Des spécialistes en sécurité publique expliquent que les gangs ont intensifié les kidnappings afin d’augmenter leur revenu. L’économie criminelle fonctionne à plein régime, note M. Réginald Delva estimant que les chefs de gangs ont maintenu leur mode opératoire dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Les gangs ont mis en place une logistique leur permettant de retenir leurs victimes dans des lieux de séquestration pendant plusieurs mois.

Les zones sous contrôle des gangs sont utilisées en priorité parce qu’étant inaccessibles aux forces de l’ordre. M. Delva signale que récemment les unités spécialisées de la Police étaient parvenues à libérer un otage se trouvant dans une zone accessible. Plusieurs quartiers de la capitale sont toujours sous contrôle des gangs. Les maisons inoccupées servent de lieu de séquestration. Au cours des derniers mois les gangs ont entrepris des stratégies audacieuses en séquestrant des victimes dans des maisons inoccupées ou même sur des terrains vides.

Récemment les forces de l’ordre ont appréhendé un criminel récidiviste qui se faisait passer pour un agent immobilier alors qu’il était impliqué dans la séquestration de victimes. Face à cette situation l’ex officier des FADH considère que la réouverture des routes et la récupération des territoires perdues doivent être des priorités.  À son avis une vraie consolidation des espaces récupérées implique l’accès aux services sociaux de base dans ces zones. La présence policière ou militaire n’est que la première étape de la consolidation.

Vigilance citoyenne

L’ancien ministre de l’intérieur appelle à la vigilance autour du phénomène des maisons inoccupées. De nombreux citoyens ont fui le pays, à cause de la crise sécuritaire, et dans plusieurs cas leurs maisons sont utilisées comme lieu de séquestration. Les citoyens et les autorités locales doivent veiller au grain afin d’alerter les forces de l’ordre. Des gens n’ayant ni droit ni qualité ont parfois la charge de ces meubles.

De l’avis de M. Delva il faut en finir avec ces mécanismes informels afin de s’assurer de l’intégrité des professionnels impliqués dans la gestion des immeubles. Dans d’autres cas des gardiens sont des complices des gangs et utilisent la maison comme lieu de séquestration. De plus en plus de personnes vulnérables sont attirées par l’économie criminelle misant sur une certaine léthargie des forces de l’ordre.  Ces gens sont tentées par des gains faciles, dit-il exhortant les citoyens, notamment les propriétaires résidant à l’étranger, à vérifier les antécédents de ces personnes auprès de la Police judiciaire.

Méfiance des victimes 

 Le spécialiste en sécurité publique croit que les statistiques communiquées sur le phénomène du kidnapping sont en deçà de la réalité. À son avis plusieurs parents refusent d’alerter les autorités policières redoutant que leur démarches soient connues des criminels. De plus il s’inquiète que de plus en plus de personnes ayant été séquestrées expriment un sentiment de peur même après leur libération. Dans le lieu de séquestration ces gens ont eu conscience du pouvoir réel des chefs de gangs. Ces victimes deviennent, malgré eux, des porte paroles des gangs et ne peuvent fournir des informations pouvant permettre la capture des malfrats. En outre M. Delva craint que des victimes n’aient divulgué des informations ayant favorisé d’autres enlèvements. Cette hypothèse permet d’expliquer des enlèvements en série dans des entreprises ou des institutions.

LLM / radio Métropole Haïti 

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