elle peut passer à la chirurgie, si le cancer ne s’est pas déjà répandu dans son corps. La chirurgie mène parfois à une autre chimiothérapie. »
      Ce traitement chimique vise à détruire les cellules cancéreuses, ou à empêcher leur multiplication. Mais comme il détruit les cellules saines également, ses effets secondaires sont pénibles. « Toutes les deux semaines, je me rendais à l’hôpital de Mirebalais pour une séance de chimiothérapie, dit Gué Joseph. Avant de commencer la chimio, j’ai subi une batterie de tests, pour savoir si je pourrais la supporter. Mais après chaque séance, je croyais que je n’allais pas me réveiller le lendemain. Je ressentais des douleurs atroces. La chimio a des conséquences pénibles. Constipation, diarrhée, envie de vomir, perte d’appétit… Je ne sais pas comment j’aurais fait sans le support de ma mère et de mon mari. »
      « Après la chimio, poursuit-elle, j’ai subi 37 séances de radiothérapie pour bruler les cellules cancéreuses restantes. Je suis maintenant guérie, mais le cancer peut toujours renaitre. Je dois prendre des précautions. Je ne consomme plus de sucre, j’essaie de manger sainement et de faire des exercices physiques. »
      Les hommes sont aussi concernés
      Les cas sont plus rares, mais les hommes sont aussi atteints du cancer du sein. Selon l’institut national du cancer (France), moins de 1 % des cas de cancers du sein concerne les hommes. Le plus souvent, ils y sont prédisposés génétiquement, parce que dans la famille il y a déjà eu un cas de cancer du sein masculin. « Nous avons eu à traiter trois cancers du sein chez des hommes, assure Marie-Elsie Carrenard. L’un d’entre eux est mort parce qu’il a arrêté la chimiothérapie. »
      D’après le médecin, les mêmes méthodes de prévention applicables à la femme le sont aussi à l’homme. L’autopalpation, les bonnes habitudes alimentaires, la réduction de la consommation d’alcool et l’exercice physique aident à prévenir le cancer du sein.
      « En général les hommes vont à l’hôpital moins souvent que les femmes, et prennent moins soin de leur santé, croit Mari-Elsie Carrenard. C’est pour cela que les cancers masculins ne sont généralement détectés que quand ils sont à un stade très avancé. Ce sont les mêmes méthodes de traitement qui sont utilisées pour les hommes. »
      Selon l’agence internationale de recherche sur le cancer, 12366 nouveaux cas de cancer de toutes sortes ont été enregistrés en Haiti, en 2018. Parmi ces cas, 6566 étaient des femmes. 16.8%, soit 1015 cas concernaient le cancer du sein, ce qui fait de cette maladie le cancer le plus fréquent chez la femme.
      Compte tenu de la prévalence du cancer du sein féminin, Marie-Elsie Carrenard croit important de mettre l’accent sur l’autoexamen des seins, appelé aussi autopalpation, tant pour les femmes que les hommes. « Les jeunes filles et les femmes surtout doivent se donner l’habitude d’examiner leurs seins, afin de détecter le moindre changement conseille Marie-Elsie Carrenard. Dès que ses seins commencent à pousser, une femme peut attraper ce cancer. Mais, heureusement, chez la femme enceinte, l’allaitement a un effet protecteur. »
      Cet article a été mis à jour le 1/09/2019 à 7h17 pm.
      Source: Ayibopost

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